Catalogne. Quand Éric Zemmour s’inquiète pour la Corse et la Bretagne

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04/10/2017 – 11h45 Paris (Breizh-info.com) – Éric Zemmour est connu pour régulièrement défendre le jacobinisme à la française, rappelant souvent dans ses écrits et prises de paroles son attachement à l’assimilationnisme et à la République une et indivisible.

Les événements du weekend (lire ici) en Catalogne n’ont, sans surprise, pas échappé à celui qui tient une chronique quotidienne sur les ondes de la radio RTL. À travers un billet de trois minutes dans l’émission matinale On n’est pas forcément d’accord du mardi 3 octobre, Éric Zemmour pourfend l’indépendantisme catalan. Il met en garde par la même occasion contre une « propagation » du phénomène dans les territoires à forte identité de l’Hexagone.

« Pignon sur rue à Bruxelles » ?

Éric Zemmour s’en prend tout d’abord à la décentralisation, phénomène engagé il y a une vingtaine d’années dans divers pays européens, de façon très inégale toutefois. Ironique, il juge qu’à cette époque, « l’Espagne était donnée en modèle de démocratie, d’efficacité, de modernité ». Avant de poursuivre sur le même ton en considérant que ce pays fraîchement sorti du franquisme fût alors « un exemple à suivre pour nous autres, pauvres Français, engoncés dans un jacobinisme désuet ».

Puis le polémiste évoque le cas des Generalidades espagnoles, « ces énormes régions avec leurs pouvoirs étendus» qui « faisaient rêver les régions françaises » selon lui. La suite de l’histoire a démontré que le rêve n’est pas devenu réalité puisque les pouvoirs des régions françaises sont restés très limités. Surtout en comparaison des Generalidades ou des Länder allemands. Le « jacobinisme désuet » ironisé par Éric Zemmour semble donc toujours d’actualité.

Il aborde ensuite une supposée coalition entre ces grandes régions et les instances dirigeantes de l’Union européenne : « Elles avaient pignon sur rue à Bruxelles, qui leur accordait un statut de quasi État ». Bien que l’argument soit fréquemment repris par divers courants du nationalisme français craignant une fissuration de la République, la réalité des faits vient contredire la donne. Ainsi, lors du référendum sur l’indépendance en Écosse, la Commission européenne avait sérieusement mis en garde les Écossais. Et en s’intéressant d’un peu plus près aux relations entre la Catalogne et l’UE, la théorie d’un Bruxelles soufflant à pleins poumons sur le brasier catalan pour démembrer l’Espagne est sérieusement remise en cause.

« Le ver régionaliste » en France

Se tournant vers la situation en France, Éric Zemmour fustige « nos élites de gauche comme de droite, d’Alain Juppé à Martine Aubry ». Des élites qui auraient favorisé l’émergence de grandes régions et « ne jureraient que par elles ».  Avant de poursuivre son attaque contre le régionalisme : « Avec sa réforme constitutionnelle qui a fait de la France une nation décentralisée, Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, a mis le ver régionaliste dans le fruit national ».

Le journaliste du Figaro s’en prend ensuite aux conseils régionaux, et notamment leurs présidents. Ces derniers abuseraient de leurs pouvoirs selon lui : « Tous les présidents de région traitent les préfets comme des valets. Depuis le big bang de 1982, la décentralisation a provoqué une explosion des structures administratives et des dépenses« . Là encore, certains faits viennent contredire les affirmations d’Éric Zemmour. L’actualité a notamment prouvé récemment que l’autorité des préfets n’a jamais été réellement mise à mal (lire ici et ).

Corse et Bretagne dans le viseur

Inquiet pour l’avenir du vivre ensemble à la française, Zemmour s’alarme et annonce que « l’exemple espagnol écrit notre avenir si nous ne rebroussons pas cheminLa nature a horreur du vide. Le nationalisme catalan a remplacé le nationalisme espagnol dans le cœur des foules comme la langue catalane a remplacé le castillan sur les panneaux routiers et les livres d’école».

Éric Zemmour en vient enfin aux cas corse et breton en évoquant « les indépendantistes corses » qui « ont pris la région et parlent ouvertement d’indépendance » tandis que « les Bretons ont réussi à faire plier l’État central sur l’écotaxe ».

« Que dirons-nous aux Catalans français, aux Corses, aux Bretons, quand la Catalogne espagnole sera devenue indépendante ? », interroge-t-il en guise de conclusion.

Nul doute que l’évolution de la situation au sud des Pyrénées sera déjà un début de réponse.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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6 Commentaires

  1. Difficile de concentrer autant de mauvaise foi que dans votre article. L’UE a ouvert la boite de Pandore. Ce sont les faits. Les déclarations de principe ne donnent que le change. L’UE attend son heure. Dans tous les cas elle tirera profit de l’état affaiblit. Croire que l’autonomie régionale est viable est aveuglement. C’est au contraire le meilleur moyen pour d’autres pouvoirs de prendre le contrôle d’entités dont seule la prospérité les intéresse.

    • Quels faits ?
      La Bretagne est toujours divisé administrativement. Elle n’a aucune autonomie par rapport à l’Écosse, la Catalogne ou la Flandre. Sa langue s’éteint à petit feu et elle n’est pas officiel. Les Bretons se retrouvent remplacé par des extra-européens, des retraités parisiens ou d’autres Français fuyant l’immigration massive.
      Les faits sont que la Bretagne n’a jamais perdu autant son identité.

      Et il en va de même pour l’Alsace qui se retrouve perdu dans une nouvelle région artificielle.

      La mauvaise foi, c’est plutôt vous.

    • La Commission europénne n’a jamais remis en cause la primauté des états et elle le montre en ce moment. Elle l’a montré au moment du vote Ecossais (pour finalement voir le Royaune-Uni lui tourner le dos, quelle ironie!). Avide de pouvoir ce qui l’intéresse ce sont les pertes de souveraineté au profit de l’UE et non au profit d’entités infra-nationales qu’elle pourrait encore moins contrôler! Avec les représentations et le Comité des régions elle a simplement et timidement pris acte des structures décentralisées qui sont la norme en europe, l’état français étant plutôt l’exception. Les Länder allemands existent depuis 1949, les autonomies espagnioles sont le fruit d’un compromis pour éviter (déjà!) l’éclatement de l’Espagne après Franco. La dévolution britannique fut initiée par Tony Blair pour calmer et séduire Ecossais et Gallois. Quant aux tensions entre Flamands et francophones elles sont aussi vieilles que la Belgique. Tout cela n’est pas le fruit de l’UE!

       »Le nationalisme catalan a remplacé le nationalisme espagnol dans le cœur des foules  »
      Faux . Dans leur immense majorité les foules catalanes n’ont jamasi eu le nationalisme espagnol au coeur.

    • En ce moment je lis les commentaires sur ce site, entre une bretonne qui trouve qu’une mort n’est « pas grave » car il s’agissait d’une française et votre commentaire, vous ne donnez franchement pas une image brillante des bretons et de la bretagne….

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