Enquête Notre-Dame des Landes : l’ACIPA se dissocie-t-elle de Copain 44 ?

A LA UNE

Nos enquêtes sur la face cachée de la contestation paysanne (premier volet et second volet) qui relatent les manoeuvres, les pressions sur certains paysans et les enjeux de pouvoir autour des terres de l’ex-ZAD de Notre-Dame des Landes ne sont pas passées inaperçues.

Un des projets que Copain 44 voulait imposer sur les 20 hectares d’un paysan de Notre-Dame des Landes qui y était opposé a été abandonné et nous avons reçu le témoignage d’un membre de l’ACIPA – qui souhaite rester anonyme lui aussi – qui témoigne d’une cassure nette au sein du mouvement au sujet des prises de terres faites par Copain 44 et la Confédération paysanne. Une prise de position historique qui, si elle se confirmait, marquerait aussi la fin de la coordination paysanne contre l’aéroport.

Willem Doedens et la Confédération Paysanne se justifient

Dans le Paysan nantais de mars 2018 – il s’agit du mensuel diffusé par la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, on trouve un long interview de Willem Doedens qui témoigne d’une certaine nécessité de la Conf’ de se justifier quant au profil de ses « protégés » sur la ZAD. Willem, installé à Saint-Jean du Tertre depuis 2014 sur 14 hectares jusque là exploités par le GAEC du Sillon à Saint-Etienne de Montluc, élève 23 bovins dont 10 vaches laitières ; la plupart, ainsi que son matériel, lui ont été donnés par des paysans de la Conf’. Il ne paie pas de fermage ni de loyers, mais est inscrit à la MSA.

Il revient sur son profil – enfance dans une ferme du Trégor, études d’histoire, BPREA au Rheu – il explique avoir commencé par être salarié « plus d’un an chez Gérard et Odile Monnier à Saint-Lumine de Coutais. Gérard m’a proposé d’assister aux réunions de COPAIN à sa place et j’ai plongé dans la lutte anti-aéroport jusqu’au cou ».

Saint-Lumine de Coutais étant dans le pays de Retz de l’autre côté du département, à 56 km de Notre-Dame des Landes, cela confirme l’ancrage parfois très lointain des membres du collectif Copain 44 qui venaient – comme l’a expliqué dans nos colonnes un paysan de l’ex-ZAD – faire la leçon aux paysans dans leurs fermes et leur annoncer l’occupation de telle ou autre de leur parcelle. La ferme d’Odile et Gérard Monnier est aussi l’une des six associées des Paysans Fromagers nantais, avec des trois fermes de Plessé, une à Bouvron et une à Campbon (Riglanne) où se trouve la fromagerie.

« Dès le début ma venue à la ZAD était motivée par la certitude que l’aéroport ne se ferait pas et qu’il y aurait des fermes à reprendre », explique Willem Doedens. « Sachant cela, des responsables de l’ACIPA nous ont mis en relation avec des propriétaires de la ferme de Saint-Jean du Tertre qui étaient expropriés pour qu’on occupe les lieux ». L’article laisse entendre que William a eu leur accord – sans le dire tout à fait.

« Cela m’étonnerait beaucoup venant d’eux », nous informe cependant un paysan originaire de Notre-Dame des Landes. Après cela, Willem a fait son stage chez Sylvie et Marcel Thébault, au Liminbout, juste à côté, et « ce stage a débouché sur mon installation comme exploitant agricole le 1er janvier 2016 sur un site 100% squatté. Ce n’est pas en passant par la Chambre [d’agriculture] que le projet se serait concrétisé ».

Il donne des informations sur sa ferme – « 35 ha dont 15 labourables et 10 ha supplémentaires fauchés hors ZAD. Micka, qui est paysan-boulanger, vient s’installer sur le site et donc on doit trouver des terres cultivables supplémentaires, au moins une vingtaine d’hectares ».

Une trentaine de personnes liées à des projets agricoles sur l’ex-ZAD

Mais aussi sur les autres installations agricoles sur la ZAD : « aux quatre fermes historiques s’ajoute la notre, puis le groupe qui s’occupe des vaches à la ferme de Bellevue [et fait des produits au lait cru revendus au black  sur le « non-marché » de la ZAD ou de la main à la main, sans disposer de patente d’ailleurs, ni avoir eu de contrôle d’hygiène], deux troupeaux ovins et un autre en projet [abandonné, sur les terres de Yves Auger tout au moins], une demi-douzaine de jardins maraîchers […] un paysan-boulanger, un paysan-brasseur, des paysans-herboristes en cours d’installation ». Sans oublier « des groupes qui se constituent pour une saison culturale autour d’un légume ou d’une légumineuse ». De tout ce monde, « une demi-douzaine sont inscrits à la MSA et ont des débouchés marchands, les autres fonctionnent sur le volontariat et la vente à prix libre ». Au noir donc, sans aucune déclaration, ni auprès des instances agricoles, d’hygiène ou du fisc.

