Il existe, parait-il, des romans prophétiques. C’est le cas de celui de Gérard Mordillat, La Brigade du Rire (Albin Michel, 520 pages). On y découvre une équipe de copains en rupture avec la société qui décide kidnapper un certain Pierre Ramut, journaliste à l’hebdomadaire « Valeurs françaises », qui signe chaque semaine des papiers anti-35 heures.

S’ils le kidnappe, ce n’est pas pour le tuer, mais pour le faire trimer dans les conditions mêmes qu’il prône : quarante-huit heures de boulot par semaine, payées à un tarif qui ferait même un travailleur chinois. Aussitôt dit, aussitôt fait : voici Ramut obligé, malgré ses protestations, de faire 600 trous à l’heure, à l’aide d’une perceuse à colonne, pour payer ses pauvres repas.

Pour Mordillat, le smic obligatoire pourrait être imposé, en France, à nombre de personnalités dont tous les biens seraient saisis et qui ne garderaient pour vivre que le produit de leur travail.

Quelques exemples : Emmanuel Macron (castreur de dondons dans un abattoir industriel), l’adjudant Valls (accordeur de castagnettes), Nicolas Sarkozy (dans les égouts), Christine Lagarde (caissière en « horaires flexibles » dans un supermarché ouvert tous les jours, même le dimanche)…Mais aussi MM. Bolloré et Pinault, sans oublier « tous ces tailleurs de bavettes médiatiques qui parlent et écrivent sans savoir ce que travailler veut dire et n’ont que mépris pour les salariés » (L’Obs, 03/09/2015).

Cela pourrait rajeunir François Pinault de se retrouver dans la scierie familiale à Trévérien, près de Dinan. Mais remettre les mains dans le cambouis ne l’intéresse certainement pas. Car on gagne d’avantage d’argent en faisant du « business » qu’en sciant du bois. C’est ce qu’il avait compris en se lançant dans l’importation de bois scandinave qu’il débarquait dans le port de Saint-Malo.

Au grand désespoir des grands forestiers bretons qui n’étaient pas compétitifs… Puis ce fut l’étape « Pinault bois » avec des établissements un peu partout en France. Ce n’était pas encore Conforama, Le Printemps, la FNAC, et encore moins Gucci ou Yves Saint-laurent…

B.M.

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