Le mauvais rôle. GTA Nice, djihâd-édition

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Via Polemia

A l’heure où la France entière se transmue en un GTA Nice djihâd-édition, où les débris humains d’enfants jonchent les rues, où l’actualité devient un torture-porn dont vous êtes tantôt le voyeur complaisant et tantôt la proie apeurée, nous savons bien qu’il n’y a rien à attendre de nos institutions traîtresses. Ce sont elles qui ont favorisé, par leur folle politique migratoire et leur humanisme abstrait, les conditions de possibilité d’une submersion démographique qui n’est que l’autre nom de ce que les historiens de l’an 3000 appelleront sans doute la colonisation arabe du continent européen. Dans cette invasion, c’est Raqqa qui recrute certes, mais ce sont Paris et Berlin qui donnent les visas et les allocations.

C’est l’E.I qui menace chacun au nom d’Allah, mais c’est bien Bruxelles qui promet l’asile à tous au nom de l’Homme. Le fanatisme mahométan et le progressisme technocratique fonctionnent en contrepoint parce qu’ils sont chacun idolâtres, l’un d’un Dieu inhumain, l’autre d’un homme qui se rêve en parodie de Dieu. Rien à attendre donc de ces androïdes interchangeables, Hollande, Valls, Sarkozy, Merkel, Juncker qui ânonnent du matin au soir leurs considérations techno-humanisto-économiques sur les « plans de relance », les « taux d’intérêt », les « lois cadres », l’« émancipation des individus » et les « points de croissance ». Chômage, tri sélectif, lutte contre les discriminations, empreinte carbone, pardon ? « Excusez-moi je vous entends mal, il y a un trente-six-tonnes qui passe à côté… » Ces élites sans culture ni génie ne sont que les agents de maintenance du désastre, les complices objectifs de la disparition de notre civilisation. Elles ne tiennent pas le couteau certes. Elles aiguisent la lame et vérifient que sa longueur et son matériau sont bien conformes aux normes écologiques européennes. Leurs complaintes post-attentat ressemblent aux rires enregistrés d’une sitcom.

De ce point de vue-là le crime de guerre de Nice ne présente aucun caractère original. Il était parfaitement prévisible (et d’ailleurs était prévu), tout comme les réactions qui s’ensuivirent : énième appel à l’unité républicaine, énième incantation grotesque de « valeurs » dont personne ne se met jamais en peine de déterminer le contenu, bougies, peluches, crayons, ballons et marche blanche, énième procédure médiatique d’occultation des traits les plus dérangeants du crime, énièmes pleurnicheries obscènes de hyènes qui trouvent le moyen comme Bernard Cazeneuve (samedi 16 juillet) de vanter la valeur de leur « bilan » quand, dans tout autre pays, l’intéressé se serait déjà tranché les veines de honte ou aurait, au moins (ce qui vaut bien un réel suicide pour des individus aussi ivres de puissance), démissionné.

Le bal des innocents recommence. La ronde des justifications ineptes aussi. Apprenant que l’individu Mohamed Bouhlel s’était « récemment radicalisé », que « ses liens avec l’E.I ne sont pas établis », qu’il n’était « pas musulman pratiquant », qu’il « vivait mal son divorce », et que les institutions ne pouvaient malheureusement pas anticiper son acte, nous sommes désormais heureux de savoir que tous les Français sans exception sont donc, de l’aveu même de l’Etat, des terroristes en puissance et qu’un carnage n’est somme toute qu’un drame de la vie conjugale.

Mais nous sommes habitués à ces obscénités intellectuelles.

Sous le soleil idiot du progressisme pleureur, rien de nouveau.

La politesse tue

L’inédit est peut-être ailleurs. Il tient dans l’hébétude proprement inouïe de la population française de souche, celle qui est la gardienne historique de l’identité de notre nation. Le fait qu’il n’y ait eu aucune réaction populaire d’envergure, aucunsoulèvement, pacifique ou non, pour demander immédiatement des comptes à ce gouvernement de traîtres, pour investir telle ou telle cité que l’on sait être pourrie jusqu’à l’os par le salafisme et les trafics mafieux, terreaux monstrueux donnant naissance à ces djihadistes hors-sol qui nous frappent, qu’il n’y ait eu aucune opération de représailles contre ceux qui ont favorisé cette situation, ceux d’en-haut comme ceux d’en bas, est le symptôme calamiteux d’un défaut de force vive, d’un abandon torpide à l’invasion, d’un consentement, il faut bien le dire, à la disparition de la nation française. A Nice, des enfants ont été pulvérisés. Le djihadisme tue, la politesse aussi. Et si le premier est ignoble, la seconde, soumise au premier, est honteuse.

