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03/09/2016 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – Réélection en mai 2017 : François Hollande ne pense qu’à cela. Matin, midi et soir. Cet animal politique rêve en effet d’effectuer un second mandat. Il paraît qu’il envisage de se présenter comme le bouclier pour les Français face au terrorisme, et le rempart de la république face à la droite et au Front national. On raconte que cella ressemble à un programme et à un slogan.
« La France et la démocratie, c’est là-dessus que ça va se jouer », a expliqué en personne François Hollande lors de sa traditionnelle avec les journalistes en charge de couvrir l’Élysée (mardi 2 août), vous calquez un modèle social dessus après ». Et seulement après. Exit le bras de fer annoncé sur les questions économiques et sociales avec la droite et « l’autre gauche ». Le Président, qui réfute le procès en angélisme qui a en partie coûté l’Élysée à Lionel Jospin en 2002, poursuit : « Cette fois, qui peut dire que nous avons fait des lois laxistes ? On peut nous dire que nous ne sommes pas allés assez loin…les Français décideront. Mais la question qui va leur être posée, c’est dans quel pays voulez –vous vivre ? » (Libération, 06-07/08/2016).
Quelques jours plus tard, il remettait le couvert dans l’avion qui le ramenait de Rio (samedi 6 août. Il confiait alors à quelques journalistes sa conviction selon laquelle la prochaine élection présidentielle ne se jouerait pas principalement que sur la question du bilan : « Si on n’a pas les résultats, tout paraît prétexte, mais ça ne suffit pas pour autant, » expliquait-il. L’élection se jouera sur cette question : dans quel pays veut-on vivre ? » (Le Monde, 13 août 2016).
Effectivement, l’habileté consisterait à déporter le débat gauche/droite, pendant la campagne présidentielle, essentiellement sur la question du « vivre ensemble » et autres sujets politiquement corrects. On oublie l’économique et le social… Et tout particulièrement le chômage, question qui concerne les classes populaires, lesquelles seront tentées de voter « mal », c’est-à-dire Marine Le Pen à la présidentielle et FN aux législatives un mois plus tard.
Avec l’aide de Sarkozy (l’« identité de la France » érigée en « premier combat ») ou de Juppé (l’« identité heureuse »), ce tour de passe-passe doit être possible. Il est effectivement préférable de ne pas parler des sujets qui touchent les électeurs dans leur vie quotidienne. Pour la Bretagne (5), en matière de chômage, Hollande est sur le point de faire aussi « bien » que Sarkozy (entre 2007 et 2012). En effet, de juin 2012 à juillet 2016, le nombre de chômeurs y a augmenté de 88 400 pour les catégories A, B, C, D et E (326 300/414700). Dont 46 100 pour la seule catégorie A (207 500/161 400).
Le fameux « ça va mieux » de Hollande ne parviendra pas à convaincre les demandeurs d’emploi des cinq départements bretons. En juillet 2016, la Bretagne (5) comptait 414 700 chômeurs (207 500 en catégorie A, 53 400 en B, 109 800 en C, 12 800 en D et 31 200 en E), contre 414 400 en juin (198 700 en catégorie A, 53 600 en B, 109 300 en C, 21 400 en D et 31 400 en E). Soit une progression de 300. Il n’y a donc pas eu recul, contrairement à ce que chantent le gouvernement et les médias. Il y aurait même eu une poussée si on ne prend en compte que la catégorie A : + 8 800 (207 500/198 700).
Pour inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année et rendre légitime sa candidature à la présidentielle, Hollande a lancé un « plan de 500 000 formations supplémentaires pour les personnes en recherche d’emploi » (Pôle emploi, instruction du 21 avril 2016). Avec un million de chômeurs en formation – soit 500 000 de plus que les années précédentes – François Hollande compte « dégonfler » la catégorie A (sans aucun travail) en faisant basculer ces chômeurs vers le D (stagiaires en formation). Et le tour est joué. D’après l’instruction du 21 avril, il s’agit de réaliser, d’ici à fin décembre 2016, 870 000 entrées en formation, 10 000 actions de valorisation des acquis de l’expérience, 50 000 contrats de professionnalisation, 70 000 accompagnements à la création d’entreprise (Le Canard enchaîné, 3 août 2016).
Pour autant, tout cela suffira-t-il à remettre François Hollande sur les bons rails ? Car la tâche est difficile. « Êtes-vous satisfait ou mécontent de François Hollande », demandait un sondage IFOP réalisé les 26 et 27 août par téléphone. Réponse : très satisfaits 2%, plutôt satisfaits 14%, plutôt mécontents 42%, très mécontents 40%, pas de réponse 2%. Soit un total de 82% de mécontents et de 16% de satisfaits. D’après les sondeurs, le chef de l’État reste au plus haut niveau d’impopularité de la Ve République.
Les propos recueillis auprès des sondés aggravent cette impression d’insatisfaction. Le bilan du Président y est jugé très sévèrement. « Il ne pense qu’à sa réélection alors qu’il n’a pratiquement rien fait », s’indignent nombre de personnes interrogées. Certains vont jusqu’à parler d’un « quinquennat inutile » et d’un « Président inactif » (Journal du dimanche, 28 août 2016).
Photo : Wikimedia (cc)
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2 réponses à “Le chômage n’intéresse pas François Hollande”
Si Hollande croit habile d’axer son programme sur le « vivre ensemble » il se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Dans sa tour d’ivoire élyséenne il ne se rend pas compte que les Français sont traumatisés par « l’islam visible » et qu’ils n’en veulent pas. ILS NE VEULENT PAS VIVRE AVEC N’IMPORTE QUI et la démocratie devrait normalement être la possibilité de choisir. Mais est-on en démocratie ?
Mais non voyons ; sauf qu’à moins d’être un crétin fini tout le monde comprendra que mon commentaire était un gag.