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25/01/2018 – 08h00 Brest (Breizh-Info.com) –Le nombre de victimes d’intoxication au monoxyde de carbone a de nouveau augmenté en France en 2017.
La campagne « Un Cri d’Alarme » campagne de sensibilisation sur les dangers du monoxyde de carbone qui a été lancée en France en 2016 par de nombreuses victimes et ambassadeurs (Président de l’Association des brûlés de France, Sapeurs pompiers, médecins etc…) est donc relancée afin de rendre obligatoires les détecteurs de monoxyde de carbone dans les foyers, loi existant déjà en Angleterre depuis 2015.
En France, la loi Morange rend obligatoire l’installation – à la charge des particuliers ce qui constitue un frein nécessairement – dans chaque foyer d’au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF), pas d’un détecteur de Monoxyde de Carbone (les deux appareils sont totalement différents et ne se placent pas au même endroit dans une pièce).
Les dangers du monoxyde de carbone
Chaque année en France, le monoxyde de carbone, appelé aussi CO, est responsable de l’intoxication de plusieurs milliers de personnes en France, mortelle dans une centaine de cas (1). Ce danger permanent s’aggrave durant la période de chauffe, du 1er sept au 1er mars. Cet hiver, 477 signalements ont déjà été transmis au système de surveillance, impliquant 1 677 personnes dont 994 ont été prises en charge par un service d’urgence hospitalier alors que la période de chauffe n’est pas encore terminée (2).
Au cours de la période de chauffe précédente, 454 signalements avaient été rapportés au système de surveillance impliquant 1 521 personnes exposées dont 993 transportées vers un service d’urgence.
Ce gaz demeure toujours la première cause de mortalité par intoxication en France.
Ambassadeur du projet « Un cri d’alarme » le commandant Stéphane Boubet du SDIS 78 explique : « Nous ne connaissons pas le monoxyde de carbone dans notre société française, cela représente plusieurs milliers d’interventions pour nous. Un détecteur, c’est bien moins cher qu’un téléphone portable. Pourtant aucune loi n’impose que nous ayons tous un mobile personnel. Il est nécessaire que la population française puisse se protéger».
Si l’habitation ne possède aucun appareil à combustion, le détecteur de monoxyde de carbone peut être utile et sauver des vies quand même. M. Christophe Solar ambassadeur de la campagne Un Cri d’Alarme en témoigne : «Deux amis ont voulu fumer une dernière cigarette assis sur le canapé et le foyer de la cigarette est tombé entre les deux coussins du canapé. Le tissu s’est consumé doucement, sans aucune flamme. Malheureusement, cela a suffi à produire une concentration mortelle de monoxyde de carbone, et mes deux amis sont décédés. L’un d’eux a été retrouvé la main accrochée à la fenêtre… Il aurait voulu l’ouvrir mais n’a pas réussi. Ils laissent derrière eux trois et deux enfants ».
Les effets du monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Il se diffuse très vite dans l’environnement et peut être mortel en moins d’une heure. L’intoxication au monoxyde de carbone se produit après l’inhalation de ce gaz, issu de la combustion des matières organiques dans des conditions d’apport insuffisant en oxygène, ce qui empêche l’oxydation complète en dioxyde de carbone (CO2). Le monoxyde de carbone provoque l’intoxication en se fixant sur les globules rouges (via la respiration et les poumons) et en empêchant ces globules de véhiculer correctement l’oxygène dans l’organisme.
Maux de têtes, nausées, vomissements, sont les symptômes qui doivent alerter. Si ces symptômes sont observés chez plusieurs personnes dans une même pièce ou qu’ils disparaissent hors de cette pièce, cela peut être une intoxication au monoxyde de carbone. Dans ce cas, il est nécessaire d’aérer, d’évacuer le lieu et d’appeler les urgences en composant le 15 ou le 112.
L’appel à une loi pour diminuer le nombre de victimes du CO comme en Angleterre.
En France, en 2015, la loi Morange initiait une meilleure sensibilisation de la population aux incendies domestiques. A l’origine, une proposition de loi complémentaire avait été déposée au Sénat, par un sénateur-maire du Val de Marne, M. Christian Cambon, qui avait eu à déplorer quelques mois plus tôt le décès par intoxication au CO de deux enfants de sa commune. Cette proposition avait été rejetée. Pourtant chaque année, depuis l’entrée en vigueur de la loi Morange, 200 vies sont sauvées grâce aux détecteurs de fumée (3), soit 25% de victimes en moins.
Au Royaume Uni, des lois imposent déjà l’équipement des logements en détecteur de monoxyde de carbone. En Angleterre, depuis octobre 2015, un propriétaire-bailleur privé doit s’assurer pour toute location résidentielle qu’un détecteur de monoxyde de carbone est installé dans chaque pièce d’habitation renfermant un appareil à combustible (en complément d’un détecteur de fumée présent à chaque niveau du logement). De même, depuis 2012, en Irlande et en Ecosse, les normes de construction imposent un détecteur de CO pour toute nouvelle installation ou remplacement d’appareil fixe à combustion (à l’exception des cuisinières). Cela comprend tous les appareils à combustion : à gaz, pétrole, huile, charbon ou bois. Au Pays de Galles, une norme similaire est en vigueur depuis 2010, s’appliquant à l’installation ou au remplacement des appareils à combustibles solides exclusivement.
Les résultats sont probants. L’Irlande, par exemple, ne recense en moyenne que deux décès par intoxication au monoxyde de carbone chaque année. En Angleterre et au Pays de Galles, depuis les premières normes de 2010, le nombre de décès a diminué de plus de 35% passant de 75 en 2011 à 48 en 2015 (4).
1. Source INPES – Personnes ayant signalé une intoxication auprès d’un organisme de santé uniquement
2. Bulletin du réseau de surveillance des intoxications au monoxyde de carbone au 26 décembre 2017 & Bilan 2017_2018 : Santé Publique France INVS
3. Chiffre donné par le Ministère de l’intérieur en Janvier 2017
4. Office for National Statistics (GB) 13 march 2017
Crédit photo : DR
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