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Le 13 avril dernier, Le Point publiait un entretien d’Héloïse Pons avec Catherine Malabou, une philosophe française auteur de plusieurs ouvrages sur la plasticité du cerveau. Dans cet entretien, Catherine Malabou a affirmé que « l’idée que l’intelligence [était] déterminée, innée a été abandonnée. » Une énorme contre vérité qui n’a pas été relevé par la journaliste ayant recueilli ses propos.

L’intelligence est un trait largement génétique

« Aujourd’hui par exemple, l’idée que l’intelligence est déterminée, innée a été abandonnée. » Voilà la phrase exacte de Catherine Malabou. Une affirmation complètement erronée.

Les progrès récents de la génétique ont permis d’utiliser des études d’associations pangénomiques afin de déterminer quelle part des différences intellectuelles entre les hommes était due à la génétique ou à d’autres facteurs. Et la réponse est claire : une large part de ces différences s’explique par la génétique.

Le 10 janvier 2018, une équipe menée par David Hill et Charley Xia, de l’université d’Édimbourg, ainsi que Ruben Arslan, de l’université de Göttingen, a démontré que 50 % des différences intellectuelles étaient dues à la génétique.
Une démonstration formelle qui établit donc que cette héritabilité de 0.5 est un minimum prouvé scientifiquement. Et, selon eux, « ces résultats indiquent que les futures études d’associations pangénomiques seront capables de trouver une large majorité des variables associés avec l’intelligence. »

Dans une publication toute aussi récente que cette étude, Robert Plomin du King’s College de Londres et Sophie von Stumm, de la London School of Economics and Political Science, expliquent prudemment que l’héritabilité de l’intelligence est aujourd’hui estimée à 50 %.
Ils notent également que les progrès énormes de la génétique vont conduire à une révolution : « Avec les avancées des dernières années, l’intelligence sort de l’ombre et prend la tête dans la recherche génomique. »

Jusqu’au 22 mai 2017, les chercheurs n’avaient réussi qu’à identifier 12 gènes liés à l’intelligence humaine. A cette date, la revue Nature publiait une étude ayant identifié 40 nouveaux gènes liés à l’intelligence humaine.
Le 18 août 2017, une énorme analyse génomique portant sur un très grand échantillon d’individus avait découvert 536 nouveaux gènes liés à l’intelligence !

Face à cette évidence, le mensonge des idéologues égalitaristes

Récemment, dans les colonnes du New York Times, le généticien David Reich expliquait que les races étaient bien des réalités génétiques puisque l’on pouvait noter des différences génétiques notables entre les populations humaines réparties par groupe d’ancestralité. Et le professeur à Harvard d’expliquer que, « puisque tous les traits influencés par la génétique sont censés différer entre les populations […], les influences génétiques sur les comportements et la cognition vont aussi différer entre les populations. »
Ce à quoi Laurent Alexandre répondait, dans une tribune publiée par Le Monde : « Les arguments de David Reich sont intéressants mais ne peuvent conduire qu’à libérer la parole raciste : comment éviter, par exemple, que des comparaisons de QI par ‘race’ soient utilisées par les racistes ?
[…]
La génétique ne peut pas prendre le risque de cautionner une idéologie inégalitaire. A titre personnel, je suis farouchement opposé à l’ouverture de cette boîte de Pandore : exceptionnellement, les savants doivent faire passer la vérité scientifique après le principe philosophique fondamental de l’égalité de tous les groupes d’hommes. »

Juste après sa phrase sur le prétendu abandon de l’intelligence comme trait inné, Catherine Malabou explique justement que, si l’intelligence est génétique, la boite de pandore n’est pas loin :

« Vous décrivez trois métamorphoses majeures…

La première métamorphose est celle du ‘destin génétique’. Elle part des premiers tests d’intelligence, jusqu’à la recherche du ‘gène de l’intelligence’. Ce premier moment est une vision biologiquement déterminée de l’intelligence. Y sont introduites les notions de mesure (le fameux QI), de génie et d’hérédité. On aboutit à l’eugénisme, le rêve de création d’une race de gens intelligents, comme on le voit chez Francis Galton. »

En filigrane, l’avertissement est clair. Cette boite de pandore ne doit pas être ouverte. Tous les hommes sont égaux et rien ne doit venir mettre en danger cet axiome.

Cet ainsi que la philosophe assure que « l’intelligence n’est pas une quantité mesurable » et qu’elle n’est pas innée. Deux énormes mensonges qui sont contredits par le consensus scientifique.

Heureusement, les scientifiques ne sont pas tous des idéologues et, pendant que certains freinent des quatre fers, le réel, implacable, continue de s’imposer. N’en déplaise à Madame Malabou.

Crédit photo : Allan Ajifo [CC BY 2.0]
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