La presse nationale a longuement évoqué l’appel au boycott du film à sortir en juin, Bécassine ! Deux rassemblements sont prévus, à l’initiative du collectif Dispac’h, à Brest à et à Rennes, en marge d’avants premières en présence du réalisateur Bruno Podalydès, qui sans doute au fond de lui même, n’espérait pas tant de publicité autour de son film dont on peut d’emblée douter de la qualité eu égard de sa filmographie discutable.

Cinéma. Un appel au boycott du film Bécassine !

Voici ce qu’indique Dispac’h dans son communiqué :

Comme nous l’avions expliqué dans notre dernier communiqué, le personnage de Bécassine représente toujours aujourd’hui un symbole qui véhicule un message dégradant, insultant et méprisant envers les femmes de Bretagne et le peuple breton. Par respect envers nos grands-mères et notre histoire nous réagissons. 
Non que nous n’ayons pas d’humour, notre droit est aussi de s’opposer à ce que nous percevons comme une moquerie tant le drame que porte le personnage de Bécassine (l’émigration de milliers de bretonnes et bretons prolétaires vers la servitude) est occulté systématiquement. Comment peut-on en 2018 se servir de figures qui représentent l’esprit colonialiste, impérialiste et de prédominance d’une élite bourgeoise pour en faire de l’humour sans aucune critique sociale ? 

Les deux rassemblements sont prévus :

– A Brest : le vendredi 1er juin à 19h devant le multiplex Liberté, rassemblement suivi d’une projection débat sur le film de Thierry Compain « Nous n’étions pas des Bécassines », documentaire témoignage de femmes bretonnes ayant émigrés à Paris pour devenir les bonnes à tout faire d’une certaine bourgeoisie. 21h / Gratuit, salle l’Avenir, place Guérin, Brest.
– A Rennes : le mardi 5 juin à 19h30 devant le Gaumont, rassemblement également suivi du même film qu’à Brest, en présence du réalisateur Thierry Compain. 21h / Gratuit / Café librairie le Papier Timbré, Rennes.

Quand les nationalistes bretons et Breiz Atao dénonçaient déjà Bécassine il y a un siècle 

un trio de « farouches autonomistes »proches de BREIZ ATAO et du PNB, comme ils se décrivent eux-mêmes, sont allés, un beau jour, se venger eux-mêmes sur sa statue de cire exposée au musée Grévin.

Le 18 juin 1939, à 15 h 30, un trio de militants proches de BREIZ ATAO et du PNB jetèrent à terre la statue de Bécassine exposée au musée Grévin et la réduisire en miettes à coup de marteau. Arrêtés et placés en garde-à-vue, ils feignent ne parler que breton et ne répondent pas aux questions du commissaire. Après une nuit en cellule, ils retrouvent l’usage du français et déclinent leur identité. « Nous avons voulu protester contre la prochaine représentation d’un film tendant à consacrer une fois de plus le type de Bécassine considérée comme la personnification de l’imbécilité« , justifient-ils, en faisant référence à l’adaptation cinématographique tournée par Pierre Caron en 1939.

En 1939 toujours, sorti un exemplaire du journal Breiz Atao pour dénoncer le film de Pierre Carron prévu pour sortir en 1940.

Un siècle après en Bretagne, c’est donc le collectif Dispac’h qui reprend le flambeau de la contestation menée à l’époque par Breiz Atao et le PNB, face à une Bécassine qui, décidément, n’est toujours pas la bienvenue au pays.

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