Comme le notait récemment Renaud Camus, l’ironie terrible est que notre époque, incapable de produire aucun art, aucune pensée, aucune spiritualité authentique, aucune chose remarquable qui donne son prix à la vie des peuples, ne conserve de l’exigence de la civilisation que ce qui lui interdit précisément de la protéger. La dernière forme prise par l’esprit européen est en effet, dans une volte insensée, cela même qui rend impossible qu’il se défende contre les forces qui veulent son anéantissement. Ce qui nous reste du Jardin d’Academos, de la cultura animi desTusculanes et du De Trinitate, c’est le privilège précieux de nous faire massacrer par le premier salafiste venu auquel nous aurons préalablement permis de construire sa mosquée, de faire douze enfants, de mettre sa femme sous un éteignoir, d’envoyer tout son argent à un pays étranger et de vivre sur le dos de notre système de protection sociale. Le djihadisme est barbare c’est entendu – un peuple qui ne conserve de sa vérité profonde que les outils pour se détruire lui-même, qui utilise les moyens de la civilisation contre les fins de la civilisation ne l’est pas moins. Notre xénophilie et notre alterolâtrie ne sont que des modulations de la haine de soi et les miroirs de la haine que les islamistes nous vouent. Si l’on ne pouvait pas être surpris qu’après le massacre de Nice, nos élites continuent de répéter mécaniquement les mêmes mantras déculpabilisants, l’on peut toutefois s’étonner que le peuple, lui, n’ait pas eu le ressort pour engager le moindre mouvement de révolte ou même, modeste, de simple contestation des institutions ayant rendu réellement possible un tel carnage.

Le peuple et les généraux

Au fond, c’est l’esprit déconstructionniste de 68 qui a gagné la partie et les Lumières qui continuent de propager jusqu’à la folie contradictoire leurs dernières lueurs : quand des peuples entiers nous envahissent et nous tuent, nous voyons des personnes qui migrent et des cas psychiatriques (l’éternel retour médiatique du « déséquilibré » l’atteste). Du côté de nos persécuteurs la chose est pourtant entendue : ils se savent appartenir à des communautés religieuses, morales et ethniques qui transcendent leur particularité là où nous pensons qu’une communauté, quelle qu’elle soit, résulte de l’addition de particularités. C’est le concept même de « peuple » comme condition déterminante de l’advenue des personnes qui est devenu inintelligible au plus grand nombre. Mais de la même façon qu’on ne peut pas combattre une abstraction universelle comme le « terrorisme » (autant déclarer la guerre à la mélancolie ou faire l’amour à la tristesse), on ne peut pas non plus faire la guerre à des singularités comme des « individus ».

Encore une évidence systématiquement désapprise à nos compatriotes : il n’y a de guerre que contre des généraux… Si on fait la guerre, c’est qu’on assume de considérer les personnes comme les émanations d’un « groupe » dont elles sont les instances ponctuelles et relatives, bref, qu’on assume, le temps du combat, de les priver de leur spécificité personnelle, ce qui ne les déshumanise que pour autant que l’on rêve niaisement que l’humanité tient tout entière dans la subjectivité personnelle et non pas aussi, toujours, dans les cadres objectifs, naturels et culturellement appropriés, d’apparition de cette subjectivité. Quel pilote de l’armée enverrait la moindre bombe s’il pensait qu’il va tuer des « personnes » au sens strict ? Quel fantassin tirerait si, avant de voir l’uniforme ennemi, il voyait les yeux de celui qui le porte ? Quel douanier empêcherait une famille de franchir une frontière s’il pensait sérieusement à l’eccéité insubstituable de chacun de ses membres ?

