Avec plus de 22 000 abonnés sur facebook et 6130 sur Twitter, Gilles Pennelle, président du groupe FN au Conseil Régional de Bretagne, membre du conseil national et du bureau national du Front national et proche de Marine Le Pen, est une des personnalités politique les plus suivies sur les réseaux sociaux en Bretagne.

Après le congrès du FN à Lille, durant lequel il a été une des personnalités remportant largement l’applaudimètre parmi les militants de son parti, nous l’avons interrogé, au lendemain de l’attentat islamiste de Trèbes. Sur l’islamisme, mais aussi sur l’immigration et le problème des mineurs isolés étrangers, sur l’agriculture, et enfin sur les changements à venir au sein du Front national version 2018.

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Breizh-info.com : Tout d’abord, quelle est votre réaction suite au nouvel attentat de Trèbes ?

Gilles Pennelle : Cette horreur nous a malheureusement rappelé que nous sommes en guerre, une guerre que nos dirigeants refusent de mener. L’islam radical a pris le pouvoir dans des pans entiers du territoire qui sont devenus, non seulement des zones de non droit, mais aussi des zones de non-France. Forte population immigrée, communautarisme islamiste, bandes de « jeunes » violents et radicalisés qui ont pris le pouvoir dans les cités, développement dune haine viscérale de la France : tels sont les ferments du fondamentalisme islamiste qui gangrène notre pays.

Cette guerre que le fondamentalisme islamiste mène sur notre sol a déjà fait plus de 250 morts. Quattendons-nous pour enfin agir ? Il est temps de faire ce que les gouvernements successifs nont pas fait après Merah, Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice, l’égorgement du Père Hamel, MagnanvilleLe Front national réclame l’arrêt immédiat de l’immigration, lexpulsion des fichés S étrangers et binationaux ainsi que la fermeture des mosquées salafistes. Autant de mesures nécessaires et simples à appliquer que le Gouvernement Philippe na pas le courage de mettre en œuvre.

Je tiens enfin à rendre hommage aux 4 victimes de Trèbes et plus particulièrement au lieutenant-Colonel Beltrame, dont le sacrifice prouve quil y a encore des héros en cette période grave.

Breizh-info.com : Comment prenez vous les déclarations de M. Castaner évoquant la « nécessité » de rapatrier les islamistes partis se battre en Syrie ?

Gilles Pennelle : Cette déclaration irresponsable, intervenue seulement 48h après lattentat de Trèbes, est une insulte à la mémoire des victimes du terrorisme islamiste. Le gouvernement narrive même pas à surveiller correctement lensemble des islamistes présents sur le territoire national et on voudrait accueillir ceux partis faire le Djihad en Syrie ? Quelle folie ! Au Front national, nous sommes clairs : nous ne voulons pas des revenants de Daesh. Ces terroristes ont fait le choix de lennemi, traitons-les comme tels et laissons-les en assumer toutes les conséquences devant les autorités syriennes.

Breizh-info.com : La question des mineurs isolés étrangers – et plus globalement celle des migrants – semble mettre à mal les collectivités en Bretagne , mais aussi les pouvoirs publics. Que préconisez-vous ? Comment expliquez-vous cette impuissance ?

Gilles Pennelle : Le laxisme face au fléau des « mineurs » isolés n’a que trop duré. Partout, et particulièrement en Bretagne, ces « mineurs » (70% d’entre eux sont en réalité majeurs) sèment chaos et violence. Les centre-ville de Brest, Rennes et Nantes sont devenus de véritables coupe-gorges par leur présence massive. Les forces de lordre le reconnaissent elles-mêmes, la situation est totalement hors de contrôle !

Outre l’insécurité, ce dossier est un nouveau scandale financier de limmigration. Ces faux mineurs, mais vrais délinquants pour la plupart, coûtent une fortune au contribuable, plus de deux milliards deuros en 2017 ! Ils confisquent près de 30% de l’aide sociale à l’enfance des conseils départementaux qui en ont la charge. Aujourdhui, les Départements sont asphyxiés par cette charge financière. Rien que pour lIlle-et-Vilaine, les « mineurs » isolés coûtent la bagatelle de 21 millions deuros au conseil départemental ! La situation nest plus tenable. Il faut dorénavant refuser daccueillir ces immigrés entrés clandestinement en France, expulser systématiquement les majeurs et les délinquants et réserver les aides sociales au Français.

Malheureusement, le Gouvernement Philippe refusera dappliquer cette fermeté nécessaire. Pire, la loi Asile et Immigration prévoit daccorder le droit au regroupement familial pour les frères et sœurs des « mineurs » isolés. Une nouvelle pompe aspirante de limmigration qui va empirer une situation déjà explosive !

Breizh-info.com : Le sort des agriculteurs bretons semble également beaucoup vous préoccuper. N’y a-t-il pas un modèle à bout de souffle ? Que faut-il changer ?

