Rennes. Pour les commerçants du centre-ville, la coupe est pleine

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23/02/2017 – 05H30 Rennes (Breizh-info.com) – Dimanche 19 février 2017 à Rennes, une employée du magasin Subway de la place Sainte-Anne a été mordue par un chien tenu par des marginaux à qui elle avait refusé un échange de monnaie contre un ticket repas (une pratique totalement illégale). Sortie de l’hôpital, elle a aussitôt déposé plainte au commissariat.

Ses trois agresseurs n’ont toutefois pas été retrouvés.

Mais que devient le centre-ville de Rennes ? C’est la question que se posent de nombreux commerçants, mais aussi des habitants et des personnes extérieures , qui reconnaissent de moins en moins la ville. « A force d’avoir laissé perdurer le mythe de Rennes, ville où il fait bon vivre, bon boire, bon faire de la politique à l’extrême gauche, voilà comment ça se termine » nous confie Loïc, qui était étudiant à Rennes 1 au début des années 2000.

De République à Place Sainte-Anne – c’est à dire sans compter les affaires qui se multiplient dans les quartiers dits « sensibles », politiquement correct oblige – on ne compte plus les trafics, les agressions, les faits divers mettant aux prises ici des marginaux, là des voyous, ou encore des règlements de compte sur fond d’alcool ou de drogue.

Rappelons qu’en 2016, la célèbre rue de la soif, qui jouxte la place Saint-Anne, a vu de nombreuses bagarres, mais également un meurtre en pleine soirée et le lynchage d’un patron de bar. Et tout cela sans compter les incidents et violences multiples, provoqués par l’extrême gauche en marge de la loi travail, ou lors de telle ou telle manifestation politique.

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Une brigade des incivilités proposée

Face à cette situation, l’opposition à Nathalie Appéré, maire (PS) de la commune, demande, timidement, la création d’une « brigade des incivilités ». Bertrand Plouvier explique ainsi dans un communiqué adressé à la presse que « de plus en plus de commerçants, d’habitants et d‘usagers du centre-ville se plaignent d’une qualité de vie qui se dégrade progressivement remettant en cause la propreté, la sécurité, l’accessibilité ou encore l’animation du centre-ville… Ces témoignages soulèvent l’absence totale de volonté politique de la maire de Rennes de faire du centre-ville un espace « cinq étoiles ».

Bertrand Plouvier comprend le dépit des commerçants de la place Sainte-Anne : « Les craintes émises par les commerçants de la place Sainte-Anne sont parfaitement légitimes. En plus de subir les chantiers de la ligne B du métro et du centre des congrès, ils doivent faire face à une insécurité grandissante. Pourtant, la sécurité et la tranquillité sont un droit pour tous les Rennais et devrait être une priorité absolue pour la maire de Rennes. Une nouvelle fois, la montée en puissance de tels faits démontrent que la maire de Rennes et son équipe ne sont pas à la hauteur. Ils sont coupés des réalités du quotidien des Rennais. »

Avant de réclamer :  « Depuis le début du mandat, je demande la mise en place d’une brigade de lutte contre les incivilités. La présence d’une telle brigade aurait été en mesure d’empêcher la multiplication des comportements agressifs notamment de la part de personnes en errance. Notre centre-ville mérite que la maire de Rennes prenne enfin le problème à bras-le-corps. Si nous voulons faire de Rennes une destination de tourisme de loisirs et d’affaires avec un centre-ville attractif, nous devons tout mettre en œuvre pour qu’il rayonne. Faisons de notre centre-ville un espace « cinq étoiles » »

Nathalie Appéré, de son côté, a annoncé mardi 15 novembre 2016 la création de 12 postes supplémentaires pour la police municipale. Ils seront présents en centre-ville et dans les quartiers, pour mener leurs missions « d’îlotage, de relations avec les riverains, de respect des arrêtés municipaux concernant le stationnement ou le transport d’alcool, de tranquillité et de proximité ». Dans un rôle complémentaire à celui des agents de la Police nationale, « formés et équipés pour maintenir l’ordre ». Ils ne seront toutefois pas armés létalement (uniquement tonfas et gazeuse), ce qui enlève une grosse partie du pouvoir de dissuasion face à certains publics agressifs ou ne craignant déjà pas la police nationale.

Pas de quoi rassurer Chantal (NDLR : prénom modifié) , restauratrice à côté de la place : « il y a une volonté politique depuis des années de laisser s’installer cela. Ici, les gens sont ivres dans la rue chaque semaine, l’alcool et la drogue circulent comme si tout était normal. Au nom du sacro-saint « faire la fête » on laisse tout faire. Il faut dire que le moindre contrôle, la moindre arrestation est vécu comme « une violence policière » nous dit-elle.

Et les solutions alors ? « Ça n’est pas d’une brigade contre les incivilités dont il y a besoin » nous explique Chantal, qui travaille depuis une vingtaine d’années dans la capitale bretonne. « Il y a des dealers qui dealent en plein jour. Il faut les arrêter et les mettre en prison. Ainsi que tous ceux qui prendront leur relève. Ça se calmera vite. L’ivresse sur la voie publique  est déjà interdite par la loi : pourquoi ne pas interdire la consommation sur la voie publique ? Il y a assez d’établissements comme cela non ? Il faudrait aussi s’interroger sur la très forte tolérance, ou la complicité, de certains élus municipaux avec ceux qui sèment tout le temps le désordre. On en voit avec eux de temps en temps… »

Une référence aux élus EELV du conseil municipal ? « Pas besoin de les citer, personne n’est dupe » conclut Chantal.

Toutefois, la politique municipale ne doit pas déplaire tant que cela à une majorité de Rennais : depuis Edmond Hervé en 1977, c’est le Parti socialiste qui dirige la commune.

Photo : wikimedia commons (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2017 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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4 réponses à “Rennes. Pour les commerçants du centre-ville, la coupe est pleine”

  1. selltapiv dit :

    C’est marrant, pas un mot sur la nuit du 27 Janvier où une bande de 40 à 50 personnes, visiblement d’extrême-droite vu les propos scandés, ont agressé de manière gratuite et aveugle des dizaines de personnes dans le centre historique. Où est l’honneteté intelectuelle sur breizh-info ?

  2. gilles dit :

    Les rennais ne peuvent pas se plaindre, ils votent à gauche, ils ont les « avantages » qui vont avec : laxisme face à la délinquance, impôts locaux élevés, immeubles du centre historique délabrés. Comparez l’apparence du centre historique de Rennes avec celui de Strasbourg par exemple…

    • plessis dit :

      Très juste ! j’habite rennes depuis 1972 , pendant une trentaine d’années on louait le plaisir de vivre dans cette belle ville , Mais depuis les années 2000 tout change : rues salles , goudron défoncé dans la majorité des rues empruntées – et oui…, circulez à vélo pour vous rendre compte! -Quand aux SDF….la joie ! le centre ville se vide , il est devenu triste : voyez la rue LE BASTARD , le style se perd ..voyez la rue de l’ALMA ; ce devait etre une vitrine , une voie de pénétration dans la ville ! Voyez à quoi elle ( et va ) ressemble ! etc…et on se dit une ville attirante ! cela dépend pour qui .

  3. selltapiv dit :

    Témoignages de commerçants de Saint-Michel, St Anne… mais probablement ça ne vaut rien quand ce n’est pas dans votre sens. http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/que-sait-on-violences-centre-ville-rennes-27-janvier-1196787.html
    Moi je ne suis dans aucun camp, et la violence je la rejette dans tous les « camps ».

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