Nous autres Français, figurants de cet ignoble GTA Nice où un Momo standard comme-vous-et-moi conduit le camion, nous en sommes là, nous sommes ces douaniers fous, ces pilotes de chasse sentimentaux : avant même que de penser à bondir pour échapper au 36 tonnes qui nous fonce dessus, nous imaginons que nous regardons droit dans les yeux de son conducteur et que derrière ces yeux il y a peut-être le cœur qui bat d’un brave type. Et quand bien même il tuerait nos enfants devant nous (ce qui est le cas), nous reconnaissons en lui quelqu’un là où, si nous voulions survivre, il faudrait détruire un pur et simple ennemi. Combien il faut ignorer pour agir, disait Valéry… Nous périssons aujourd’hui de faire mine de ne pas ignorer l’humanité potentielle de ces êtres qui pourtant, en acte, se conduisent comme des monstres. La dialectique grinçante de la situation est d’ailleurs ici : c’est qu’agissant de la sorte, non seulement nous nous comportons nous-mêmes en monstres, mais qu’en plus nous ne faisons preuve d’aucun respect vis-à-vis de ces criminels que nous voudrions, contre eux-mêmes, sauver d’eux-mêmes… L’authentique humanisme face à des hommes qui sont prêts à écraser des enfants avec un camion c’est une balle de neuf millimètres, pas une cellule de neuf mètres carrés.

Il est donc inutile et presque obscène de blâmer les « Français de papier » qui méprisent ce pays si nous ne sommes que des Français de papier-mâché qui l’aiment si peu qu’ils n’osent le défendre. L’avenir dira si nous ne sommes que les dernières feuilles mortes éparpillées d’un arbre, qui n’est peut-être en effet plus qu’une simple souche.

Le mauvais rôle

L’absence coupable de réactions après l’horreur de Nice signifie donc la chose suivante : non que les djihadistes ont gagné, mais que nos élites déviantes ont gagné. Elles peuvent être fières, elles ont si bien neutralisé les défenses morales du peuple, brisé son instinct de survie, son sens de l’enracinement, terrestre comme céleste, qu’il se vit désormais comme un agrégat hasardeux d’individus prêts à endurer n’importe quoi. Que dire d’un homme qui laisse sans réagir ses enfants se faire démembrer ? Nous savons tous qu’il ne mérite que des crachats. Au lendemain de ce 14 juillet 2016, le peuple français est mort, non de peur, mais de la version niaise et débilitante de l’amour, la grimace d’une charité de belle âme qui se croit noble de laisser croître en son sein une vilénie qu’elle ne fait strictement rien pour combattre, parce qu’elle redoute de se salir les mains. A ce rythme-là, dans vingt ans, ce territoire sans âme qui laisse ses enfants mourir sera un pays musulman comme les autres. Et nous aurons alors le dernier droit que le vainqueur de la guerre laisse à son opposant défait, le dernier droit de l’homme qui est aussi le premier droit des animaux : celui de devenir esclave. L’on verra alors si l’explication par le drame conjugal sera toujours d’actualité.

Il est désormais vain de croire que la France puisse survivre, elle est morte avec ces enfants déshonorés. Il ne fait sens que d’espérer qu’un jour elle renaisse. Mais ce ne pourra être qu’à la condition que ce qui reste du peuple historique fasse décisivement sécession d’avec les institutions qui ont usurpé son nom et surtout, qu’il cesse de craindre d’avoir le mauvais rôle.

Parce que par lâcheté il a trop longtemps attendu, c’est, de toute manière, le seul qui lui reste.

Ulysse
18/07/2016

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Une réponse à “Le mauvais rôle. GTA Nice, djihâd-édition”

  1. Demalain dit :

    Il faudra peut-être qu’un jour quelqu’un se lève, comme Jeanne d’Arc à l’époque, afin d’entraîner le peuple dans sa reconquête du territoire, et là non en boutant les anglais hors de France, mais en boutant hors de France tout ce qui est musulman, blanc ou noir, et qui fait partie d’une autre culture incompatible. Autre culture tout à fait honorable d’ailleurs, dans la mesure où elle s’exerce ailleurs qu’en Europe, plutôt dans les territoires musulmans africains, et laisse l’Europe évoluer avec ses propres traditions. Un nouveau « Jeanne d’Arc » doit se lever, l’exemple a été donné il y’a peu de temps par les corses qui ont pris en main l’ordre dans les quartiers qui ont mérité un réajustement des bonnes valeurs, après caillassage des pompiers. C’est cet exemple qui nous faut suivre, et qui doit devenir un réflexe automatique de la population. On a bien le droit de se défendre, non ?

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