Philippe Noguès rêve à un « nouveau parti socialiste »

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11/04/2017 – 08H00 Gourin (Breizh-info.com) – Le Parti socialiste n’a de socialiste que le nom. Ni son programme ni son discours ne sont socialistes. Ses membres ne savent plus ce que signifie appropriation collective des moyens de production et société sans classes.

L’entreprise électorale de la rue de Solférino ressemble d’avantage à une fédération de courants qu’à un véritable parti, si bien que son leader doit trouver un point d’équilibre afin d’être compatible avec les différents barons et les familles diverses et variées qui se regroupent – par intérêt – sous la même enseigne. D’où la nécessité de la synthèse que doit réaliser celui qui a été désigné comme premier secrétaire, puis plus tard comme candidat à l’élection présidentielle. C’est ce qu’était parvenu à réaliser François Hollande avant et pendant la campagne présidentielle de 2012 ; il faisait figure de point central du PS. Petit miracle qu’il ne parvint pas à renouveler en 2017, ayant donné un coup d’accélérateur à ses penchants libéraux.

Philippe Noguès (ex–PS), député d’Hennebont – Gourin, a donc raison de souligner que « le parti n’a plus rien de socialiste. Ni même de social démocrate. Ses cadres ne s’en cachent pas pour la plupart. » (Le Mensuel du Morbihan, avril 2017).

Honnêtement, Noguès reconnaît qu’ «on surjoue l’angoisse Le Pen, alors qu’elle n’a aucune chance de passer cette année. Aucune. Par contre, je ne promets rien dans cinq ans si Macron gagne » (id.). Effectivement, tous les  derniers sondages montrent qu’au second tour, Marine Le Pen sera battue par Macron, Fillon ou même Mélenchon.

Mais l’analyse du député sortant est insuffisante lorsqu’il affirme qu’«on est quasiment revenu au niveau du Congrès de Tours de 1920» qui avait vu la scission entre socialistes et communistes. « Il faut sortir de la confusion et refonder la gauche. Pas uniquement le PS, toute la gauche. » Dans ces conditions on ne peut que lui conseiller de se reporter à la situation qui était celle d’avant 1899 – c’est-à-dire avant l’Affaire Dreyfus. On trouvait alors d’un côté le mouvement socialiste et de l’autre la gauche libérale et républicaine. Deux mondes séparés par un fossé idéologique infranchissable jusqu’à que se constitue cette année là  le gouvernement dit de « défense républicaine » dirigé par le Breton Pierre Waldeck-Rousseau ; cette alliance se proposait de barrer la route à la droite monarchiste et cléricale. Effectivement, aujourd’hui, il y a place pour un authentique «parti socialiste» et une formation «libérale de gauche» ; on y gagnerait en clarté, mais on y perdrait en efficacité électorale car le mode de scrutin pour la présidentielle et les législatives impose de vastes rassemblements dirigés davantage « contre » l’autre camp que « pour » une ligne idéologique et politique bien arrêtée. On met donc dans le même sac tout et son contraire.

On peut également rappeler à Philippe Noguès que « ni Marx ni Engels (pas plus, d’ailleurs, que les autres grandes figures fondatrices du mouvement socialiste et anarchistes) n’ont jamais songé une seule fois à se définir comme des ‘hommes de gauche’ » (Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climats). Voilà qui devrait aider Noguès à creuser sa réflexion.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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3 Commentaires

  1. A la fin du 20ème siècle, on disait que ceux qui doutaient de la pertinence de la distinction gauche/droite étaient forcément des gens de droite. On voit aujourd’hui que le même doute étreint les gens de gauche. Ils étaient simplement en retard sur leur temps. Comme vous le notez justement, notre système électoral impose une démarche binaire, comme si la carte de l’Assemblée nationale fixait le territoire de la pensée politique. Cette distinction n’est plus du tout pertinente et les rêves de « refondation » sont passéistes. Non seulement les gens de gauche étaient en retard sur leur temps, mais ils voudraient à présent remonter le temps !

  2. Donc ,macron,fillon,melanchon !
    Je ne donne pas 5 ans ,avant qu’il y ai une révolution !!
    La charia avant 2022 ,du sang et des larmes !

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