UDB : Nil Caouissin a besoin d’être « informé »

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18/10/2017 – 06h50 Saint-Brieuc (Breizh-info.com) – Il n’est pas certain que les lecteurs du Peuple breton soient bien informés par leur mensuel favori. Car on y pratique souvent un journalisme imprécis.

C’est le cas dans la page réservée à l’UDB dans leur numéro d’octobre 2017. Dans une phrase vaseuse, Nil Caouissin, porte-parole de l’UDB, se contente en effet d’affirmer que « la réforme Valls – Hollande [a] finalement choisi le statu quo territorial entre les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire – laissant du même coup la Bretagne divisée administrativement ». Caouissin fait évidemment allusion à la loi relative à la délimitation des régions (16 janvier 2015) qui a inventé le « Grand Est » (Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine) mais maintenu la Bretagne (4) et les Pays-de-la-Loire en l’état.

Comme en politique il n’y a pas de miracle, le porte-parole de l’UDB aurait été bien inspiré en expliquant à ses militants et à ses lecteurs comment et pourquoi la Bretagne (4) a échappé à la fusion avec les Pays-de-la-Loire. On veut bien admettre que lui et ses copains n’apprécient pas Jean-yves Le Drian et souffrent d’une dose de sectarisme, mais la vérité historique s’impose à tous. Et cet épisode important – question de vie ou de mort pour la Bretagne –a été raconté par Hubert Coudurier dans son livre Jean-Yves Le Drian, le glaive du président (Plon, janvier 2017) ; nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer cet épisode.

Mais quelques mois plus tôt (novembre 2016), Benjament Keltz et Nicolas Legendre avaient également abordé ce point dans leur ouvrage Le phénomène Le Drian, enquête sur le plus influent des Bretons (les Editions du coin de la rue).

La page dans laquelle Keltz et Legendre développent ce chapitre de la vie politique de Le Drian mérite évidemment d’être relevée. Ne serait-ce que pour « informer » Nil Caouissin.

« Alors que François Hollande doit présenter le nouveau découpage le lundi 3 juin 2014, une course contre la montre s’engage. Les ministres et grands élus font pression auprès du président, dont le téléphone ne cesse de carillonner. Le vendredi, Jean-Yves Le Drian suit l’affaire depuis Singapour, où il est en déplacement. Le lundi, quelques heures avant que l’Élysée ne dévoile la carte finale des régions, il s’entretient avec Hollande en tête à tête. A ce moment, le président penche pour une fusion entre la Bretagne et les Pays-de-la-Loire. Finalement, l’ex-maire de Lorient obtient gain de cause. Il n’y aura pas de mariage entre les deux régions, chacun demeurant « célibataire ».
Le ministre de la défense a fait savoir que si la Bretagne était « diluée dans la réforme territoriale », il ne pourrait pas rester au gouvernement. « Je » n’ai pas fait de chantage , assure-t-il. Je n’ai pas dit à Hollande : « Si tu fais ça, je m’en vais. » Ce n’est pas mon genre. Mais je tire les conclusions  des situations : la Bretagne intégrée dans un Grand Ouest, ce n’est pas mon histoire. Si ça avait été le cas, je serai parti sans faire de drame, sans doute pas le lendemain matin mais au remaniement suivant. Pour être en accord avec moi-même. »
Résultat : la Bretagne n’est pas réunifiée, mais elle n’est pas fondue non plus dans le « Grand Ouest mou ».A posteriori, Jean-yves Le Drian voit le verre à moitié plein. Il affire avoir « mené un combat assez fort » pour éviter « la mort de la Bretagne ». 

Conclusion : « Aujourd’hui, être libre, c’est être informé » (devise du  Peuple breton).

Bernard Morvan

Photo : DR
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

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12 Commentaires

  1. Prétexte pour taper sur l’UDB.
    Exemple des conflits internes qui minent les mouvements bretons.
    Illustration de l’incapacité de la droite et de l’extrême-droite bretonnes à dépasser ce qu’elles reprochent à la gauche et l’extrême-gauche bretonne.
    S’il n’y a pas eu de fusion GO, c’est d’abord pour des raisons électorales : la Pédélie hors 44 étant irrémédiablement de droite, la situation électorale du PS étant déjà désastreuse, Le Drian a simplement eu peur pour son siège. Il dit lui-même qu’il n’a fait aucun chantage, quelle force de conviction !
    Quant à la menace GO, on peut aussi penser que devant le fait accompli, les Bretons auraient, peut-être, réagi. Voyez l’Alsace traditionnellement légitimiste qui se rebiffe.
    Quant au B4, il détruit tout autant insidieusement la Bretagne. Le Pays nantais est à une génération d’être perdu pour la Bretagne, ce qui signifie purement et simplement la mort de la Bretagne.
    N’en déplaise aux Bretons celtes de l’ouest qui n’ont aucune leçon à donner aux Bretons gallos de l’est, ces derniers ne sombrent pas dans un folklore mortifère.
    À l’exception, comme par hasard, de Rennes « Produit en Bretagne » et « Made in China », rouage essentiel de la partition.
    breizh-info a encore pondu un article minable pour dénigrer ce qu’il voit comme un concurrent.
    Que le Peuple breton puisse agir de la même façon ne change rien à l’affaire. breizh-info prouve son immaturité.

