sabattier

25/05/2017 – 07h50 Nantes (Breizh-Info.com) –  La 3e circonscription de Loire-Atlantique regroupe l’ouest de Nantes, Saint-Herblain, Indre et plusieurs communes périurbaines voire plus rurales (Couëron, Saint-Etienne de Montluc, Le Temple de Bretagne, Cordemais). Fief socialiste qui fut celui de Jean-Marc Ayrault, elle voit le PS fragilisé par l’existence d’un candidat En marche et des enjeux locaux, tels qu’une forte insécurité (quartiers sensibles nantais, camps de Roms à Couëron…) et la fermeture prévue de plusieurs tranches de la centrale de Cordemais.

Pas moins de 19 candidats concourent sur la circonscription : Sylvie Boulé (SE), Hélène Dolidon (LO), Alain Parisot (UPR), Chantal Durand (DLF), Gwenvaël Duret (régionaliste), Michaël Protet (Parti animaliste), Martine Gourdon (La France Insoumise), Olivier Terrien (parti révolutionnaire communistes), Eleonore Revel (FN), Judith Leray (EELV), Dominique Norval (PRG), Régis Tersiquel (parti du vote blanc), Michaël Hervé (parti fédéraliste européen), Rozenn Hamel (LR), Anne-France Brunet (LREM), Robin Salecroix (PCF-FG), Karine Daniel (PS) et donc Pierre Sabattier (PCD), que nous avons rencontré.

Breizh Info : Pierre Sabattier, pouvez-vous vous présenter ?

Pierre Sabattier : J’ai 30 ans, je suis marié, père d’une petite fille. Catholique pratiquant, j’ai fait toutes les Manifs pour Tous, officielles et non officielles. Je suis chef d’une petite entreprise dans la vente alimentaire, j’ai un salarié.

Breizh Info : C’est votre premier engagement politique ?

Pierre Sabattier : Non, je me suis engagé en politique aux côtés du MPF en 2004 pour dire non au référendum européen. J’ai été candidat en 2012 pour une alliance du MPF et du CNI [centre national des indépendants et paysans, parti central sous la IVe république, et qui a beaucoup décliné depuis, se cherchant une place à l’UMP, à l’UDI, et aux côtés du MPF] près de Chartres où j’ai fait 0,23% avec très peu de moyens et de communication. J’ai découvert le PCD avec la candidature de Jean-Frédéric Poisson et j’ai adhéré en janvier de cette année.

Breizh Info : quelles idées entendez-vous défendre ?

Pierre Sabattier : La famille déjà. Je suis pour la réinstauration de l’universalité des allocations, l’arrêt des prélèvements à la source, l’abrogation de la loi Taubira, l’interdiction de la GPA et de l’euthanasie, bref, je suis plus proche de la fondation Lejeune que du Téléthon, vous l’aurez compris.

Breizh Info : la France connaît plus de 200.000 avortements par an (218.100 en 2015 dont 203.500 en Métropole) parmi lesquels les interruptions médicales de grossesse sont en très faible minorité (autour de 7000 par an). Qu’en pensez-vous ?

Pierre Sabattier : C’est complètement aberrant d’avoir 200.000 avortements par an en France, soit beaucoup plus que nos voisins européens. Je suis pour que la baisse des avortements devienne une cause nationale, qu’on arrête de proposer systématiquement l’avortement aux femmes en difficulté, qu’il y ait des structures d’accueil pour les mères qui souhaitent garder leur enfant.

Breizh Info : la Loire-Atlantique est un département où l’école catholique est bien implantée – près de la moitié des élèves du département scolarisés, plus de 100.000 élèves au total. L’enseignement catholique hors contrat se développe aussi ces dernières années (cours Charlier, institution Sainte-Catherine de Sienne, collège Saint-Martin de la Placelière), qu’en pensez-vous ?

Pierre Sabattier : J’ai été à l’Espérance en Vendée et fait la plus grande partie de ma scolarité dans l’enseignement catholique. Le développement du hors contrat catholique ne me dérange pas du tout. Les écoles catholiques sont de très bonnes structures d’accueil, qui fondent leur éducation sur le caractère particulier de l’enfant et non une vision globale comme le public.

Breizh Info : Votre circonscription connaît de gros problèmes d’insécurité, avec les quartiers sensibles nantais, mais aussi les camps de Roms installés notamment à Couëron. Quel est votre avis sur cette problématique ?

Pierre Sabattier : Il faut redonner à l’État et aux communes les moyens de se protéger voire de délocaliser les populations à soucis. A partir du moment où il y a des gens qui squattent, il faut les dégager. Exactement comme pour les zadistes, je suis pour qu’ils soient dégagés.

Breizh Info : Donc vous êtes pour l’aéroport ?

Pierre Sabattier : Je n’ai pas dit que j’étais pour l’aéroport.

Breizh Info : Quels sont vos espoirs ?

Pierre Sabattier : Etre au second tour bien sûr. Mais c’est une circonscription où Jean-Marc Ayrault a bien fait son travail de sape et qui est très marquée à gauche. Cela dit, c’est une circonscription où on porte des valeurs et où on peut donc se mettre d’accord sur des valeurs avec des gens qui sont LR ou même FN.

Breizh Info : Même FN ?

Pierre Sabattier : On travaille pour la recomposition de la droite, on ne peut le faire en excluant des gens. LR et FN sont divisés après la présidentielle, les souverainistes se cherchent, les gens de Sens Commun qui ont travaillé pour Fillon sont eux aussi mis de côtés, ça en fait du monde qui est perdu !

Breizh Info : Que pensez-vous de l’élection de Macron ?

Pierre Sabattier : Au mieux, on a cinq ans d’immobilisme, au pire cinq ans où l’État continue de s’enfoncer dans le même désastre que depuis 30 ans.

Breizh Info : Qu’avez-vous voté au second tour ?

Pierre Sabattier : Le Pen, pour que Macron passe avec le moins de voix possible. Et parce que je n’avais pas l’intention de donner mes voix à un inconnu. Puis, j’ai fait les Manifs pour Tous, j’ai été gazé, coursé, matraqué par les flics de Hollande, Macron était alors au pouvoir, il était complice de ça.

Breizh Info : Les mêmes policiers que vous voulez envoyer à Notre-Dame des Landes pour dégager les zadistes…

Pierre Sabattier : On n’est pas obligé d’envoyer les policiers à chaque fois qu’il y a des opposants, de commencer par gazer les gens avant toute discussion. Certes, il y a eu une consultation locale,  un résultat est tombé que les zadistes ignorent, eux qui font des grandes leçons de démocratie. En 2012 à Notre-Dame-des-Landes comme en 2013 avec la Loi Taubira, Hollande a attaqué directement. J’attends de voir ce que donnera la médiation lancée par Macron.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

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