16/08/2017 – 07h15 Nantes (Breizh-info.com) – Sur les marchés des côtes françaises et bretonnes ou les grands marchés de Nantes, l’hiver (Talensac notamment, Américains), on voit furtivement, avant que les placiers ou la police municipale ne les chassent, des gens souvent âgés venir avec une carriquelle d’à peine un mètre de côté, sommée d’un parasol, vendre des bonbons des Vosges pour soi-disant nourrir les animaux d’un cirque.

Seulement « quand on les questionne, ils s’embrouillent et finissent par partir ; le nom du cirque est toujours différent, il est toujours dans une autre ville et quand on vérifie, ils racontent des craques », s’émeut Hélène, une de nos lectrices. Il n’y a en effet ni cirque, ni animaux – hormis les petits chats, chèvres naines ou cochons d’Inde qu’ils faisaient venir sur les marchés il y a quelques années, et qu’ils ont du retirer sous pression des associations de protection animale.

Dans le Nord, certains se sont faits passer pour des bénévoles de la SPA. Certains font aussi le tour des entreprises, en demandant au moins 30 € pour le lot de trois boîtes de bonbons des Vosges, d’autres se cantonnent aux rues et aux marchés, en demandant d’abord aux badauds s’ils aiment les animaux pendant qu’ils offrent un bonbon, puis en leur forçant la vente d’une boîte à cinq ou dix euros puisqu’ils en ont déjà croqué un.

« Il s’agit en fait d’un même réseau de forains qui fait cela toute l’année, sur tout le territoire », confie un policier nantais. « Ils n’ont souvent ni Kbis ni identité pour le fisc, qu’ils fraudent donc allégrement comme bien d’autres vendeurs à la sauvette. A Nantes, on peut aussi les voir rue de la Fosse. Juridiquement, ce qu’ils font, c’est de la vente à la sauvette, et comme il n’y a pas de cirque, c’est aussi de la vente à la fausse qualité », continue-t-il. La vente à la sauvette est punie, depuis 2011, de 6 mois d’emprisonnement et 3750 € d’amende.

Il s’agit tant de la vente sauvage dans les rues que de la vente sur les marchés sans autorisation du placier. Normalement, pour vendre sur les marchés il faut soit s’abonner auprès de la mairie (pour l’année, la saison, certains jours – les règlements et obligations diffèrent selon les communes), soit venir à l’heure du tirage au sort, présenter ses documents officiels (immatriculation au registre des commerces et des métiers, affiliation à la MSA pour les producteurs, agrément par les services vétérinaires du véhicule ou de la remorque, Kbis, carte de commerçant ambulant s’il y a lieu…), participer au tirage au sort des places et payer le droit de place. Un commerçant qui ne satisfait pas à ces obligations fait de la vente à la sauvette et peut être évacué par la force publique.

Nombre de nos lecteurs se sont émus de la présence de ces vendeurs de bonbons tous les mercredis et certains samedis d’été à Guérande, à la sortie des Halles du côté de la collégiale Saint-Aubin. « Non seulement ils s’inventent une place et ils distribuent des bonbons à dix mètres autour, ce qui est interdit, mais en plus certains essayent de troquer des marchandises », s’émeut un commerçant. « Certes, ça fait longtemps qu’ils viennent là, mais un type qui vole depuis dix ans n’en  a pas acquis pour autant le droit de voler à vie ».  Michèle, qui vient depuis des années sur le marché faire ses courses, trouve « honteux qu’ils ne sont pas chassés par la police municipale ou le placier, qui passent à côté sans rien dire; c’est en acceptant l’infraction de la loi au quotidien que les lois ne sont plus respectées du tout ».

Le marché de Guérande n’est pas en régie municipale – en juillet 2016 il a été affermé pour six ans et 120.000 € à la société Loiseau Marchés, qui dépend du groupe Cordonnier ; l’entreprise gérait déjà le marché depuis 2010, au grand regret des groupes d’opposition municipale. Elle gère aussi les marchés de Savenay et du Pellerin en Loire-Atlantique, et de Chantonnay en Vendée. Nous avons contacté la société, qui estime que « le placier n’est pas responsable s’il a demandé aux vendeurs de bonbons de partir et qu’ils ne se sont pas exécutés. Cependant il aurait dû faire appel à la police municipale ». Le placier lui-même nous a confirmé qu’il lui « arrive d’en apercevoir » et qu’il « ne savai[t] pas que c’est une ecroquerie. Je vais faire en sorte d’éliminer le problème. J’en ai vu aussi une fois à Pornic, mais pas les mêmes, qui vendaient cinq euros leur boîte de bonbons ».

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

1 COMMENTAIRE

  1. Après les flics et l’armée, voila que Breizh-info défend les services fiscaux français en Bretagne… comme c’est bizarre ;)

Comments are closed.