    • Les Bretons de l’est sont tout autant celtes que ceux de l’ouest. Le gallo par contre ne l’est pas, c’est une langue romane, donc étrangère, imposée par la guerre il y a bien longtemps. Regardez où se situe Rome sur une carte, Rome ne se situe pas en Haute-Bretagne.

      • Par celtes, j’entends descendants de moins de 3 générations de locuteurs d’une langue celtique. Disons, ceux qui ont un accent typique de l’ouest breton.
        Et encore, je suis large d’esprit, les seuls vrais celtes sont des locuteurs d’une langue celtique et sont donc extrêmement rare, les plus nombreux étant Gallois, largement devant les Irlandais et Écossais.
        Langues celtiques elles-aussi peut-être étrangères à une époque, peut-être imposée par la guerre il y a bien longtemps.
        Avant les Celtes, il y avait aussi un peuple le long de la façade atlantique dont on sait peu de choses mais qui nous ont au moins laissé les mégalithes. Et leurs gênes.
        Appelons-les les Atlantes pour le romantisme.
        Je n’ai aucune intention de vérifier mon patrimoine génétique mais pour le peu que je sache, je descends tout autant d’eux que des Celtes ou des Romains.
        Grand bien vous fasse de vous revendiquer uniquement celte mais c’est avoir une vision bien étriquée de l’héritage dont la Bretagne peut se revendiquer.

      • Tous les Autochtones d’Europe de l’ouest sont des Celtes. Tous ceux d’entre eux qui ont irrémédiablement perdu la langue de leurs ancètres sont condamnés à disparaitre tôt ou tard, y compris les autochtones de haute Bretagne. Les autochtones bas-bretons – les Bretons – peuvent quant à eux réapprendre la langue de leurs ancêtres, c’est à dire leur langue, sans grandes difficultés, et d’ailleurs ils le font de plus en plus. Pour les hauts-Bretons c’est impossible. C’est trop tard, il fallait vous battre pour elle au lieu de vous prendre pour des Romains comme des minables. Vos histoires abracadabrantes d’Atlantes et de sang romain sont typiques du complexe d’infériorité auto-destructeur des hauts-Bretons vis-à-vis des bas-Bretons. Vous imaginez des guerres fictives entre gentils « Atlantes » et méchants Bretons pour vous réconforter. C’est si pathétique. Les Romains à l’époque de l’Empire étaient à 99,99% des Celtes. Quand je pense que vous croyez que le sang de Romus et Romulus coule probablement dans vos veines à égalité avec le sang celte… Quelle monumentale ineptie. Typique des capacités de raisonnement limitées des bas-Bretons. C’est pour cela que l’on ne vous écoute pas. Qui voudrait suivre des perdants ?

      • Sinon, la projection de vos fantasmes, c’est intéressant ?
        À quel moment ai-je dit qu’il y avait de gentils Atlantes et de méchants Bretons ?
        Les mégalithes sont concentrés sur la façade atlantique, c’est un fait. Il n’y a pas de corrélation exacte entre ça et les territoires des Celtes. Les seconds sont peut-être (vous les lisez les peut-être ?) descendants des premiers.
        Reste que si vous rejetez une civilisation peut-être la plus brillante technologiquement de son époque, vous êtes débile à vous estimer supérieur à quoi que ce soit sous prétexte que ça ne correspond pas à vos mythes.
        Ce sont les hauts-bretons qui ont obligé les grands-parents des bas-bretons à abandonner leurs langues ?
        Où y a-t-il le plus d’apprentissage du breton aujourd’hui si ce n’est en Haute-Bretagne ?
        Quant à la Bretagne, elle n’existait pas avant Nominoë et le comte nantais (et franc, pardon) Lambert.
        Vous délirez totalement.
        Si vous pensez que les bas-bretons vont s’en tirer sans les hauts-bretons, vous êtes l’idiot utile de la France.
        Ces Bretons qui ont une vision étriquée de la Bretagne sont les premiers fossoyeurs de celle-ci.
        Le jour où les Nantais ne voudront plus partager un avenir avec les bas-bretons, vous êtes morts.
        Si vous n’êtes pas capable de comprendre ça…
        Et c’est pour bientôt. À cause de la France. À cause d’eux-mêmes. Mais aussi (et surtout ?) à cause de gens comme vous.

      • Carrément d’accord avec vous Mylène. Vous déchirez ! L’expérience des ducs de Bretagne issus du pays françois a déjà eu lieu, avec le résultat que l’on connait. Lorsque la Bretagne sera indépendante, il faudra obligatoirement que les haut-Bretons soient ravalés au rang de citoyens de seconde zone qui n’auront accès à aucune position importante dans la société. Il en va de l’avenir de la Bretagne. Un gallo, ça ferme sa gueule, ça obéit aux bas-Bretons ou ça dégage.

