Loire-Atlantique : à peine un cambriolage sur dix est résolu par la police

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18/08/2017 6 07h00 Nantes (Breizh-info.com) – Les cambrioleurs peuvent continuer à opérer tranquillement. En 2016, seuls 1159 cambriolages sur les 10.400 recensés en Loire-Atlantique ont été résolus, soit 11.14%. Un chiffre révélé par nos confrères du Figaro en marge d’un article consacré à l’opération tranquillité vacances à Saint-Herblain (44). Ce chiffre a été établi par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).

Le vrai taux de résolution est encore plus bas, car un tiers des victimes ne déposent pas plainte, selon une estimation nationale du même service (10% déposent tout de même une main courante, ou renoncent à porter plainte une fois dans les murs du commissariat ou de la gendarmerie).

Un tiers des victimes de cambriolages ne déposent pas plainte, les deux tiers en cas de tentative

Et ce notamment s’il n’y a pas de dégâts apparents, ou si le préjudice est inférieur à la franchise de l’assurance – en revanche, si le préjudice est supérieur à 1500 €, 91% des victimes vont porter plainte, estimait le SSMSI le 19 juillet dernier.

Un tiers seulement des tentatives de cambriolages donnent lieu à des plaintes – et la moitié seulement lorsqu’il y a des dégâts, essentiellement pour faire marcher l’assurance si les dégâts sont supérieurs à la franchise. C’est le cas notamment lorsque des vitres sont brisées et qu’un élément extérieur (alarme, intervention d’un voisin…) a fait fuir les monte-en-l’air.

Vols et cambriolages concentrés dans les grandes agglomérations et leurs périphéries

De janvier à juillet 2017, 247.400 cambriolages ont été constatés, contre 243.500 l’année dernière. Sur les trois derniers mois, il y a eu 62.342 cambriolages selon les statistiques officielles, après une hausse continue depuis le second semestre 2016, interrompue seulement en janvier dernier. Il y avait en 2015 498 cambriolages par jour en moyenne – pour les seuls faits dont le jour de commission a été identifié avec précision, ce qui exclut tous les cambriolages déclarés par les gens qui reviennent de congés, par exemple. Au fur et à mesure, moins de cambriolages se commettaient le dimanche, et plus en semaine (mardi, jeudi et vendredi), notamment aux heures de travail. Sur l’année, les cambriolages connaissent un pic entre fin octobre et mi-janvier, ainsi qu’entre mi-juillet et le 10 août.

Le service statistique constate aussi que les cambriolages, comme les vols, se concentrent sur les mêmes territoires – à savoir les grandes villes et leurs périphéries densément peuplées. Plus l’agglomération est grande, et plus il y a de vols – mais leur nombre diminue un peu à Paris, qui bénéficie d’un maillage policier plus conséquent. En Loire-Atlantique les zones les plus touchées sont Nantes et son agglomération, le pays de Retz, l’estuaire avec l’agglomération Saint-Nazaire – La Baule, et les alentours la 2×2 voies Nantes-Rennes jusqu’à Nozay. Les marges rurales sont un peu plus épargnées.

Cambriolages, vols avec ou sans violence, vols de véhicules : Nantes jugée « très exposée »

Ces tendances sont d’autant plus inquiétantes que Nantes, avec Toulouse, Lille, Nîmes, Besançon et Genève fait partie des agglomérations « très exposées » aux cambriolages, alors que Saint-Nazaire et Brest – comme Lyon ou Marseille – ne sont jugées que « moyennement exposées ». Rennes et Vannes, comme Angers ou Strasbourg, sont elles classifiées comme « peu exposées ».

Nantes est aussi jugée « très exposée » pour les vols violents sans armes (avec Paris, Lille, Montpellier, Nîmes, Toulouse, Grenoble et Perpignan), pour les vols sans violence (avec Paris, la Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Nîmes, Marseille, Nice), pour les vols de véhicules (avec Lille, Paris, Grenoble, Valence, Marseille et Nîmes) et pour les vols dans et sur les véhicules (avec Lille, Grenoble, Valence, la Rochelle, Toulouse, Montpellier, Nîmes et Marseille).

Deux équipes de cambrioleurs arrêtées en flagrant délit dans l’agglomération nantaise

Ces statistiques peu encourageantes n’empêchent pas la police de faire son travail, avec l’aide bien souvent de voisins attentifs, à défaut d’être partout estampillés « vigilants ». Le 9 août, vers 23h20, la police se rend rue Petite Biesse sur l’île de Nantes, après que des voisins aient appelé : ils ont vu un individu sortir par une fenêtre du rez-de-chaussée avec un poste de télé sous le bras, puis rentrer à nouveau. Le voleur – accompagné de deux guetteurs – est interpellé alors qu’il vidait les tiroirs d’une commode. Tous trois sont âgés de 23 à 29 ans et déjà connus des forces de l’ordre. Le voleur a aussi été incriminé pour un autre vol commis peu avant dans la même rue, la victime, une femme âgée présente sur les lieux, l’a reconnu formellement.

Le 14 août vers 10 heures, après des appels de voisins qui signalaient des bruits suspects dans un pavillon de la rue Musset, à Saint-Herblain, la police interpelle deux des trois cambrioleurs surpris sur le fait. Ils sont âgés de 24 et 26 ans et déjà connus pour des faits similaires ; lors de son interpellation, le plus âgé se rebelle, donne des coups de tête dans la portière du véhicule de police, et blesse un des agents.

D’autres équipes continuent à tourner. Le 2 août dans la soirée, un habitant de la Geriais, un hameau  au sud de Besné sur l’ancien tracé de la RD773, surprend deux jeunes dans son cabanon. Ils sont vêtus de sweets à capuche, équipés de sac à dos et de lampes torches. Une étrange façon de faire du camping en Brière…

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

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