« Tous ces projets mobilisent une trentaine de personnes », précise encore Willem Doedens. Si bien que les autres occupants de la ZAD – 250 personnes dont une minorité radicale allant de 60 à 100 personnes opposée à la réouverture de la RD281 en particulier et aux négociations avec l’Etat en général – n’ont pas de projet agricole sur place et pourraient donc être la cible d’une « expulsion ciblée » telle qu’annoncée par l’Etat mi-janvier dernier et confirmée depuis la Préfecture.

Il reconnaît aussi « les comportements de concurrence face au foncier, les terres cultivables font l’objet de convoitises en interne ». Car, s’il attend « de nombreuses installations en élevage bovin ou ovin, le nombre de projets en maraîchage et cultures va forcément être restreint par la réalité agronomique ».

Surtout si ceux qui ont les meilleures terres et que les zadistes ont essayé de faire déguerpir, comme Guy Lamisse, les reprennent. Auprès de la préfecture, 23 propriétaires et exploitants ont déjà fait valoir leur « droit au retour » ; les quatre qui ont continué à exploiter récupéreront leurs terres d’ici trois à six mois, les autres d’ici « un peu plus longtemps », a annoncé la Préfecture.

Un membre de l’ACIPA : « vos articles comportent il faut bien l’avouer un certain nombres de vérités dérangeantes »

Nous avons aussi reçu une réaction – assez longue – d’un membre de l’ACIPA au sujet de nos enquêtes. Qu’il semble avoir appréciées : « permettez moi de vous féliciter malgré tout pour ce travail de fond rare sur un sujet très complexe au sein de la lutte, vos articles comportent il faut bien l’avouer un certain nombres de vérités dérangeantes pour beaucoup à Notre-Dame à l’intérieur comme à l’extérieur du mouvement (et plus encore sur l’ex zad) ».

Cependant il critique le « manque de moralité de ces exploitants se disant pour la plupart contre l’aéroport comme contre l’ex zad mais qui n’ont jamais posé la moindre action même à distance permettant à ce mauvais projet d’être abandonné (même et surtout de manière légale d’ailleurs), sans parler de l’ambiguïté pitoyable de la Fnsea 44 pourtant adversaire du projet ».

Le lien de confiance entre l’ACIPA et Copain 44 a été « brisé » : c’est la fin de la coordination anti-aéroport

Au sujet des accaparements de terres faits par le collectif Copain 44, très proche de la Confédération Paysanne, dénoncés par certains agriculteurs, il réagit  et s’en distancie: «  Même si la tendance actuelle de Copain est malheureusement proche de cette idée (et que je rejette comme l’Acipa qui ne peut cautionner des actions illégales illégitimes de vol de terres ; l’Acipa n’a d’ailleurs -comme pour l’occupation de la zad- jamais publiquement appelée à occuper des terres, ce n’est ni son rôle ni sa volonté) ».

Cependant pour lui «  il est néanmoins malhonnête d’attribuer à Copain des prises de terres passées autre que celle de l’automne 2017 », et ce bien qu’elles ont été clairement revendiquées et défendues par des membres du collectif qui ont fait le tour des exploitants concernés, comme certains s’en sont émus dans nos colonnes.

Cependant, au sujet de ces prises de terres à l’automne 2017 – notamment à l’est de la ZAD, il revient sur cet « épisode qui a brisé la confiance entre l’Acipa et Copain 44, nous n’avons pas cautionné c’est le moins qu’on puisse dire la prise d’une parcelle alors que nous avions eu des garanties qu’aucune action de ce type n’arriverait ce qui n’a pas été le cas) ».

Autrement dit, Copain 44 semble avoir été lâché par l’ACIPA sur ce sujet, il est vrai brûlant localement. Si bien que cette prise de position est historique – elle sonne la fin de la coordination paysanne contre le projet d’aéroport, et donc de l’ancrage local du mouvement anti-aéroport. D’ailleurs notre source enfonce le clou, en brocardant « l’attitude désastreuse de Copain 44 ces derniers mois, en rupture claire avec l’Acipa et l’Adeca ».

