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Le chiffre vient de la Réserve fédérale de Saint-Louis : 105,8 millions d’Américains de plus de seize ans étaient hors du marché du travail en juin. Un record historique, supérieur aux pics de la Grande Récession et de la pandémie.
Le mois de juin seul a vu 832 000 personnes sortir de la population active. Le taux de participation au marché du travail est tombé à 59 %, son plus bas niveau depuis septembre 2021.
Ce que recouvre le chiffre
La catégorie est large. Elle englobe toute personne de plus de seize ans qui ne travaille pas, retraités et étudiants compris. Les retraités en forment la moitié — sans surprise, compte tenu du départ massif de la génération du baby-boom. Environ 45 % sont partis à soixante-cinq ans ou au-delà, 3 à 5 % de façon anticipée.
Le reste est plus révélateur. Jusqu’à 22 % de cette population, soit plus de 23,3 millions d’Américains, perçoit des prestations liées à une maladie de longue durée ou à un handicap. C’est davantage que le nombre d’Américains en études à temps plein, qui plafonne autour de 19 millions.
Et 5,3 millions de personnes — 5 % du total — ont cessé de chercher, découragées ou n’essayant plus.
« La fuite du travail chez les hommes en âge de travailler »
Nicholas Eberstadt, économiste du travail à l’American Enterprise Institute et auteur de Men Without Work, identifie un phénomène plus précis derrière les chiffres agrégés. « Nous avons un gros problème avec la fuite du travail chez les hommes en âge de travailler. Ce qui a soutenu la participation globale de cette tranche d’âge, c’est le fort engagement des femmes, pas celui des hommes. »
Il chiffre à environ 7 millions le nombre d’hommes de 25 à 54 ans sortis du marché du travail. Et note un phénomène symétrique du côté féminin : « Il y a environ 3,5 millions de femmes qui sont en quelque sorte les doubles de ces hommes. Un groupe croissant de femmes décrocheuses qui ne travaillent ni ne cherchent du travail, n’ont pas d’enfant sous leur toit et pas de mari. »
Une exception américaine
L’argument du vieillissement démographique ne résiste pas à la comparaison, souligne l’économiste.
« Regardez ce qui se passe en Europe et au Japon, deux sociétés vieillissantes et qui rétrécissent : leurs taux de participation au marché du travail augmentent. Il n’est donc pas impossible pour une société vieillissante de mobiliser davantage de monde. »
Et de rappeler que les intéressés ne sont ni malades ni ignorants : « Ce sont les Américains les plus sains et les mieux éduqués qui aient jamais vécu sur cette planète. »
Eberstadt met en cause l’enchevêtrement des programmes d’invalidité, dont personne ne maîtrise l’ensemble. « L’étendue de la dépendance à ces différents dispositifs est un angle mort. Il n’existe aucun bureau à Washington, aussi grande que soit la ville, capable de vous dire combien d’Américains touchent quelles prestations, ni combien en cumulent plusieurs. »
Contre le revenu universel
L’intelligence artificielle gagnant les métiers de bureau, les appels à instaurer un revenu universel se multiplient. L’économiste s’y oppose frontalement, pour une raison qui tient moins à l’économie qu’à ce qu’il observe.
« Je regarde comment les hommes qui ne travaillent ni ne cherchent du travail disent occuper leurs journées. C’est très déprimant. Et je n’aimerais pas que nous en achetions davantage. »
Il détaille : « Ils ne sont engagés dans aucune activité associative, n’aident pas à la maison, ne sortent pas de chez eux. Deux mille heures par an devant un écran. C’est une bonne préparation pour devenir une statistique des morts de désespoir. »
Sur l’IA, il anticipe le schéma classique des ruptures technologiques : « Les technologies disruptives du passé ont été formidables pour ceux qui avaient des compétences. Leur productivité et leurs revenus ont beaucoup augmenté. Elles ont aussi déplacé beaucoup de main-d’œuvre chez ceux qui n’en avaient pas. On semble parti sur la même trajectoire. »
Une donnée que l’Europe ferait bien de regarder
Les « morts de désespoir » — overdoses, alcoolisme, suicides — ont fait reculer l’espérance de vie américaine, phénomène documenté depuis une dizaine d’années et concentré sur les hommes blancs peu diplômés des régions désindustrialisées.
Le lien qu’établit Eberstadt entre sortie du travail et effondrement personnel n’est pas une intuition morale. C’est une observation statistique.
En France, où le débat sur le revenu universel resurgit à chaque échéance électorale et où l’automatisation est présentée tantôt comme une menace tantôt comme une promesse, la trajectoire américaine mérite d’être suivie. Vingt-trois millions de personnes sous régime d’invalidité, sept millions d’hommes en âge de travailler hors du marché, et personne à Washington capable de dire qui touche quoi.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “USA. 105 millions d’Américains hors du marché du travail — un record absolu”
Qu’ils importent du nègre frais! Chez nous non plus ce n’est pas brillant mais pour l’instant les travailleurs tiennent dans leurs vieux diésels pour aller bosser malgré le mépris des ploutocrates sortis de l’ENA et leurs alliés. Le Peuple on le voit à l’oeuvre pour contribuer à la lutte contre les incencendies, les ploutocrates ils nous serinent un discours bêlant!