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Les propos sont hallucinants. Ils émanent du président de l’Université de Brest après plusieurs tentatives d’agressions sexuelles à proximité des cités universitaires : Selon Matthieu Gallou, il faudrait que les étudiants et les étudiantes, principales victimes, fassent « preuve de prudence dans [leurs] déplacements : si Brest, Quimper et Morlaix demeurent des villes plus paisibles que d’autres, cela ne signifie pas qu’on puisse s’y promener seul-e sans courir le moindre danger. ».

Écriture inclusive dans le communiqué adressé aux étudiants et information sur le fait qu’en gros, ils ne sont pas à l’abri d’un danger : ces propos sont pour le moins  peu rassurants pour les étudiants qui ont reçu ce mail. Le président invite ainsi « chacun-e d’entre vous à la prudence et à la vigilance, pour vous-même, et aussi les uns envers les autres. Dans la mesure du possible, veillez à vous déplacer à plusieurs, privilégiez lors de vos déplacements les voies éclairées, bien fréquentées, et ne vous isolez pas de l’extérieur (casques, oreillettes…) ».

Pour Leila, qui a bien voulu nous répondre suite à ce mail, étant elle aussi étudiante dans la cité du Ponant « les rues de Brest sont de moins en moins sûres, le soir notamment mais aussi parfois en journée dans certains quartiers ». Elle évoque « de nombreux marginaux qui trainent dans les rues, et beaucoup d’immigrés agressifs avec les femmes ». Cela, les autorités se gardent bien de le préciser lorsqu’ils mettent en garde la population.

Pour Mathieu, étudiant lui aussi à la faculté « ce mail est hallucinant. En gros on nous dit que les femmes ne sont plus en sécurité dans certains endroits, ici même à Brest. La sécurité, c’est le premier de nos droits non ? C’est inquiétant ».

Dans la tête de Leila par ailleurs, l’explosion des agressions sexuelles en Allemagne ces dernières années, liées à l’immigration massive acceptée par Angela Merkel. « Brest n’a pas le même niveau d’immigration je pense, quoique je ne sais pas en fait, on a pas de chiffre. Mais il faut être vigilant, même si pour ce cas bien précis, on ne sait pas qui est derrière. Mais personne n’est dupe sur le campus, hormis ceux qui veulent être aveugles. »

215 000 crimes sexuels ont été rapportés à la police dans l’Union européenne en 2015, dont un tiers sont des viols. 90% des victimes sont des femmes et 99% des personnes emprisonnées pour ces crimes sont des hommes. Parmi les agressions sexuelles figurent, selon Eurostat, les actes sexuels non désirés, les tentatives d’obtenir un acte sexuel, ou les contacts ou communications avec une intention sexuelle non désirée n’équivalant pas à un viol.

C’est en Angleterre et au Pays de Galles qu’ont été enregistrées le plus de plaintes pour agression sexuelle par rapport à la population totale, avec 121 déclarations pour 100 000 habitants en moyenne (35 310 plaintes au total) . C’est dans ces deux nations du Royaume-Uni que les viols rapportés auprès de la police sont également les plus nombreux, avec 110 pour 100 000 habitants (32 057 plaintes au total).

A l’opposé, c’est en Hongrie qu’ont été rapportées le moins d’agressions sexuelles par rapport à la population, avec près de 4 déclarations pour 100 000 habitants (191 plaintes au total). Quant aux plaintes pour viol, c’est en Slovaquie où elles sont le moins nombreuses, avec 3 pour 100 000 habitants (87 plaintes au total). En France, la police a enregistré 16 741 plaintes, soit près de 50 dénonciations d’agression sexuelle et 31 plaintes pour viol pour 100 000 habitants (10 729 plaintes au total).

Bien évidemment, pas question de faire le lien avec le taux d’immigration extra-européenne dans les différents pays concernés… L’interdiction des statistiques ethniques en France fermant de surcroit tout débat sur ces questions fondamentales mais qui dérangent.

Photo : DR
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