génocide_vendéen

29/04/2016 – 07H30 Vendée (Breizh-info.com) – Armel Jourbert des Ouches est un journaliste indépendant qui travaille pour le site reinformation.tv. Nous avions eu l’occasion par le passé de diffuser quelques uns de ces reportages. Cette fois-ci, il s’est intéréssé à la Vendée, et au génocide vendéen, grand oublié de l’histoire de France. Nous diffusons ci-dessous son reportage.

Révolution Française : silence sur un génocide

Nous sommes bien loin de la version officielle racontée dans les livres d’histoire et par la plupart des journalistes, intellectuels et politiques de notre époque…

Au moins 180.000 personnes déportées, tuées, assassinées. Des centaines de prêtres, des religieux, mais avant cela, pour la plupart, des paysans, car ce sont les paysans qui, les premiers, se révoltent contre la République naissante. 180.000, c’est le nombre minimum de victimes des guerres dites « de Vendée ». Il y aura aussi plus de 200.000 soldats républicains tués dans les combats.

Le génocide vendéen : La République construite dans le sang

Il y a 227 ans. Ce qu’on appelle, à tort, la Révolution française, éclate à Paris. Une manœuvre de quelques centaines de personnes au départ, afin de renverser la Monarchie. Les révolutionnaires parviennent à étendre les incidents au pays tout entier. Incidents qui se transforment peu à peu en guerre civile. Un bain de sang. Des milliers de familles sont victimes de la barbarie qui est en train de se mettre en place. En fait, c’est une idéologie nouvelle que Robespierre, Danton et d’autres sont en train d’imposer, par la force, au peuple de France. Parce que l’Eglise est persécutée (on impose aux prêtres la constitution civile du clergé) – les prêtres refusent de prêter serment. Parce qu’ils s’opposent à la levée en masse de 300.000 hommes que la Convention, le nouveau pouvoir en place à Paris, impose afin de combattre l’Autriche catholique, les Vendéens se révoltent.

Reynald Secher expose la pensée de Jean Jacques Rousseau sur la tyrannie

« Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple ». C’est, en une phrase, toute la pensée de Rousseau. Il est indéniable que son « contrat social » comportait en germes le socialisme et la tyrannie qui se préparait dans le pays. Le 1er octobre 1794, la Convention décrète l’extermination « de toute la Vendée ». Il y aura le général républicain Turreau et ses colonnes infernales. Jean Baptiste Carrier et les noyades par millier. Il y aura aussi les massacres des Lucs-sur-Boulogne où 564 personnes, hommes, femmes, enfants seront assassinés par les Bleus des généraux Cordellier et Crouzat. Il y aura enfin le massacre dans la forêt de Vezin, près de Chanteloup-les-Bois où seront tuées près de 2.000 personnes.Reynald Secher détaille comment la Révolution française ne fut pas seulement une tentative d’« épuration » de la Vendée, mais une épuration d’une partie du peuple de France opposé à la République. Marseille et Lyon, mais aussi la Bretagne étaient entrés en résistance. Ils s’étaient battus pour Dieu et pour le Roi de France. Symbole de leur résistance, un cœur surmonté d’une croix rouge marqué de la devise « Dieu le Roy ».

Un documentaire vidéo d’Armel Joubert des Ouches

Crédit photo : DR
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8 Commentaires

  1. On reproche souvent, et à juste titre à Rousseau (encore qu’il soit nécessaire de resituer le propos), d’avoir écrit  »qu’il fallait , si besoin, contraindre le peuple à être libre » (certains auteurs libéraux du 19ème siècle ont vu dans cette petite phrase, qui fut reprise par certains ténors de 1793, l’origine des  »dérapages » criminels de 1793), mais je ne savais pas qu’il avait écrit cette phrase terrible  »Si le peuple pense mal, il faut changer le peuple ». Dans lequel de ses écrits? Quoiqu’il en soit, il n’est pas possible de dire, comme le fait l’auteur de l’article ci-dessus, que cette phrase résume la pensée de Rousseau.

