Organiser un vide-grenier cet été en Bretagne : nos conseils

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Les beaux jours reviennent – même si les orages le font oublier – et les vide-greniers aussi. Chaque dimanche, il y en a des centaines dans toute la Bretagne, auxquels s’ajoutent quelques autres le samedi. C’est l’occasion d’acheter de la belle vaisselle, des livres anciens ou des jouets d’antan, mais aussi de se débarrasser de ce qui traîne en cartons dans le garage ou de faire rentrer des sous pour votre association. Voici nos conseils pour bien organiser un vide-grenier. Nous verrons dans deux autres articles comment bien vendre et bien chiner.

Vous organisez : déclaration préalable, règlement et buvette

Le vide-grenier est assimilé à une vente au déballage. Il doit faire l’objet d’une déclaration préalable (modèle) par lettre recommandée avec accusé de réception au maire de la commune concernée et une demande d’occupation du domaine public, trois mois avant la vente. S’il a lieu sur un terrain privé, il doit néanmoins être déclaré au maire 15 jours au moins avant.

Quand une association organise un vide-grenier, elle doit faire la demande entre 15 et 3 jours francs avant le début de l’événement, sous peine d’encourir une amende de 15.000 € pour défaut de déclaration. En revanche si la vente est réservée aux adhérents et a lieu dans les locaux de l’association, elle n’est pas soumise à déclaration. Lorsque le vide-grenier génère des recettes, elles sont exonérées d’impôts commerciaux dans la limite de six par an ; si l’organisation de vide-greniers entre dans l’objet de l’association – par exemple un comité des fêtes villageois pour le vide-grenier annuel ou une association de commerçants, elle est exonérée d’impôts si sa gestion est désintéressée, ses activités non lucratives prépondérantes et les recettes au titre des activités lucratives ne dépassent pas 61.634€ sur une année civile.

L’organisateur doit aussi établir et tenir un registre des vendeurs (modèle) – c’est-à-dire des inscrits – paraphé par le maire de la commune concernée ou le commissaire de police. Il doit faire mention de la remise d’une attestation sur l’honneur de non-participation à deux autres ventes au déballage dans le cours de l’année civile (pour les non-professionnels ; modèle). Ce registre est tenu à disposition – pendant le vide-grenier – des autorités fiscales, des Douanes et des services de la concurrence, consommation et répression des fraudes. Ensuite il est déposé en Préfecture ou sous-préfecture concernée, mais l’organisateur garde les attestations des exposants. Si le registre n’est pas tenu à jour ou pas présenté, l’organisateur encourt jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30.000 € d’amende.

Ces mesures sont censées lutter contre la revente d’objets volés notamment. Ce problème se pose notamment avec acuité dans certains vide-greniers de l’agglomération nantaise. « Les vide-greniers servent souvent à une population itinérante pour revendre des vêtements ou des outils qui proviennent de vols ; il y a moins voire pas de contrôles », explique un policier nantais. Pour lutter contre ce risque – qui peut engager l’organisateur – il peut être utile de faire un règlement intérieur, qui précise par exemple les matériels interdits à la vente ou interdit le vide-grenier aux professionnels.

« La première année qu’on a organisé notre vide-grenier, on a eu beaucoup de problèmes avec des itinérants, des gens qui vendaient des objets clairement volés, d’autres qui refusaient de payer leur emplacement, on a du faire appel aux gendarmes pour en dégager certains dans la matinée, ça faisait trop de bordel », explique un membre de comité des fêtes dans une commune rurale du nord de la Loire-Atlantique. « Alors on a pris la décision de doubler le prix des emplacements, ce qui a fait un tri, puis l’année suivante on a interdit les camions sur le site ».

