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Certains écologistes qui luttent farouchement contre le compteur communicant, Linky, ont oublié ce qu’il représentait : un outil indispensable de la transition énergétique en France.
Comment qualifier le fait, pour des écologistes, de militer contre une mesure au service de la transition énergétique, si ce n’est de « paradoxe » ? Il n’a échappé à personne que certains de ceux qui militent en faveur de l’environnement, en France, sont vent debout contre le nouveau compteur électrique d’Enedis (ex-ERDF), qui a vocation à remplacer quelque 35 millions de vieux boîtiers d’ici 2021. Linky, pourtant, a tout pour plaire aux aficionados du développement durable.
Linky : des militants écologistes en plein paradoxe
Souvent présenté comme le premier jalon de la technologie smart grids (ou « réseaux électriques intelligents ») dans l’Hexagone, il est l’un des éléments centraux du nouveau paradigme de l’électricité, où énergie doit rimer avec renouvelable, et consommation avec économie. Son caractère « communicant » lui permet de diffuser les données liées à la consommation électrique d’un ménage — qui passeront par le « courant porteur en ligne » —, visibles par celui-ci à partir d’un compte personnel sur Internet. Ce qui devrait l’inciter à surveiller son débit électrique afin de le rationaliser.
Le boîtier « intelligent », qui a d’ailleurs sa place dans la loi relative à la transition énergétique promulguée en août 2015, accompagnera également l’arrivée des énergies vertes sur le réseau électrique. Sans compter qu’avec Linky, les utilisateurs du réseau pourront se changer en « consommacteurs » et produire leur propre électricité, qu’ils consommeront ou revendront, alimentant ainsi le circuit électrique des renouvelables.
La France n’est pas la seule à avoir dit « oui » aux compteurs communicants : tous les États membres de l’Union européenne (UE), par exemple, déploient « leur » Linky ; certains, comme l’Italie ou encore la Finlande ont déjà fini de l’installer. Aucune trace chez eux, en revanche, d’une quelconque fronde anti-compteur électrique communicant, ce qui rend la gronde de certains, dans l’Hexagone, encore plus illégitime. Sans compter qu’ils se contentent de taper sur Linky sans apporter de véritable solution en échange.
« Ce type est incohérent »
Leur chef de file est bien connu du petit monde énergétique, puisqu’il s’agit de Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire (Gironde), qui aime à critiquer les grands projets industriels. Comme l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), solution pourtant considérée, aujourd’hui, comme la meilleure ; ou encore la voiture électrique, M. Lhomme allant jusqu’à débrancher certains véhicules dans la rue. Un écologiste farouchement opposé à la mobilité décarbonée ? Le paradoxe est grand. Surtout que, là non plus, aucune alternative n’est proposée.
S’il est à peu près certain que les militants anti-Linky poursuivront leur lutte, celle-ci ne cesse de prendre du plomb dans l’aile, comme récemment avec le rapport annuel de la Cour des comptes. Les sages de la rue Cambon ont, certes, reconnu que le compteur communicant était perfectible — du point de vue des économies à réaliser et de la communication autour du boîtier —, mais ils ne l’ont en tout cas pas descendu en flèche. Car il s’agit, quoi qu’en disent ses détracteurs, d’un outil au service de la transition énergétique, dont les bénéfices sont le développement des renouvelables et les économies d’énergie.
Un aspect des choses que refuse donc de voir Stéphane Lhomme et consorts. « Cet écolo à moitié convaincu ne voit pas de problème à ce que 35 millions de compteurs soient relevés manuellement avec des diesels sur la route partout, tout le temps. Ce type est incohérent », pointait d’ailleurs récemment un compte Twitter en réponse à un message de l’élu de Saint-Macaire dénonçant les « malfaisants Linky »…
Julien Lemoine
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