Elles sont devenues un rendez-vous annuel important dans le monde maritime français. Pour la 13ème édition, les Assises de l’économie de la mer vont se tenir au Havre les 21 et 22 novembre prochains. En 2016, quelques 1 500 participants s’étaient déplacés en Normandie.

Édouard Philippe sur place

Hasard de la vie politique, le Premier ministre Édouard Philippe est également l’ancien maire du Havre. Il inaugurera ces deux journées par un discours au Carré des Docks. Les mauvaises langues arguent déjà que le propos du patron du gouvernement Macron risque de sonner creux. Depuis son arrivée à Matignon, Édouard Philippe s’est en effet taillé la réputation d’un personnage indécis et hésitant sur ses propres opinions. Son face-à-face télévisuel avec Jean-Luc Mélenchon lors de « l’Émission politique » du 28 septembre dernier sur la chaîne France 2 a mis en évidence cette absence de conviction. Un trait de caractère renforcé par une situation difficilement tenable entre des positions passées contradictoires avec le programme d’Émmanuel Macron (sur la PMA notamment). Les questions maritimes ne devraient donc pas être davantage tranchées.

Par ailleurs, c’est Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, qui clôturera les débats.

D’autres figures de la scène politiques seront également de la partie. Ce sera notamment le cas du breton François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, et d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Hervé Morin, président de la Région Normandie, fera aussi un passage.

Côté professionnels, Frédéric Moncany de Saint-Aignan portera la voix du Cluster Maritime Français. Le CMF est en effet l’une des associations majeures des acteurs du monde maritime puisqu’elle regroupe pas moins de 300 entreprises et fédérations professionnelles en France. Parmi ses membres, on compte notamment la Marine nationale, DCNS, CMA CGM, Maersk France ou encore l’armateur Louis-Dreyfus.

Brexit et EMR au programme

Plusieurs thèmes seront bien entendu abordés au cours de ces assises. Les énergies marines renouvelables et les secteurs pétroliers comme gaziers seront au cœur des débats. En cette période de troubles géopolitiques, les enjeux de la défense stratégique maritime seront présentés au public par l’Amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine.

Par ailleurs, Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins et Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries et d’Armateurs de France, interviendront également au Havre sur le sujet du Brexit et de ses conséquences.

Sur le terrain de l’innovation, c’est Rodolphe Saadé, directeur général de CMA CGM qui introduira la conférence. Les spécialistes du yachting et de la plaisance pourront notamment voir le navigateur Franck Cammas intervenir sur le sujet.

Attali, Paris et l’Outre mer

Enfin, les amateurs de formules chocs pourront assister à l’interview de Jacques Attali, auteur du livre Histoires de la mer, publié au mois de septembre dernier. Un livre dans lequel il donne sa formule pour faire de la France une puissance maritime :

« La France ne deviendra une grande puissance que si, d’abord, Paris devient un port. Et ce port ne peut être que Le Havre. Il faut donc que Paris se vive comme une ville portuaire, que la capitale comprenne qu’elle a tout intérêt, économiquement, socialement, culturellement, à s’inscrire dans l’axe Seine ».

Puis, après Paris, l’ancien conseiller de François Mitterand poursuit en misant cette fois sur les DOM-TOM :

« Par ailleurs, il faut valoriser l’immense espace maritime français, le deuxième du monde, avec 11 millions de kilomètres carrés; cela passe par une valorisation de son outre-mer, où tout se jouera. Bien des choses sont à y faire. On peut même y localiser des institutions nationales en charge de la mer; faire de La Réunion une étape dans la route chinoise vers l’Afrique; faire de Cayenne un des grands ports de l’Amérique latine, de Papeete une étape majeure dans le Pacifique, des Antilles un haut lieu du tourisme maritime écologique ».

La Bretagne dans tout cela ?

Après avoir déclaré en avril 2011 que la France devait être « un hôtel », voilà qu’à présent Jacques Attali veut en faire un port. Un port qui s’appuierait sur l’Île-de-France et l’Outre-mer… Les Bretons présents au Havre vont donc apprécier de faire partie du projet !

Mais, en se coupant du port de Nantes-Saint-Nazaire et sans réelle politique de développement, la région Bretagne a déjà tourné le dos en grande partie à son destin maritime. Elle lui a préféré une ligne TGV. Qui, grâce à Jacques Attali, trouvera enfin toute son utilité : conduire les marins bretons jusqu’aux docks parisiens.

Crédit photo : Wikimedia (cc)
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8 Commentaires

  1. «  »Et ce port ne peut être que Le Havre. Il faut donc que Paris se vive comme une ville portuaire, que la capitale comprenne qu’elle a tout intérêt, économiquement, socialement, culturellement, à s’inscrire dans l’axe Seine ». » »
    Formidable !!!!!!
    On découvre à Paris, dans les « beaux quartiers »… ce que les Hollandais et Allemands ont fait depuis plusieurs siècles!!!!!
    Formidable je vous dis!

    • N’est-ce pas ?
      Le plus désespérant étant que ce sont aujourd’hui des Mélenchon ou autre Attali qui reprennent des idées qui sont fondamentales dans l’emsav.
      Et de constater, encore, toujours, qu’une fois cette notion de primeur maritime intégrée, c’est pour Paris et par contre-coup, le Havre.
      Certes, sur la façade atlantique, le n1 ne peut-être que Bordeaux, grâce à la Garonne. Nantes n’a rien de valable en amont qu’un cours d’eau bon à arroser vignes et légumes et pour se balader. Brest reste trop excentré par rapport aux infrastructures existantes mais avec un fort investissement, elle pourrait être une plateforme de stockage sur la façade atlantique, bien que le Brexit fasse de cette idée encore plus un rêve, reste qu’avec la moitié des marchandises planétaires lui passant sous le nez, rien que quelques miettes seraient mieux qu’aujourd’hui. Reste qu’avec une vraie volonté (autonomie) et synergie entre tous les ports bretons, la Bretagne serait n1 en France.
      L’idéal serait d’étudier une activité de transports de marchandises par cours d’eau, notamment par le canal de Nantes à Brest. Enfin, je dis idéal, je n’en sais rien, le Canal de Bretagne est peut-être vraiment sous-dimensionné et nécessiterait des travaux trop destructeur de l’environnement ? Mais du moins, l’envisager comme moyen annexe de transport sur du circuit court.

  2. Qu’est-ce qu’il fait encore ici ATTALI ?
    Il avait dit que pour l’intérêt de la France les retraités ne devraient pas dépasser les 65 ans. Alors lui, qui a déjà bien dépassé l’âge limite, c’est quand qu’il se suicide ???…..

  3. Au moins , Attila parlait grec et latin , il nous a apporté la choucroute ! Quant à son héritier , Attali , chaque fois qu’on lui confie une responsabilité , il déclenche un cataclysme : ainsi , en 2008 , la crise des subprimes: http://www.claudereichman.com/articles/martoiamareenoire.htm
    En 2012 , il a récidivé , à telle enseigne que Philippe BAS , le Président de la Commission des lois du Sénat , a déposé un rapport , le 4 avril , et une proposition de loi , le 18 juillet 2017 , pour empêcher l’explosion de la justice . Alors , qu’il se taise ! Mais qu’il se taise !

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