Scandale des œufs contaminés : la réponse localiste

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Ça n’a échappé à personne, depuis plusieurs jours les médias nous ressassent en boucle, à côté des marronniers estivaux, l’affaire des œufs dit « contaminés » au fipronil.

Selon une annonce faite ce vendredi 11 août par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, il s’agirait pour la France de près de 250 000 œufs contaminés  mis sur le marché depuis avril 2017.

Le fipronil est un produit phytosanitaire aux effets insecticides, antiparasitaires et acaricides.

Le fipronil, pourtant interdit chez des animaux destinés à la consommation, a été retrouvé dans un produit antiparasitaire « falsifié », commercialisé sous l’appellation DEGA 16, utilisé dans plusieurs élevages de volailles aux Pays-Bas et en Belgique.

La société néerlandaise ChickFriend, spécialiste des désinfections d’élevages, et son fournisseur belge Poultry Vision, sont soupçonnés d’être à l’origine de l’utilisation du DEGA 16 (et donc de fipronil) dans des traitements contre des poux rouges sur des poules pondeuses.

17 pays seraient ainsi touchés par cette contamination.

Les Pays-Bas sont mis en accusation par la Belgique, qui selon cette dernière, seraient informés de ces pratiques peu conventionnelles depuis novembre 2016.

Le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis convoquera les pays membres de l’U.E touchés par le scandale pour une réunion en septembre. La rentrée politique s’annonce déjà sportive.

Voilà pour les faits. Place à la réflexion.

Depuis des mois le monde agricole français, et notamment en Pays Catalan, dénonce ce qu’il convient d’appeler, la concurrence déloyale. Et c’est bien dans tous les domaines d’exploitation que nos agriculteurs catalans sont à la merci de cette concurrence déloyale, que j’ai dénoncé lors des dernières législatives. Manque d’alignement des normes, dumping social (main d’œuvre à pas cher), marché inondé par les produits étrangers.

Nous le voyons, c’est toujours dans des objectifs de rentabilité que l’humain est sacrifié. Ici, avec le fipronil, on trafique les produits phytosanitaires, et cela depuis des mois. Nous observerons que le manque de réglementation commune à l’utilisation de ces produits entraine, d’une part la concurrence déloyale déjà citée plus haut, et fait encourir des risques, même mineurs à nos populations.

La grande distribution (secteur agroalimentaire et grandes surfaces) est la grande fautive. Toujours plus avide d’engranger des profits à une vitesse folle. Toujours plus économe en centimes mais pas en kilomètres en termes d’achat, situation paradoxale. Son diktat de la marchandisation, où les bêtes et les Hommes sont à équivalence avec une botte de carotte, nous mène à une cadence infernale, peu importe les dégâts collatéraux, le caddy de l’homo-economicus doit être rempli de « merde à pas cher ».

S’ajoute à cela la remballe et les conventions non respectées avec les agriculteurs, la coupe est pleine, pour celui qui veut la voir bien entendu, les autres la boiront sans broncher pour ne pas qu’elle déborde.

Je doute personnellement que ces secteurs daignent un jour vouloir changer la donne. Simplement parce que leur ADN, leur raison unique d’exister est tout simplement d’engranger du « fric ». Faire de l’agent, c’est la raison de tout commerce, nous sommes d’accord, mais pas à n’importe quel prix.

Le localisme vient ici répondre à une attente de plus en plus forte de la population. Le produire et le consommer local répondent à des exigences humaines (rapports de proximité, développement de l’emploi, conditions de de travail), sanitaires, écologiques, de préservation des terroirs, de continuité d’une tradition. Seulement il ne suffit pas de claquer des doigts pour que cette idée devienne une réalité économique. Le localisme doit être à la portée de tous. Il ne doit pas seulement être une mode de consommation réservée à des bobos friqués en manque de militantisme, ou à une élite militante alternative. La solution localiste doit être globale.

Quand on parle de localisme on a trop tendance à parler des consommateurs, rarement des producteurs. Dans le cas de l’agriculture, qui s’est déjà posé la question sur le fonctionnement d’une exploitation agricole ? Quels sont les moyens humains et matériels dont a besoin le paysan pour faire fonctionner son entreprise dans l’état actuel des choses, et quels seraient les besoins réels en cas d’une révolution localiste ? Le consommateur s’est-il déjà posé la question suivante : quand mon producteur est au marché pour me vendre ses œufs, qui est à l’exploitation pour faire tourner l’affaire ? Cet homme est-il seul pour faire tout ça ? Les besoins humains et matériels sont-ils suffisants pour garantir l’avènement d’un système économiquement localiste ?  En toute lucidité et dans l’état actuel des choses la réponse à cette dernière question est non.

Pour arriver au mode économique localiste, c’est une révolution agraire qu’il nous faut et un changement radical des habitudes de consommation.

Quant à ces œufs qui nous viennent des quatre horizons, renvoyez-les là d’où ils viennent. Nous avons en Pays Catalans d’excellents producteurs. Et si l’envie vous pique, et bien faites une foire à la volaille et renouez avec votre passé paysan en achetant des poules, car si certains se posent encore la question de savoir qui vient en premier, l’œuf ou la poule, il y a une chose qui est sûre, nous venons tous de la charrue ! A bon entendeur !

Llorenç Perrié Albanell

Président du mouvement régionaliste Resistència

Page Facebook Laurent Perrié :

https://www.facebook.com/perrie.resistencia/

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

2 Commentaires

  1. acheter local ce n’est pas difficile pour beaucoup d’entre nous – et pas de poules en camp de concentration (ni de fermes de mille vaches) – évidemment sur les grands centres, c’est plus difficile, mais possible – et pas d’oeufs made in ailleurs

  2. Les paysans et les marins pecheurs ont voté des deux mains pour le traité de maastritch (ya bon les subventions ont ils dit) ….Devilliers a l’époque les a mis en garde « vous ne serez plus maitre de votre destin » a t il dit ( ils se sont tous foutu de sa gueule et se sont endetté a fond ….les fermes se sont vendues a la bougie et les bateaux se désagregent sur les ronds points)

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