Ne reste donc plus que la politique – opposition au « monde bourgeois » pour les zadistes « irréductibles » qui cherchent à bâtir une « zone d’autonomie durable » (ZAD) hors-sol où qu’ils soient, à Notre-Dame des Landes, Sivens, Bure ou l’université de Nantes, souvent sans aucun souci de l’opinion des habitants du cru – comme le démontre leur volonté de maintenir mordicus la RD281 fermée –, volonté de se constituer un espace hors du droit commun agricole dont ils ont le contrôle pour la Confédération paysanne et ses satellites (Copain 44, GAB 44…), conversion du mouvement en voix pour les élus ou ceux qui aspirent à le devenir (EELV, La France Insoumise), aspirations au retour à la normale pour les riverains… Passé l’élan militant et le goût de la victoire, ne restent guère que les dissensions et l’amertume de ceux qui pensent avoir été utilisés pour l’intérêt des autres et qui se disent « on ne s’est pas battus pour ça ».

« Nous nous sommes battus pour que la ZAD ne parte pas en friche »

Notre source justifie néanmoins les prises de terres : « Nous nous sommes battus ainsi pour éviter que la zad ne parte en friche du fait en partie du manque d’entretien de la part de la majorité des nouveaux habitants de l’ex ZAD». Il critique au passage l’association des paysans légaux, l’AMELAZA : «  la volonté des agriculteurs de l’Amelaza (dont la composition du bureau est très instructive à ce titre, bureau qui ne semble réunir pour l’instant qu’une majorité des membres de cette micro association), qui témoignent dans vos articles, de laisser la zone se dégrader alors qu’ils « reviennent » aujourd’hui à la charge pour de sombres raisons stratégiques à mon sens en réclamant à présent la jouissance de terres qu’ils n’ont plus désiré entretenir depuis des années ».

Pour elle, « D’autres terres non en friches ont été reprises là aussi à l’amiable pour permettent l’installation de nouveaux paysans comme à Saint jean du Tertre et ainsi éviter que l’ex zad ne reste une vaste zone anarchique sans projets et donc sans avenir pour le territoire ». Bref, les occupations de terres ont été faites « pour des raisons d’entretiens (aussi stratégiques bien entendu) du bocage ». Et « il n’y a pas eu de vol de terres en tant que tel ».

Le membre de l’ACIPA dément aussi des pressions sur les agriculteurs, dont nous avaient parlé certains témoins : « beaucoup de rumeurs infondées du type « mafia qui vient menacer des agriculteurs avec des battes de base ball » seraient risibles si elles n’étaient tout simplement pas graves, pitoyables et pathétiques, je n’ai bien entendu jamais eu vent de tels comportements ». Tout comme « les assertions du type chantage « 30 fermes qui vont couler si on laisse faire » sont tout aussi ridicules et minables », assène-t-il. Il dément encore que l’installation de Willem à Saint-Jean du Tertre ait été imposée : « l’installation de Willem à Saint Jean du Tertre ne s’est pas faite violemment mais au contraire bien à l’amiable (ce qui ne veut pas non plus dire de gaîté de cœur pour les anciens exploitants) ».

Le membre de l’ACIPA met aussi en avant des raisons morales qui témoignent aussi d’un clivage profond entre les paysans qui ont rejoint l’AMELAZA pour reprendre leurs terres et s’opposer aux réquisitions opérées par les zadistes ou la Confédération Paysanne, et d’autres qui n’ont pas franchi le pas : « où est en effet la moralité à vouloir garder des terres voir à faire une bonne affaire foncière en les récupérant à moindre frais tout en n’ayant payé aucun fermages dessus (contrairement à d’autres qui ont toujours provisionnés leurs fermages malgré les baux précaires) pendant des années grâce à l’épée de Damoclès d’un projet d’aéroport bien commode ? », s’interroge-t-il.

Confédération Paysanne et LFI vs. FNSEA : un combat paysan et surtout politique

Il continue : « A mon sens c’est déjà pas mal qu’ils puissent candidater à l’avenir pour le rachat ou la reprise de ces terres qui ne sont plus à eux (puisqu’ils ont acceptés l’indemnité d’éviction) en étant non prioritaire (contrairement aux historiques n’ayant pas acceptés l’éviction ou l’expropriation », assurant que « la préfète est sur cette ligne ». Et voit derrière ces dissensions… la politique, encore elle : « il y a surtout un combat politique et syndical très clair de la Fnsea contre la Confédération Paysanne ».