    Son idée de  »volonté générale », qui est très discutable et qui me semble n’être qu’une vue de l’esprit, est à coup sûr une idée au lourd potentiel totalitaire parce qu’elle suppose l’existence d’une  »volonté générale » unique présente chez tous les êtres dotés de raison ce qui implique que quiconque s’oppose à elle (rappelons que la prétendue volonté générale, qui est supposée être l’expression de la rationalité universelle des humains, est exprimée concrètement par nos représentants à l’Assemblée Nationale !!!) est in-humain; c’est donc une sale bête nuisible qu’il convient d’exterminer. Dont acte ! La notion de  »volonté générale » a été très utilisée par les idéologues révolutionnaires; c’est une notion qui me semble bien plus lourde de conséquences que la petite phrase dont Benjamin Constant a fait l’origine de la folie meurtrière des révolutionnaires.
    Les révolutionnaires de 1793 ont commis consciemment des crimes et même un génocide et nous ne pouvons que féliciter Reynald Sécher d’en avoir apporté la preuve mais cela ne nous impose nullement de regretter l’ancien régime. Il est tout à fait possible de rejeter l’héritage révolutionnaire tout en étant républicain (le républicanisme n’est pas né en 1789; c’est une philosophie qui a plus de 2500 ans à laquelle les Romains ont donné ses lettres de noblesse). Les révolutionnaires et, plus encore, leurs héritiers contemporains se sont drapés dans la toge républicaine mais en fait, leur idéologie, même légèrement imprégnée du républicanisme très particulier de Rousseau (dont l’unanimisme découlant de la  »volonté générale » est en fait bien peu républicain) est fondamentalement libérale. Claude Nicolet lui-même en convient , dans son ouvrage : »L’idée républicaine en France ».
    Le républicanisme ne doit rien à l’idéologie de la révolution de 1789/1793 et les philosophes néo-républicanistes (qui sont pour l’essentiel anglo-saxons) ignorent d’ailleurs totalement les  »grands ancêtres » de 1789. Ces derniers ont concocté une idéologie syncrétique dont certains éléments sont d’origine républicaniste mais qui, pour l’essentiel, est libérale. L’élaboration d’une philosophie authentiquement républicaniste implique de se débarrasser préalablement du salmigondis idéologique utilisé par nos  »républicains »

  2. Oui, Bertold Brecht a utilisé cette formule. Il aurait pu l’emprunter à Rousseau mais je ne crois pas que ce soit le cas.

    • Intéressante contribution, merci.
      Cela m’étonne aussi de Rousseau. Quand à l’interpréter ainsi, c’est penser comme les Révolutionnaires, on aime tellement l’idée du système rousseauiste qu’on veut l’appliquer par tous les moyens, sans que le Genêvous n’ait donné de modèle d’accès. Rousseau n’est pas le plus brillant mais certainement le plus humain des Lumières. Forcément, on n’y lit plus facilement ce qu’on veut.

  3. Comme en Vendée la France a exterminée le peuple d’Alsace. Comme en Vendée la France a tentée d’effacer l’histoire de notre region en pillant burlant démolissant nos chateaux ramparts!!! Aujourd’hui encore La France essaie de gommer notre identité, notre culture!! Elle me pense qu’a l’Alsace quand il faut la surtaxer la piller pour toujours plus d’argent!! Alors France pays des droits de l’Homme laissez moi rire!! Elsas frei!!
    http://www.strasbourg-montagneverte.fr/pages/strasbourg-alsace/l-alsace/l-autonomie-de-l-alsace.html

