Survivalisme. Nourriture et eau : à la recherche de l’autonomie

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Autonomie, résilience, survie… Ces termes vous sont-ils familiers ? La multiplication d’émissions à la télévision (The Islands, Man vs Wild avec Bear Grills, Koh-Lanta…), de jeux vidéo (Resident Evil, The last Of Us, Minecraft…), mais aussi de films (Mad Max, Seul au monde, Hunger Games, Into the Wild…) pour ne citer que quelques références, reflètent l’air du temps et rendent la « survie » populaire.

Parmi les acteurs de ce qui constitue aussi un nouveau marché, lucratif, on retrouve notamment en Bretagne la société Lyophilise & Co, basée à Lorient et qui travaille avec des professionnels et particuliers. Petit tour d’horizon de la recherche d’autonomie alimentaire notamment, en cas de crise.

Les entreprises et institutions face à des situations exceptionnelles

L’autonomie, soit la capacité à être indépendant prend tout son sens pour des entreprises et institutions qui œuvrent dans des domaines sensibles ou anticipent la survenue d’évènements exceptionnels. C’est le cas des fournisseurs d’énergie, des délégations européennes, des ambassades, des SDIS, de certaines mairies. Pour leurs collaborateurs et ressortissants, elles stockent certaines denrées alimentaires notamment des rations, des plats autochauffants ou encore de l’eau potable en fonction des situations auxquelles elles devront faire face : inondations, cyclones, crises, attentats, guerres à l’étranger. Des institutions plus connues, comme les écoles, abordent également la question de l’autonomie et de la protection civile. En effet en France, notamment depuis la tempête de 1999, certains établissements scolaires incluent dans leur PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté face aux risques majeurs) des biscuits longue conservation pour s’adapter en cas de confinement.

Et les particuliers ?

Ce marché grandit depuis quelques années et correspond à une époque mouvementée : crises financières et politiques (Brexit), changements climatiques, extinctions de masse de nombreuses espèces, catastrophes naturelles ou technologiques…

Aujourd’hui, qui peut se targuer d’avoir des repas d’avance en cas d’une rupture d’approvisionnement de l’ensemble des commerces alimentaires ? Le spectre d’une pénurie suite à un évènement exceptionnel nourrit chez certains une volonté d’indépendance. Avec une réserve de nourriture à base de repas longue conservation (par exemple avec une DLUO de 25 ans), certains particuliers anticipent leur autonomie alimentaire pour plusieurs mois voire quelques années. Mais même à l’échelle d’une journée, avoir un repas dans la boite à gant de son véhicule peut se révéler salutaire. La vague de froid qui a paralysé la France dernièrement illustre parfaitement cette situation.

Car manger chaud et bon quand on est immobilisé par la neige dans sa voiture, est devenu possible avec des kits EDV (Every Day Vehicl)* et consiste aussi à être « autonome »

Sportifs et aventuriers, ou la survie en pleine nature

La popularité des activités outdoor (grands treks, ultra-trails, stages de survie ou de bushcraft, expéditions en solo ou en équipe) et l’accessibilité de repas lyophilisés et d’un matériel adapté poussent aux quatre coins du globe, des aventuriers à tester leur résilience, leur capacité à se surpasser lors de défis extrêmes tout en se fondant dans la nature. Dans le cadre de loisirs ou de compétitions, les contraintes de poids, de vivres et d’eau sont comblées par de nombreuses solutions alimentaires et matériel pour traverser l’Europe à pied, s’aventurer en Islande en autosuffisance ou encore courir un marathon de sept jours dans le désert. Car si l’homme en se dépouillant de son confort de citadin s’épanouit dans la nature, ces besoins vitaux en nourriture et eau doivent être satisfaits, sous peine de terribles conséquences. Trouver ces ressources en pleine nature sans un minimum d’expérience n’est pas inné. N’est pas Mike Horn qui veut !

Focus : quels sont ces aliments adaptés à l’autonomie ?

Les repas lyophilisés, légers et « longue conservation »

Conditionnés en sachet simple (voire double portion) ou en boites multiportions, les repas lyophilisés sont légers. Par exemple, un sachet d’une gibelotte de Bœuf, avant réhydratation, ne pèsera que 108 g contre un poids de 500 g une fois réhydraté. Un gain de poids conséquent mais aussi de place, pour ces recettes qui se conservent de 5 à 25 ans selon les marques. Pour les critères de goûts et de variété, la lyophilisation préserve les propriétés organoleptiques des aliments ainsi que quasiment la totalité des vitamines et minéraux. La variété est assurée par l’arrivée de nombreux fabricants. Cependant, cette technologie reste onéreuse et énergivore.

Un inconvénient ? Faciles à préparer, il est nécessaire avant de les déguster, d’ajouter une quantité d’eau. Cela peut être une limite à leur utilisation si l’accès à l’eau potable est inexistant ; les stérilisés constituent alors une bonne alternative.

Les stérilisés, une utilisation sans préparation

Reprenant la technique traditionnelle de mise en bocaux, ces repas sont cuisinés puis stérilisés à haute température pendant un certain temps pour une durée de vie de 1 à 6 ans. Conditionnés en sachet, ils ne cassent pas, ce qui n’est pas le cas des bocaux en verre. Cette technologie est abordable pour des artisans cuisiniers ; certaines recettes « traiteur » made in France viennent d’ailleurs compléter le catalogue de plats stérilisés de Lyophilise & Co. Du côté de la préparation, ces recettes se réchauffent au bain-marie, à la poêle ou encore au four à micro-ondes. A noter qu’une autre alternative de « chauffe » est très demandée par les institutions (SDIS, ambassades…) et les particuliers (airsoft, bushcraft…) : les systèmes autochauffants. La plupart des marques de stérilisés fonctionne avec ces « réchauds sans flamme ».

Côté mode d’emploi, rien de bien sorcier ! L’eau (potable ou non potable) active le réchauffeur sans flamme qui équipe le sachet portant à haute température tout le contenu. En ayant au préalable glisser son repas dans le sachet et après avoir patienté quelques instants, il est possible de manger chaud, sans avoir eu recours à un réchaud à gaz ou même un feu de bois. Ces plats autochauffants font également partie des kits EDV « Every Day Vehicle » pour prévoir de manger chaud dans son véhicule en toutes circonstances. Un inconvénient aux recettes stérilisées ? Le poids, plus lourd que les lyophilisés car l’eau n’a pas été extraite lors de la stérilisation. Une contrainte qui peut se révéler être un avantage ! En effet, comme il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’eau potable, cette solution offre la possibilité d’être 100% autonome.

Les rations compactes d’urgence

Ces rations alimentaires permettent à un nombre de personnes de se nourrir en cas de situation de survie et d’urgence. D’un apport important en énergie, leur durée de vie est longue et leur volume et poids sont relativement réduits. Les rations alimentaires compactes sont utilisées par les organisations humanitaires, ambassades, délégations en cas de situation de pénurie, de famine ou de catastrophes mais aussi par les militaires et pendant les expéditions.

L’eau potable en sachet

L’eau potable en sachet se conserve 5 ans soit bien plus longtemps que si elle était conditionnée en bouteille d’eau (ici 2 ans). Un autre avantage réside dans son emballage qui empêche l’eau de geler et permet aussi de faciliter le stockage et la manutention.

Crédit photos : DR
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