Un règlement peut aussi donner la liste de ce qui est interdit à la vente. En principe le vide-grenier est réservé aux objets personnels et usagés, mais d’autres objets sont interdits à la vente : munitions non neutralisées, nourriture, carrés SNCF (clés de Berne), armes sous certaines conditions, hi-fi, téléphones, outils portatifs etc. « Nous interdisons tous les objets liés aux cultes, quels qu’ils soient », précise un membre d’une association commerçante sur Nantes. Mais dans son vide-grenier, ce n’est guère respecté : on a trouvé une belle Vierge à l’Enfant en bronze à l’entrée et le catéchisme du saint Curé d’Ars au milieu…

Autre façon de refuser des exposants qui peuvent poser problème ou en ont posé – arguer que toutes les places ont été attribuées. « On peut jouer de la liste d’attente », explique Marc, dont l’association organise plusieurs vide-greniers dans l’année. « A la fois pour renouveler les exposants et ce qui est exposé, afin qu’il n’y ait pas que des vêtements et des jouets d’enfants par exemple, ou équilibrer entre pros et particuliers, mais aussi pour dégager ceux qui causent des embrouilles ».

Un vide-grenier peut enfin limiter la vente aux non-professionnels, voire aux habitants d’un certain quartier. Façon d’en conserver l’aspect convivial et parfois la qualité. « De mon temps, pour participer à un vide-grenier de quartier, fallait présenter sa facture EDF pour prouver qu’on habitait bien le quartier concerné », nous explique un chineur, la soixantaine, qui vit à Nantes depuis sa naissance. Certains vide-greniers le font toujours. D’autres ont abandonné. « Plus les gens viennent de loin, plus le vide-grenier est attractif, mieux c’est aussi », explique un président d’association du Sud-Loire.

Enfin, pour une association ou les organisateurs, il peut être utile de faire une buvette. Auquel cas il faut réserver des friteuses, glacières, barbecue, congélateurs, sans oublier une licence exceptionnelle – à demander en mairie – pour la tireuse à bière et les cubis de vins. Certaines associations louent ces équipements, ou les prêtent aux associations voisines – notamment en milieu rural.

L’emplacement peut être au mètre linéaire ou prédéfini, son prix varie – il peut être intéressant de s’inspirer des voisins, même s’il est aussi fonction de l’emplacement, la clientèle et l’affluence désirées, la liste d’attente, le passage garanti… Par exemple, rue des Hauts Pavés, compter 12€ pour 9m² le 17 juin, 13 € les 12 m² place Viarme et 12€ à Treillières, mais 12 € les 20m² sur le parking du Leclerc Océane de Rezé – et 10€ à Saint-Malo de Guersac, 15 € les 25 m² à Saint-Brévin… tout ça le même jour.

Mais dans d’autres coins de Bretagne, les prix s’effondrent et l’esprit réel du vide-grenier est perpétué : ainsi en Centre-Bretagne, de nombreux vide-greniers organisés tous les dimanche matin par l’association CBJ (Central Brittany Journal), il ne vous en coûtera que 1euro, quel que soit la taille de votre stand. Ceci explique peut être qu’à Bulat Pestivien, en mai, ils étaient pas loin de 300 exposants à se bagarrer dès 5h du matin pour avoir une place.

Ne pas oublier enfin de demander à la mairie des barrières ou ganivelles pour barrer les accès (voire des blocs de béton en ville, ou si la manifestation est importante), et se rapprocher d’elle pour les fléchages et les accès du vide-grenier… ou pour bien en indiquer l’emplacement afin d’éviter que ce beau parking où vous avez décidé d’installer les exposants ne soit pas encombré de voitures le jour J.

Toujours ce jour, prévoir des bénévoles pour tracer les emplacements et installer les exposants… une voire deux heures avant l’ouverture au public – par exemple pour un vide-grenier de 150 exposants, les installer à partir de 7h pour ouvrir au public à 9 h. Cependant chineurs avertis et professionnels arrivent très souvent en plein déballage. L’important c’est que tout le monde soit à sa place rapidement – et puisse remballer non moins rapidement – et que les secours puissent accéder en cas de besoin.

Pour savoir si un vide-grenier se déroule à côté de chez vous, vous pouvez vous rendre sur ce site.

Crédit photo : DR
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