      • J’ajoute que les Gallois et les Bretons sont nés, entre autres, d’un certain conservatisme romain au Ve siècle.
        Rejeter l’héritage de Rome, c’est rejeter les Mabinogions, soit la plus brillante création culturelle que les Gallois et Bretons ont façonnés.
        Il faut être plus intelligent que ça.
        J’ai beau détesté l’Eglise catholique (des origines à nos jours), je serais un imbécile de rejeter ce qu’elle a apporté de positif à la Bretagne.

      • Non, la Bretagne Armoricaine a été fondée par des Tierns, selon un mode de gouvernement celtique et totalement étranger à Rome. Le droit Breton n’a rien à voir avec le droit romain. Les Bretons existaient déjà longtemps avant la période romaine, appelez-les les Britons si vous voulez, ça ne change rien. L’ile de Bretagne existait longtemps avant la fondation de Rome, et la Bretagne armoricaine n’en est qu’un prolongement ethnique, civilisationnel et géographique. De plus, 99% de la culture dite romaine sont des créations de la civilisation celtique attribuées faussement aux romains ; cottes de mailles, routes et j’en passe. Rome était une petite cité entourée d’Etrusques, de Celtes et d’autres peuples divers et variés. Prétendre que les habitants de l’empire romains descendaient de cette poignée de Romains comme vous le faites relève de la bêtise la plus crasse. Je parie que vous croyez encore au mythe des voies « romaines »… Ne pas rejeter le soi-disant héritage de Rome c’est devoir dégager de Bretagne à coups de pieds au cul pour retourner en lécher d’autres quelque part dans le sud de l’Italie.

      • Carnac, ce sont des Celtes ?
        Embrasser un héritage romain ne veut pas dire que l’on fait une hiérarchie forcément en défaveur de l’héritage celte.
        En quoi est-ce un problème de faire cohabiter les deux ?
        Parce que ça sous-entendrait s’inscrire dans une tradition classique de l’Histoire avec Rome comme fondement de tout ?
        Et bien non.
        Dépasser cette vision poussiéreuse, certes encore trop importante, ne veut pas dire s’inscrire en réaction.
        Vouloir élever la civilisation celte tout en l’excluant de la civilisation romaine que l’on dénigre dans le même temps, c’est justement rester esclave d’un certain mode de pensée.
        L’administration romaine a tenu le territoire de ce qui allait devenir la Bretagne pendant environ 500 ans. Certes, Carhaix n’est pas Narbonne, mais ce n’est pas la civilisation celte qui a permis la commande construction d’un aqueduc.

  2. Sur le cas le Drian, j’ajoute que le Peuple breton progresse puisqu’il y a 20 ans, il voyait en ce traître un amoureux de la Bretagne.
    La réunification viendra sans doute de Rugy. Ça sera dur à avaler pour les vieux de la vieille de la gauche ET de la droite bretonne qui ont été incapables de comprendre que c’est par un centre conservateur (c’est-à-dire écolo, même si Rugy a été bien obligé de trahir nombre de ses convictions) que la réunification passera.
    C’est d’ailleurs parce qu’il faut se rendre à une certaine évidence que la réunification est plus probable que jamais: la Bretagne n’est sans doute qu’une simple région française sans aucune autre identité qu’un folklore minable, totalement légitimiste.
    Le légitimisme breton est d’ailleurs tellement pathétique que la Seine-Saint-Denis deviendra vite l’horizon des rebelles en manque de cause.
    Combien d’enfants de militants bretons convertis à l’islam ? Une proportion sans doute étonnante s’il était possible d’étudier la question statistiquement. Mais que celui qui n’a pas d’exemple dans sa vie quotidienne ne doit pas connaître beaucoup de militants et leurs enfants.

  3. Une fois n’est pas coutume, je défendrai JYLD. Le Grand Ouest, c’est effectivement la dilution de la Bretagne, et ça veut aussi dire une grande région, mais économiquement intenable puisque le 44 et le 35 paieraient pour tout le monde (seuls départements excédentaires : la Vendée s’équilibre à peine, la Mayenne idem, les 49, 72, 29 et 22 plombent lourdement tout le monde).
    La Bretagne se serait aussi retrouvée avec des régions qui lui sont complètement étrangères tant historiquement qu’économiquement (Maine français = Sarthe, Saumurois, Anjou, sud-Vendée) et qui sont des périphéries non-intégrables, contrairement aux Mauges, au nord de la Vendée, à la Mayenne ou aux abords de Craon et de Segré.

    Politiquement, c’eut été intenable. Soit on retrouvait l’habituelle division gauche/droite avec un bloc 35/44/29 vieux-socialiste + alliés (UDB, Verts, FG, Modem) vs les autres, avec un risque de retrouver un sarthois à la tête de l’ensemble, soit on avait « la Bretagne contre les autres », c’est à dire en gros les milieux politiques et économiques de Nantes et de Rennes qui imposaient leur volonté aux autres, y compris au détriment des campagnes bretonnes etc.

    Il n’y avait pas non plus de projet fédérateur (l’aéroport de NDDL, ça ne suffit pas, pas plus que la LGV).

    Bref, c’est comme l’autre mariage raté (Centre, Poitou, Auvergne), c’est très bien comme ça.

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