Brigitte Bardot, c’est bien plus que BB

Son corps n’était pas encore froid qu’insultes, injures et anathèmes pleuvaient dans les médias de gauche (pléonasme pour la plupart) et d’extrême-gauche. France Info (France tout faux) et France Culture (double oxymore car d’une part on n’y entend guère parler de France ou de culture, car d’autre part la notion-même de culture française est absente ou moquée) ouvraient le bal des faux-culs, des incultes, des bêtes et méchants. Des sans talent et des frustrés. Le Monde (Le Monstre) et Libération (L’Aberration) reprenaient le refrain. Au-delà du manque d’élégance et de l’absence de respect, ne serait-ce que celui dû aux défunts ou celui de la trêve de fin d’année, on sentait la sortie – immédiatement tirées du frigo de ces rédacs haineuses – de nécrologies à l’odeur rance et au goût de moisi, préparées de longue date. Pour tenter de salir la dernière icône de lumière d’une France que ces gens détestent.

Parallèlement, mais un ton en-dessous, on a commencé à entendre une petite musique aussi fallacieuse que toxique. Brigitte Bardot, artiste aux nombreuses facettes (danseuse, chanteuse, actrice, moraliste, féministe, femme d’action) n’aurait été que mauvaise au cinéma, au mieux médiocre dans certaines apparitions. Parmi les griefs évoqués, une des tartes à la crème de ce répertoire de reproches consisterait en qu’elle n’avait que des « répliques un peu zozottes ». Disons-le d’emblée et en clair : ceci relève beaucoup du cliché, peu de la vérité.

Bien sûr, dans un nanar, c’est inévitable. Effectivement elle a été enrôlée dans pas mal de navets. Dont au demeurant elle se sort mieux que beaucoup d’acteurs et d’actrices sur le même plateau. Au nombre de ces films à oublier ou presque, de façon iconoclaste on peut placer celui qu’il est convenu de qualifier d’historique et d’emblématique, le révélateur de sa carrière cinématographique, à savoir Et Dieu créa la femme. Mais c’est surtout le caractère daté (années 1950 et début des années 1960) de ces films, plus encore que la faiblesse ou la niaiserie des scénarios, qui donnent une impression « zozotte » à certaines actrices et à certaines scènes. La preuve, dans L’homme de Rio, ce n’est pas Brigitte qui joue au Brésil la trop longue et célèbre scène de la danse névrotique pieds nus au son de rythmes indigènes, qui le dispute en ridicule à celle de Et Dieu créa la femme.

Il ne faut pas oublier non plus que les répliques mises dans la bouche de tel ou tel rôle souvent ne sont pas écrites par le réalisateur mais par un dialoguiste. On doit se souvenir également que le cinéma des années 50 et 60 offrait plus aux jolies filles et aux belles femmes des rôles basés sur leur plastique que sur leur qualité de jeu. C’est l’époque qui voulait ça. Bien d’autres que Brigitte Bardot, et non des moindres du cinéma national et international, étaient ainsi cantonnées.

Si l’on veut en revanche veux apercevoir une idée du talent inné d’actrice de Bardot – exactement comme l’acteur Delon, qui n’est pas un comédien comme Belmondo ou Trintignant – alors il faut visionner La vérité. Dans ce chef-d’œuvre, Brigitte Bardot joue au milieu d’icônes de l’écran à l’époque : Paul Meurisse, Charles Vanel, Sami Frey et autres, excusez du peu ! On voit poindre en 3ème rôle la frimousse de l’inoubliable Jacques Perrin, tout jeune comme elle, pas encore le lieutenant Torrens chef de l’adjudant Wilsdorf de Schoendoerffer ni le réalisateur des Choristes qu’il deviendra. Ou encore il faut regarder un autre monument du cinéma français, En cas de malheur : là elle donne la réplique à Gabin lui-même, avec Edwige Feuillère, tout de même…

Après avoir vu ou revu ne serait-ce que ces deux films, on abandonne forcément l’image formatée d’actrice nunuche que les prudes parents petit-bourgeois de 1950-60 aimaient à relayer en évoquant Bardot, tout en faisant mine de s’offusquer des « excès » de sa vie privée. Mais ils sentaient bien, instinctivement, que Brigitte Bardot c’était la nouvelle aune de la beauté et, plus que ça, d’une façon de vivre : un changement, un tournant dans la vie culturelle contemporaine, mais aussi dans la vie quotidienne populaire. Comme le déclenchera un certain Jean-Philippe Smet juste après.

Brigitte Bardot, c’était bien plus que BB. Des robes en Vichy aux audaces de Gainsbourg, c’est toute une société qui bascule de façon générationnelle et irréversible. Brigitte Bardot en a été le vecteur, avec charisme et charme, lumière et élégance, talent et liberté. Comme l’a lâché un jour Gaulle en lui concédant le partage du rôle de symbole de la France, elle représente le talent à la française. Cette liberté incarnée jusqu’à l’insolence, ce talent, c’est cela précisément que ne lui pardonnaient pas certains de ses contemporains, c’est cela précisément qui fait enrager même après sa mort les pisse-vinaigre, c’est cela précisément qui attise la haine de la gauche infâme comme toujours et ignoble comme jamais.

