Nantes. Le festival « Cinepride » privé de subvention : Tartuffe à l’Hôtel de région ?

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03/05/2016 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) –  Le 13ème festival Cinépride de la culture homosexuelle doit se dérouler début juin au cinéma Katorza à Nantes. L’annonce du report de l’examen par la région des Pays de la Loire de la demande de subvention a provoqué un tohubohu médiatique sans précédent : Une de Presse Océan,  multiples articles dans les tous les médias locaux et nationaux…

Depuis de nombreuses années  le conseil régional versait à titre de subvention 5000 € – soit un tiers du budget – à ce festival créé en 2003. Celui-ci est organisé par l’association  « Lesbiennes, Gays Bi et Trans de Nantes », l’ex CGLN.

Que représente en réalité ce groupe ? Il revendique « près de 150 adhérents » ce qui est fort peu, et se définit comme une « ruche associative » comprenant 13 associations parmi lesquelles : « le Gai motoclub », « Bears et Cie » association ayant pour but de proposer des « activités festives et culturelles à destination des bears ( gros, poilus et barbus, NDLR) et ceux qui les aiment, dans un esprit d’ouverture et de tolérance », « FLAG » pour policiers et gendarmes gays,  « David et Jonathan » pour les chrétiens … « Homosexualités et socialisme » regroupant les militants (es) du PS n’ y apparait plus cette année, n’y aurait-il- plus de gays dans ce parti ? Ajoutons comme partenaire le magazine « Prends moi »  dont la mission est «  d’explorer la variété, la crudité et la richesse des sexualités gays » (sic).

Le CGLN est littéralement gavé de subventions publiques qui représentent l’essentiel de son budget. En 2012 son nouveau local fut inauguré en présence de Jean-Marc Ayrault alors député-maire, Philippe Grosvalet président du conseil général de Loire-Atlantique et Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, « un évènement institutionnel destiné à faire découvrir le Centre LGBT à nos partenaires financiers » devait déclarer non sans humour son président.

Lors de sa victoire aux élections régionales la nouvelle majorité LR-UDI menée par Bruno Retailleau avait claironné son intention de rompre en tous points avec la politique de ses prédécesseurs PS et Verts particulièrement en matière culturelle. Or il n’en a rien été : vote d’un budget primitif très éloigné des engagements de Bruno Retailleau durant sa campagne électorale et reconduite le 15 avril des subventions décidées sous la majorité de Jacques Auxiette  à des associations anti familiales encourageant l’avortement, de gauche comme l’AFEV ou du lobby LGBT comme AIDES.

Ce dernier vote a provoqué une véritable bronca – Breizh info s’en est fait l’écho – chez nombre de soutiens de Bruno Retailleau ayant participé à La Manif Pour Tous, et en particulier au sein du mouvement Sens commun.

C’est pour corriger cette erreur qu’il faut interpréter la décision de Laurence Garnier, présidente de la commission culture et vie associative de l’assemblée régionale, prise le 22 avril, de reporter l’examen de la subvention au festival Cinépride et de la conditionner à l’abandon de tout débat sur la gestation pour autrui au sein de l’association Lesbiennes,  Gays,  Bi …de Nantes.

L’élue LR prend donc prétexte d’un débat sur ce sujet ayant eu lieu il y a 5 mois dans les locaux du centre LGBT. La GPA étant illégale « la région ne peut financer une association organisant la promotion d’actes réprimés par la loi » proclame Laurence Garnier. Celle-ci semble oublier que Bruno Retailleau écrivait le 14 avril au président de l’ALGBT : « j’ai le plaisir de vous annoncer que j’accède à votre demande » de subvention. »

Le centre LGBT ayant refusé de se soumettre aux exigences de la Région, le PS a sauté sur l’occasion pour  dénoncer « la remise en cause de la liberté de s’exprimer et de débattre » ajoutant : « après le Hellfest, la majorité régionale cherche à censurer le contenu d’une manifestation culturelle ». Le Département présidé par Philippe Grosvalet (PS) a décidé d’augmenter « à titre exceptionnel sa contribution au festival Cinépride », la municipalité (PS) de Rezé y allant aussi de son écot pour 500€.

« Dans cette affaire, en invoquant des mauvaises raisons et en n’osant pas affronter de face un lobby communautariste ni la gauche sur le plan des idées, la majorité régionale a joué et mal joué. Elle laisse aux socialistes le beau rôle de défenseur des libertés et endosse celui de Tartuffe. », note un fin connaisseur de la politique locale. La « rupture » clairement annoncée par Bruno Retailleau durant sa campagne a encore du chemin à faire…

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Nous sommes toujours dans la logique de l’UMPS devenu LRPS! Les électeurs jugeront par eux-même que le changement ne viendra pas par là, c’est la fausse route, l’impasse!.

  2. Ce n’est pas parce que vous n’aimez pas … (à vous lire, les autres, ceux qui ne sont pas comme vous), que vous devez en dégoûter les autres.

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