Transport maritime. En Iran, le shipping joue au shah et à la souris

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Les sanctions économiques annoncées contre l’Iran suite aux passes d’armes sur son programme nucléaire vont impacter l’activité du shipping. Maersk Line et MSC, deux des géants du secteur, vont devoir envisager sous un autre angle leurs perspectives commerciales en Iran.

Conséquence des sanctions

C’est le 8 mai dernier que Donald Trump a annoncé son intention de se retirer unilatéralement du Plan d’action global conjoint (JCPOA) conclu avec l’Iran. Dans le même temps, le président des États-Unis a affirmé sa volonté de réimposer des sanctions vis-à-vis de Téhéran.

De ce fait, les entreprises dont les échanges commerciaux se font principalement en dollars américains ou qui ont une part de leurs activités sur le territoire des USA ne peuvent que se conformer à la décision de Donald Trump et donc tourner le dos à l’Iran. À défaut, elles se verraient contraintes de quitter le marché US. L’économie du transport maritime n’est pas épargnée par ce coup politique de Washington. Qu’en est-il dans les faits ?

Alignement américain

L’Iran dispose de plusieurs ports de commerce sur sa façade maritime, dont le plus important est Bandar Abbas. Ainsi, plusieurs sociétés de transport maritime ont des intérêts sur place. Par exemple, Maersk Line a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’accepterait plus le chargement de produits de base sur ses navires dans les ports iraniens. La compagnie dispose par ailleurs de bureaux et d’agences dans le pays (Téhéran, Bandar Abbas et Bushehr), employant au total 12 personnes.

Shipping

De son côté, la société de shipping suisse MSC est également en train de revoir ses activités pour vérifier l’impact des sanctions et s’est portée garante pour respecter le calendrier établi par le gouvernement américain. Ce qui laisse augurer d’un ralentissement de l’activité de MSC en Iran.

Bien qu’elle n’assure pas de ligne maritime directe avec l’Iran, la compagnie utilise des navires affrétés pour transporter des marchandises entre celui-ci et Jebel Ali aux Émirats Arabes Unis.

Réalité nuancée

Toutefois, la décision des deux sociétés mentionnées précédemment d’évaluer leurs opérations ne signifie pas nécessairement qu’elles quitteraient l’Iran. Le résultat final des sanctions va effectivement dépendre des négociations entre l’Iran et les autres parties de la JCPOA.

Autre acteur de poids, Maersk Tankers prévoit également de mettre fin à ses activités dans le pays en raison des conditions imposées par les USA. De plus, le marché des hydrocarbures, déjà en proie à de nombreuses incertitudes, va connaître une pression supplémentaire avec ses sanctions.

Dans le même temps, si les acheteurs européens sont susceptibles de s’abstenir d’acheter du brut iranien, cela va se traduire par une réduction des exportations du pays. Et la première des conséquences sera alors une réduction des volumes de pétrole à transporter pour les compagnies maritimes. En terme de complexité, le commerce international n’a rien à envier à la géopolitique.

Crédit photo : Wikipédia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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