Marc Desgorces-Roumilhac

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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10 réponses à “Brigitte Bardot, c’est bien plus que BB”

  1. justin dit :

    Sans sombrer dans le culte de la personnalité posthume, ce que je retiens de BB c’est qu’elle a bien mieux représenté la France que l’aboyeur barot et son maître macrotte.
    Elle a été la voix influente des sans voix, martyrs de la cruauté et de l’indifférence d’une majorité de non humains.
    La sincérité de son engagement pour cette noble cause se mesure aux critiques, à son abnégation et son rejet total du star système. Contrairement à certaines pseudo stars de la société du spectacle qui se servent de causes pour servir leur cause.

  2. Ronan dit :

    Demat à noter le « De » oublié à Gaulle !!? ; je me rappelle de Marylin MONROE, une actrice américaine hors pair des années 50 et 60 décédée à l’âge de 36 ans et Brigitte méritera son même culte et qu’elle aura aussi sa statue. Kenavo ; la chanson du jour proposée en ce 1er janvier 26 : « The Seeker » du groupe des Who. Bloavezh mat ha yec’hed mat d’an holl

  3. Durandal dit :

    Bonjour,

    Tant d’émotions autour de cette femme.

    Cdt.

    M.D

  4. Occidentale dit :

    Elle est entrée dans la danse de la vie et elle a embrassé qui elle a voulu. Pour paraphraser cette comptine de la liberté.
    Et elle l’a fait avec une élégance de mouvement jusque dans son âme.
    §

  5. jean Pierre Mouchet dit :

    Chapeau bas Mme Brigitte Bardot. Grande Femme qui a lancé l’émancipation des femmes qui sont l’avenir de l’homme, l’intelligence en plus. La gauche caviar extrême nationale socialiste n’a pas eu l’intelligence et le courage de reconnaître cela.

  6. AD dit :

    Tous ces Robespierre ultra gauchos ont horreur de la beauté, de l’élégance, de la liberté inconditionnelle, de la réussite fabuleuse, du franc parler en accord avec ses actes, d’une image nouvelle de la femme, en somme un condensé de notre célèbre BB. Son engagement envers la cause animale au détriment de sa fortune quand d’autres essaient de perdurer en enrichissant les chirurgiens esthétiques ! Oui, Bardot était l’image d’une France prospère, joyeuse, respectée dans le monde, libre et autonome et puis, la gauche est arrivée au pouvoir et tout s’est écroulé !

  7. Yvette Mme Prétet dit :

    Brigitte Bardot a refusé La Légion d’Honneur que voulait lui remettre François Mitterrand et je l’approuve totalement d’avoir fait ce choix car  »La Légion d’Honneur » a perdu de la valeur qu’elle avait  »autrefois »…actuellement elle est donnée à n’importe qui!..

  8. pepers dit :

    Oui BB a eu un énorme talent. Son courage et ses nombreuses qualité ne sont pas discutables. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès et perdre le sens de la mesure. On a parlé de d’une femme libérée. A savoir que toutes les femmes qui ne suivaient pas ses choix ne le seraient pas? Ne tombons pas dans ces pièges et ces manipulations d’opinion. Oui BB a choqué par ses choix de vie, oui la jet-set qui a tenté de l’utiliser n’est plus aujourd’hui un modèle ou une référence pour notre temps. Si la liberté c’est choisir c’est aussi renoncer aux autres solutions ou choix de vie. Les époux et les épouses qui se sont promis fidélité et amour sont en fait des êtres entièrement libres par leur choix. Une vraie liberté , celle qui rend heureux durablement. Note BB admirable a de nombreux égards a beaucoup souffert des évènements qu’elle a choisis et subis la conduisant à plusieurs reprise à tenter de mettre fin à sa vie. Son isolement voulu à la Madrage a sans doute été pour elle un choix de liberté. Tant mieux pour elle.

  9. Marie dit :

    Tout a faire d’accord a ec vous une grande Dame qui a défendue et fait valoir pour une noble cause la parole de nos Animaux …
    Bravo Mme wbous êtes à Jamais une grande dame qui restera l’éternelle dans l’éternel., de toutes vos bonnes causes en Avance sur votre temps et qui grâce à vous ont fait bouger et feront bouger encore les Choses de maltraitance animale Anormale !!! Cest pourquoi il faut une loi pour juger et proteger nos animaux!!!

  10. Marc DESGORCES-ROUMILHAC dit :

    Cher lecteur Ronan, merci pour votre sollicitude mais en tant qu’auteur j’ai personnellement insisté pour que ne soit pas ajouté comme faute à mon texte la tentation de mettre un « De ». « J’appelle un chat un chat etc », vous connaissez la citation devenue proverbiale. Moi, comme Paul Morand, j’appelle Gaulle Gaulle. Pas avec un « De ». Encore moins avec un « de », bien sûr. Je craignais un correcteur-réviseur zélé, encore plus une éventuelle « intelligence » particulièrement « artificielle », j’avais donné mes consignes.

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