Ce qui n’est pas incohérent : les structures légales sont contrôlées par la Chambre d’Agriculture où la FNSEA est majoritaire, et la Chambre refuse fermement que les terres de l’ex-ZAD soient gérées par « une instance issue de la lutte » dont les clés seraient automatiquement à la Confédération paysanne, maîtresse du sort des terres, de leurs occupants et des possibilités ou non de s’installer sur l’ex-ZAD. C’est aussi cette dernière organisation qui a installé les personnes qui prétendent à un projet paysan sur la ZAD – ou l’ont démarré – et les a accompagnés, par des stages, dons de matériels ou d’animaux.

Au-delà de l’aspect légal se joue aussi un combat politique : assez investie dans la cogestion avec le politique, la FNSEA est réputée de droite – mais est surtout insérée dans le système, quelle que soit l’étiquette du dirigeant, tandis que la Confédération Paysanne (Conf’) se dit anti-système et proche de la gauche militante. Voire de la France Insoumise. Vice-présidente des élus doutant de la pertinence du projet d’aéroport et ancienne maire de Bouguenais, Françoise Verchère a animé le meeting départemental des candidats aux législatives de la France Insoumise en 2017 et contribué au livret de la France Insoumise sur l’intervention populaire et citoyenne.

Addendum : suite à la parution de notre article, nous avons reçu un message de Françoise Verchère, que nous publions ci-dessous puisqu’elle est citée dans l’article :

 Je viens de lire votre article sur la situation de la Zad tout à fait intéressant mais je souhaite vous faire une petite remarque puisque j’y suis citée essentiellement sur l’aspect politique de votre papier. Je passe rapidement sur le fait que je suis co-présidente avec le maire de NDDL du CéDpa et non vice-présidente ( ce n’est pas capital !)  je suis présentée comme militante active de la France Insoumise, comme si c’était important dans l’affaire NDDL. Or ce n’est pas le cas.  j’ai d’ailleurs souvent été présentée comme « conseillère générale Front de Gauche » alors même que j’avais été élue sur mon seul nom en 2008, sans étiquette partisane donc mais à gauche clairement. J’ai ensuite adhéré au Parti de Gauche à sa création en 2009, y ai été active quelques années puis me suis retirée discrètement. J’ai effectivement coécrit le livret sur la démocratie participative en répondant à la sollicitation qui m’a été faite mais en aucun cas mon engagement sur NDDL n’a été une action militante politique au sens partisan. Je n’ai pas milité pendant les campagnes et si j’ai effectivement été présente à la réunion départementale FI aux législatives, j’ai aussi participé en 2015 à une réunion départementale Europe Ecologie les Verts car je réponds aux demandes lorsque je partage au moins en partie les positions des uns et des autres.  Pour dire la vérité d’ailleurs, si je me suis éloignée  du PG et du Front de Gauche, c’est entre autres raisons parce que l’alliance avec le PC productiviste et pro-NDDL m’était insupportable. 

    Je regrette donc un peu cette simplification politique présentée dans votre article, la FNSEA à droite, la Conf proche de la FI ( en me citant comme preuve). Je n’ai pas discuté avec qui que ce soit de la Conf sur ce sujet, bien trop occupée par le travail de fond sur l’argumentaire anti-NDDL…

Nombre de ses actions – à Notre-Dame des Landes comme ailleurs (Cantal, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Corrèze, Yonne, Rhône…) – ont été organisées en coordination avec le Parti de Gauche et la France Insoumise. Laurent Levard, co-auteur d’un livret de la France Insoumise sur l’agriculture et l’alimentation, est au Parti de Gauche et figure parmi les soutiens politiques classiques de la Conf’. La porosité existe aussi au niveau local : au sein des comités de soutien locaux anti-aéroport créés en 2012, nombreux sont les membres de partis membres du Front de Gauche puis de la France Insoumise et de la Confédération Paysanne.