Gilles Pennelle : Les agriculteurs font partie intégrante de notre identité. Leur rôle est essentiel. Ils nous nourrissent, contribuent à l’entretien des paysages ruraux, transmettent un savoir-faire de génération en générationIls représentent cette France des terroirs à laquelle le Front national est très attaché. Ils exercent un très beau métier mais qui ne leur permet plus de vivre correctement, ni même, pour nombre dentre eux, de survivre. Quelle autre profession accepterait de travailler 70h par semaine pour gagner moins quun immigré clandestin imposé dans nos villages ?

J’estime que les agriculteurs français ont été abandonnés et trahis par la classe politique. Le modèle agricole quelle met en place doit être entièrement revu sinon nous irons droit vers la disparition pure et simple de lagriculture française.

Nos agriculteurs ont urgemment besoin de deux choses : moins de paperasse et des prix décents ! Moins de paperasse tout dabord car, et cest un mal bien français, nos agriculteurs croulent sous les tracasseries administratives. Aujourdhui, les chefs dexploitation passent plus de temps devant leur ordinateur que sur leur tracteur ! Il faut mettre un terme à cette aberration par une forte simplification administrative.

Des prix ensuite et pour cela, il faut mettre fin à la logique ultralibérale et mondialiste de lUnion européenne et de ses partisans au Gouvernement. Nous devons protéger nos agriculteurs confrontés à une concurrence internationale déloyale. Comment pouvons-nous assurer à nos éleveurs des revenus décents quand on les met en concurrence par le biais de traités de libre-échange mortifères comme le CETA ou le futur MERCOSUR avec de puissants modèles agricoles comme le Canada ou le Brésil qui ont moins de contraintes sanitaires et des coûts de production bien moindres que nous ? La priorité absolue est de stopper toute négociation de futurs traités de libre-échange et de dénoncer ceux auxquels nous sommes déjà liés.

Breizh-info.com : Qu’est ce qui change au Front national depuis le dernier congrès ? En Bretagne, des changement sont-ils à prévoir ?

Le Congrès de refondation a été une très belle réussite pour notre mouvement. Il vient conclure une période de transformation du Front National lancée dès 2011 par Marine Le Pen. De parti de contestation, puis dopposition, nous devenons un parti de gouvernement.

Outre un profond renouvellement des cadres et un renforcement de la démocratie interne, ce congrès a posé les fondements du grand rassemblement national face au bloc mondialiste incarné par Emmanuel Macron. Objectif : la conquête du pouvoir. Il ne vous aura dailleurs pas échappé que plusieurs figures, notamment de la droite nationale, ont accueilli notre Congrès avec bienveillance. Je pense à Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Frédéric Poisson ou Thierry Mariani des Républicains pour ne citer queux.

En Bretagne, nous allons là encore nous employer à renforcer les fédérations et limplantation locale. Les nouveaux statuts accordent plus de pouvoirs et dautonomie aux fédérations et nous comptons nous en servir pour renforcer le mouvement dans la région. Enfin, Marine Le Pen vient de me nommer délégué national aux fédérations. Cest donc un Breton qui aura en charge lensemble des fédérations de France.

Breizh-info.com : Vous êtes un des responsables du Front national les plus suivi sur les réseaux sociaux. Par quoi expliquez vous ce succès ?

Gilles Pennelle : J’essaie de faire preuve de pédagogie pour alerter au mieux les Français sur les sujets qui les touchent particulièrement. A ce titre, je fais régulièrement des vidéos qui deviennent virales sur les réseaux sociaux pour dénoncer de nombreux scandales de limmigration, que ce soit sur la violence des « mineurs » isolés ou limplantation forcée d’immigrés clandestins dans nos villes. Ces vidéos sont très rapidement vues des centaines de milliers de fois sur la toile ! Cela démontre une fois de plus l’intérêt des réseaux sociaux, qui permettent de traiter directement de sujets que les médias nabordent jamais et rappeler des vérités qui dérangent la classe politique.

Breizh-info.com : Après les dernières échéances électorales, il semblerait qu’une forme de résignation se soit emparée d’une partie de la population. Quels espoirs entendez vous apporter avec le Front national, qui est parfois jugé comme un parti qui « surfe sur la crise », et qui est très présent sur Internet et avant les élections mais qui n’est pas assez présent dans l’opposition de tous les jours et la proposition concrète ?

Gilles Pennelle : Je dis aux découragés que oui, le Front national peut avoir des défauts. Mais je leurs dis aussi que seul le Front national est en mesure de les protéger du chaos multiculturel que nous imposent les immigrationnistes et mondialistes de la classe politique dominante. Au Front national, nous ne nous battons pas pour nos carrières personnelles mais pour le monde dans lequel grandiront nos enfants.

Et je vous le dis solennellement : nous navons pas le droit d’échouer. Si nous ne réussissons pas, la France ne sera plus la France.

Propos recueillis par Yann Vallerie

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