13/12/2017 – 06h00 Cholet (Breizh-info.com) – Si le marché de Noël de Nantes aligne un véritable musée des prix gonflés et des entourloupes commerciales plus ou moins légales, toutes les villes ne font pas le même choix. Ainsi, à Cholet sur la place Travot, au cœur de la ville, il y a un marché de Noël plus petit, mais nettement plus authentique.

Installé du 1er au 24 décembre, il ouvre de 11 à 19h du lundi au jeudi, de 11 h à 20h le vendredi et de 10 à 20h le week-end. Premier bon point : il n’y a qu’un endroit pour trouver du vin chaud, il est à 1.50 € le gobelet et c’est au bénéfice des Restos du Coeur. A Nantes, c’est 3 € minimum et les baraques abondent. Juste à côté, le manège est gratuit, offert par la ville – tout comme dans les quartiers de la ville (le planning est sur le site de la mairie). La ville met aussi le paquet sur les animations – seize spectacles de rue autour de la place Travot et six représentations de la crèche vivante, faites par une centaine de bénévoles, les 16, 17 et 22 décembre à 17h30 et 18h30.

Ici, on ne voit pas de prix outrageusement gonflés comme c’est le cas à Nantes. Même les lampes diffuseurs de parfums (29€ pièce) coûtent comme sur le web (29.90€). Il y a une explication simple : « je paie mon stand 450 € », nous explique un des commerçants, qui a un chalet de cinq mètres. A Nantes, c’est dix fois plus.

Une sélection solide semble aussi être à l’oeuvre puisqu’on ne trouve pas de vendeurs de fromages à la coupe et un seul vendeur de saucissons seulement, qui vent d’ailleurs à Cholet même et dans les environs. Ces saucissons industriels catalans, issus des salaisons Olesa, ont du reste une recette un peu plus proche de l’original que les saucissons Keesbo qu’on trouve ailleurs (notamment à Nantes), même si les tarifs sont semblables, de l’ordre de 60 centimes TTC la saucisse (fuet) et 88 centimes d’€ TTC le saucisson pour Keesbo. La revente en lots (4 saucissons pour 10€) permet aux commerçants une bonne marge, sans être tout à fait outrageuse.

Pour les biscuits au miel, c’est à la fois plus avantageux et plus local de venir à Cholet. Les décorés coûtent 1€ pièce, les sachets de biscuits artisanaux de 150 grammes sont vendus 3.50 € pièce, et ils sont produits au Pallet, chez Sweet Roll, dans le Vignoble nantais. L’information du consommateur est à la hauteur puisqu’une affiche indique clairement que les biscuits contiennent du gluten, de l’oeuf et du lactose.

Idem pour les chocolats : on y trouve des « mouchoirs de Cholet », des carrés goûteux de pâte d’amande aromatisée à l’orange avec un praliné fondant aux amandes et noisettes, enrobés de chocolats rouges. Sur le même stand, on trouve des « quernons », des carrés de chocolat aussi, mais bleus, comme l’ardoise d’Angers. Hors du marché de Noël, Cholet compte d’ailleurs deux autres chocolateries qui méritent le détour, Artisan passionné, 150 rue Nationale, et Bagiau, 46 rue du Commerce, juste au nord de l’église Notre-Dame, avec le cholon, sa spécialité depuis plus de quarante ans, qui rappelle elle aussi le symbole du mouchoir de Cholet.

Même les bouillottes en lin sont moins chères sur le marché de Noël que sur les sites du fabricant. Ainsi, la bouillotte éco-conseil en blé issu de l’agriculture biologique coûte 21.90 € TTC sur le site du fabricant… et 20€ sur le marché de Noël (36 € les deux). Les chaussons chauffants, fabriqués en France, sont en revanche moins chers en ligne : 24.90 € sur le site du détaillant contre 30€ au marché de Noël. A défaut du fabricant, le vendeur est local, puisque la société Eco-Conseils est basée à la Tessoualle, une commune de la banlieue sud-est de Cholet, en limite des Deux-Sèvres.

D’autres stands peuvent être encore signalés : celui d’O péché mignon, qui vend des savons – de 2 à 5€ – et qui est aussi une boutique basée au 7 rue Bretonnaise, en ville. Et un stand de vente d’objets artisanaux, notamment des fourchettes customisées, des colliers et des abats-jours (de 29€ pour 20 centimètres de diamètre à 59€ pour 40 centimètres de diamètre). L’exemple de Cholet donne la voie à la mairie de Nantes : il est possible de faire un marché attractif, artisanal, abordable et honnête surtout sans tomber dans l’attrape-touristes systématique. Mais faire un événement bon marché serait-il devenu un gros mot pour la municipalité  nantaise  ? Au risque qu’elle devienne le soleil couchant de la bobocratie en plus d’être celui du socialisme municipal.

Louis Moulin

Crédit photos : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine