20/11/2016 – 10H15 Bretagne (Breizh-info.com) – La messe en latin continue à se développer en Bretagne. Région plutôt bien pourvue pour la province – car elle a constitué un bastion de résistance des catholiques traditionnalistes dans les années 1970 à 1990, elle connaît aussi un important développement démographique desdits traditionnalistes. Par ailleurs, depuis le motu proprio de 2008, des célébrations ont été introduites dans un cadre directement paroissial ou diocésain, là où il y avait une demande locale de messe selon le rite de toujours.

Lorsque nous avions fait la carte des lieux de culte existants en juin 2015, il y avait 36 célébrations pour 35 lieux de culte. Nous avions oublié à l’époque l’église Sainte-Elisabeth de Nantes, où un prêtre diocésain célèbre une messe en latin tous les dimanches à 18 heures. Parmi ces lieux de culte, 17 dépendaient de la FSSPX, pilier de la Tradition pour l’instant indépendant de Rome, quoique la Fraternité reconnaît l’autorité et la légitimité du Pape, quatre de communautés Ecclesia Dei reconnues par Rome (deux de l’ICRSP, deux de la FSSP), 8 des sédévacantistes – qui ne reconnaissent plus les papes depuis le concile Vatican II. Le reste se trouve dans un cadre diocésain et paroissial – par exemple à la Madeleine de Guérande, l’été. Les lieux de culte « tradi » sont essentiellement concentrés sur les côtes et près des grandes villes, le centre de la Bretagne et la Mée étant peu pourvus en lieux de culte. Font exception les implantations sédévacantistes d’Abbaretz (44) et de Bourbriac (22), la FSSP à Berné (56), celles de la FSSPX à Guer et du Diocèse des Armées à Coëtquidan.

A l’été 2016 s’est ajoutée une autre messe en latin, l’été, en l’église du Clion-sur-Mer, une ancienne commune située près de Pornic. Les curés titulaires Arnaud de Guibert (Pornic – la Plaine) et Christophe de Cacqueray (Saint-Père en Retz – Paimboeuf) ont appris tous deux la messe en latin afin de la dire l’été, à la suite de demandes insistantes depuis 2012 de paroissiens réguliers ou en vacances.

A la rentrée 2016, le diocèse de Quimper a annoncé l’arrivée de l’abbé Loïc Courtois, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, en provenance de Bordeaux. Il célèbre à partir du 11 septembre en l’église Saint-Matthieu de Quimper, les dimanches et fêtes à 11 heures. L’évêque de Quimper a ainsi fait droit à une demande assez ancienne de fidèles quimpérois – qui s’étaient constitués en 2015 en un collectif, Renouveau Cap Sizun – et qui avait été appuyée par la FSSP à Bordeaux. Par ailleurs l’abbé Courtois prend la suite du chanoine Beauregard (ICRSP, St Brieuc) qui célébrait depuis avril 2016 la messe tridentine en la chapelle Saint-Joseph (XVIIIe-XIXe) de Saint-Pol de Léon, à la demande de l’Oeuvre saint-joseph qui avait racheté et réhabilité le lieu de culte. La messe y a lieu les dimanches à 18 heures ; il y existe une chorale qui chante des cantiques bretons lors des célébrations.

Enfin en Loire-Atlantique la Fraternité Saint-Pie X a décidé de faire revivre la chapelle Notre-Dame de Citeaux, au lieu-dit Farfaret, à Juigné les Moutiers. Située aux confins de la Loire-Atlantique, de l’Anjou et de la Mayenne, à 16 km à l’est de Châteaubriant, cette chapelle avait été construite par le père Salens à son retour de Chine ; il avait été le seul rescapé d’un couvent entièrement massacré par les Rouges. Le père Salens avait alors construit avec des matériaux de fortune une chapelle, et constitué une association en 1984 autour d’elle. Les célébrations s’étaient interrompues dans les années 1990. Suite à des demandes de fidèles traditionnels installés dans le Castelbriantais – à plus de 60 km de Nantes où est installé le prieuré Saint-Louis de la FSSPX, une première messe y a été célébrée ce dimanche 13 novembre par l’abbé France, prieur-doyen de Nantes. Des messes pourraient y être célébrées environ une fois par mois. Ainsi, il y a maintenant sur les cinq départements bretons 42 messes en latin dans 41 lieux de culte.

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Louis-Benoit Greffe

Photo : wikimedia commons (cc)
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2 Commentaires

  1. Les Bretons ont certes un patrimoine religieux à défendre mais il ne faudrait pas faire erreur sur la nature véritable de ce patrimoine.
    La Bretagne est avant tout une terre du christianisme celtique et non du christianisme romain (même si officiel depuis le 9ème siècle).
    Les traditions et pratiques issues de l’ancienne religion furent une composante majeur de la foi bretonne jusqu’à la déchristianisation des années 70.
    La messe en latin ne représente rien en Bretagne si elle n’est pas accompagné de la messe en Breton, en claire chanter des cantiques en latin ne pèse pas face au fait de chanter les cantiques bretons en breton.
    En effet, la foi chrétienne est discutable en Bretagne, si on ne tient pas en compte la spécificité qui fait que de nos 2 à 3000 saints seule une petite fraction sont reconnus par Rome.
    Et si pour s’en convaincre on croit encore que la Bretagne est simplement une région d’une France chrétienne qui recherche ses racines, il faut se souvenir que la Bretagne est le pays d’Europe possédant la plus grande densité de monument religieux.
    Ce n’est pas sans raison si en Bretagne, d’un coté les églises sont vides et de l’autre le peuple donne son argent pour créer la Vallée des Saints…!

    • Les saints bretons célébraient la messe en latin, comme tout l’Occident, d’ailleurs, et étaient des défenseurs de la latinité à l’instar de saint Gildas dans son « de exidio Britanniae ». La messe en rite extraordinaire est plus proche de la spiritualité de nos saints que bien des messes Paul VI en breton.Rien n’empêche de chanter des cantiques en breton lors d’une messe en rite extraordinaire. A l’offertoire, après la consécration, pendant la communion, et à la fin de la messe. Le breton et le latin se sont toujours très bien mariés depuis des siècles.

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