La Grée : « Nous n’avons jamais accepté cette occupation des bâtiments de Dominique Leduc »

Le membre de l’ACIPA se distancie très nettement de l’occupation des bâtiments – et des 20 hectares de terres drainées à la Grée – de Dominique Leduc, convoitées par Micka – un autre protégé de la Confédération Paysanne installé aux Fosses Noires – pour y planter des légumes de plein champ, des céréales et des oléagineux : « concernant l’occupation de la ferme de la Grée et les multiples vues sur les terres qui y sont associées, je préciserai juste que nous n’avons jamais accepté cette occupation des bâtiments de Dominique Leduc ».

Il se réjouit aussi de l’abandon du « projet ovin qui a été proposé à Yves Auger », enfin plutôt que les zadistes et Copain 44 ont tenté de lui imposer,  « là encore j’ai été satisfait de son refus car ce projet ne me paraît pas du tout viable en l’état ». Il jette au passage un autre pavé dans la mare des occupations de fermes faites par Copain 44 « surtout quand on voit ce qu’économiquement la ferme de Bellevue est devenue tout cela ne peut tenir à long terme ».

Pas de quartier pour Guy Lamisse, qui « a investi ici uniquement pour des raisons spéculatives »

Guy Lamisse possède de très bonnes terres à l’Isolette, la moitié des terres sèches du centre de la ZAD, convoitées et même déjà partagées par les zadistes. Ceux-ci ont tout fait pour faire déguerpir ses enfants qui vivaient dans une des maisons de l’Isolette, puis se sont attaqués à son bien, le poussant à faire le tour avec sa femme des riverains avec une pétition papier pour l’évacuation de la ZAD, qui récolte 1628 signatures. L’initiative avait été relayée par les pro-aéroports, les pouvoirs publics n’ont jamais réagi que par un soutien poli tandis que des zadistes saccageaient à nouveau son bien pour se venger.

A son sujet, la réaction de notre membre de l’ACIPA est sans appel : « Guy Lamisse […] cet exploitant est assez mal vu localement, il a investi ici uniquement pour des raisons spéculatives ». L’argument moral revient tenter de s’imposer face au droit – il est propriétaire en effet, et pas seulement locataire comme beaucoup  : « réclamer ses terres avec de telles arrières pensées ne me semble pas -c’est le moins qu’on puisse dire- révélateur d’un attachement fort et viscéral à la préservation d’un bocage qu’il semble s’être facilement résigné à vouloir saccager il y a quelques années ».

Quant à l’incendie du hangar, il botte en touche : « cette nuit là la route de la maison démolie étaient gardés à distance par des gendarmes mobiles qui sont pas intervenus ». Même si plusieurs témoins nous ont confirmé alors et depuis que les gendarmes mobiles n’étaient pas dans le secteur cette nuit. Notre source continue : « je ne vois guère, même par rapport à Serge Durand, l’intérêt que des « zadistes » auraient à faire brûler ce hangar » et dresse le parallèle avec « des actions particulièrement sombres du même genre ont eu lieu cette automne là (comme la sois disante agression d’un vigile à Fay) et n’avaient visiblement pour but que de discréditer les zadistes ».

L’agression – celle d’un vigile à la Pointe « par une vingtaine d’individus cagoulés, armés de gourdins et de barres de fer » d’après le sous-préfet Mickaël Doré, mi-novembre 2012, avait été très vite exploité par la Préfecture pour justifier de la brutalité des zadistes et d’une nouvelle intervention policière – achevée par un fiasco du 23 au 25 novembre à la Châtaigneraie puis une situation quasi-insurrectionnelle à Nantes, obligeant le pouvoir à reculer, annoncer un moratoire de sixmois et donc la fin de l’opération César visant à expulser les zadistes.

Trop vite exploitée par les pouvoirs publics, cette affaire s’était signalée par de nombreux éléments curieux sinon douteux, quant à l’imprécision des faits, la solitude du vigile dans une zone dont les pouvoirs publics ne cessaient de matraquer le caractère dangereux, le manque d’accès aux informations, leur véracité, le rôle central de l’AFP appelée au secours par la Préfecture… et avait plus ou moins fini en queue de poisson. Tout comme d’autres affaires en suspens, notamment autour de la Grée dont le pylône SFR a été saboté à trois reprises de juillet à octobre 2014 – la dernière fois, les câbles avaient été coupés, ce qui est difficile à réaliser sans équipements spécialisés – ou des incendies de l’automne 2013 et des provocations à l’est de la ZAD en mai 2014. Pas de chance pour l’instant de trouver un juge qui saurait répondre aux questions des riverains, puisqu’ils sont tous aux trousses de Sarkozy…

Emilie Lambert

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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