  4. « Plus je connais Sécher, plus je me rapproche de Jean-Clément Martin ».
    C’est la citation issue de confidences d’un responsable associatif de Vendée.
    Il serait bon aussi de rappeler que la répression des contrerévolutionnaires ne se fit pas que dans la seule Vendée ; si Lyon et Marseille se soulevèrent au nom du fédéralisme et non pour le Roi ou pour Dieu, des villes comme Toulon, Nîmes, Mende, Marvejols mais aussi le Sancerrois, le Nord etc le firent au nom de la Religion. Dans la bouche des terroristes jacobins Vendée est devenue un terme générique qui s’applique à tous les Révoltés. Un « petit papier » signé de Carnot, Barère et Robespierre vise les vendéens du Maine ! Ne pas oublier non plus que le « Quatrevingt Treize » de Victor dans lequel il parle de la répression anti vendéenne se déroule en terre de Vendée à Saint Malo !
    Parmi les régions soumises à la répression de son identité par les terroristes parisiens il ne faut surtout pas oublier la Bretagne et en particulier le Morbihan, les pays de Fougères, Vitré, Le Pertre, Saint Brice en Coglès, Louvigné du désert, Châteaubriant et le pays de la Mée, Craon et en Bretagne nantaise les massacres de Saint Colomban La Limouzinière qui firent plus de victimes que les Lucs et dont personne ne parle ! Et tant d’autres lieux non médiatisés !
    Noël Stassinet
    Souvenir Chouan de Bretagne

    • Complètement d’accord avec ça. Bien que Vendée puis Bretagne semblent indéniablement avoir payé le prix du sang le plus élevé. Puis, des punitions variées (la Vendée est le dernier département ferré), souvent dûes à la paranoïa jacobine.
      Ajoutez à cela, les effets sur l’économie, la société sur les survivants, développement grandement retardé et le cercle vicieux. Mais déjà avant, l’obsession centraliste n’a jamais regardé la mer comme les Bretons et Poitevins les plaçaient à la marge du jeu français.
      Mais l’idée n’est pas de savoir qui mérite la palme du perdant. Partout en France, la promesse bafouée de liberté (la prison n’a plus un directeur par ordre divin mais une floppée d’administrateurs… Ça n’ouvre pas plus ses portes) l’a été dans le sang.
      Ce sont aux Vendéens de le rappeler à tous. Ils sont réticents « parce que déjà, vous vous rendez pas compte du verrou mental à faire sauter ? ».
      Bah si. Et justement. Parler de l’autre reste le meilleur moyen de paraître intéressant.
      La prochaine Révolution, est peut-être littéralement la seule qui mériterait ce nom, serait d’embrasser la philosophie girondine.
      Le Jacobinisme est mourrant. Mais ne mourra pas comme ça.
      Sachant que plus d’un dixième de Français ont une relation relativement profonde avec l’islam, qui a en lui un superbe génie du recyclage et une incroyable sensibilité à la Nature humaine, une probabilité parmi d’autres en sort.

  5. De LOUIS MELENNEC, Paris.

    @@@@@@@@@@@@@@@@cedrickuhn:disqus

    Le génocide de 1793-1794 intéresse tout autant la Bretagne que la Vendée. La « Vendée militaire » est un quadrilatère qui inclut toute la rive sud de la Loire, et une partie de sa rive nord. Les 5000 nantais noyés dans la Loire par les armées barbares françaises ne sont pas des Vendéens, mais des Nantais, c’est à dire des BRETONS. A Clisson très au sud de Nantes, des femmes, des enfants, des hommes furent jetés vivants dans des puits. Les atrocités nous concernent tout autant que les Vendéens. Je ne manque jamais de rappeler à Reynald Secher – un ami de longue date -, que sa terminologie est maintenant inadéquate : on ne doit plus parler de génocide « vendéen », mais de « génocide breton et vendéen ». Terminologie qui gagne du terrain, parce qu’elle est JUSTE. Secher me répond, DANS TOUS LES CAS, que j’ai raison. Mais il continue ….

  6. Reynald SECHER,
    fait dire à Jean-Jacques ROUSSEAU:  » Si le peuple pense mal, il faut changer
    le peuple! » Cette seule affirmation, de sa part, prouve qu’il n’a jamais
    lu ROUSSEAU, qui a toujours défendu la souveraineté du peuple contre l’intérêt
    particulier, et contre la démocratie représentatif.

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