Les temps sont durs pour Benoît Hamon, le leader de Génération.s. Bien que massacré dans les sondages, Ben de Saint Renan persiste à vouloir présenter une liste aux élections européennes de mai 2019.

Pour ce faire, il cherche des alliés. Il a cru pouvoir faire affaire avec les écologistes, mais ces derniers se sont dérobés. Et puis Benoît Hamon fait rigoler ses « copains » de gauche : il doit se contenter d’un petit 3% d’intentions de vote pour ces européennes (IFOP – Fiducial, vendredi 29 juin 2018). Alors lorsqu’il se lance dans une attaque en règle contre Yannick Jadot qui entend diriger une liste écolo autonome l’an prochain, il n’est pas crédible. « Nous ferons face en souriant à la litanie des stratégies inavouables des acteurs minuscules pour retarder cette unité », lance-t-il lors de sa convention de Grenoble (Libération, lundi 2 juillet 2018). En fait d’« acteurs minuscules », il parle de ce qu’il connaît avec ses 3%, alors que la liste Europe Ecologie Les Verts est créditée, elle, de 6% dans le même sondage.

Les écolos lui font sa fête

Il faut reconnaître que les écolos lui font sa fête plus souvent qu’à son tour. « Je l’aime bien Benoît Hamon, il est sympathique, et ses proches aussi qui sont très soudés. Mais nous, nous n’avons pas découvert l’écologie il y a un an. Nous y réfléchissons depuis plus de quarante ans », lui balance David Corman le patron d’EE-LV (Le Figaro, samedi 30 juin – dimanche 1e juillet 2018). Précédemment, Yannick Jadot l’avait également assaisonné : « C’est sur une ligne claire qu’on fait de la politique. Moi, aujourd’hui, je vois que Benoît Hamon zigzague pour trouver sa place à gauche » (Libération, 24 juin 2018).

Et puis on lui cherche des poux dans la tête à propos de ses comptes de campagne. Rappelons qu’au premier tour de l’élection présidentielle (23 avril 2017), il était arrivé en cinquième position, avec 6,36% des voix. Mais il avait dépensé plus de 15 millions d’euros ! Légèrement en deçà du plafond de 16,8 millions d’euros autorisé pour les participants du premier tour. Un personnel nombreux (72 personnes), 1450 m² de bureaux, des dépenses tous azimuts expliquent ce montant. Le plus amusant est une facture de « 21 600 euros pour un prestataire, dont le principal enseignement résidait dans le conseil au candidat d’éviter de porter des costumes aux manches trop longues et des pantalons trop grands » (Le Monde, 1 – 2  juillet 2018).

Un conseil : faire modeste et se replier à Saint-Renan pour les élections municipales de mars 2020 : il pourra s’y faire élire conseiller municipal d’opposition – à condition d’être tête de liste. Et là, on ne l’embêtera pas avec des histoires de costumes aux manches trop longues et des pantalons trop grands

B. Morvan

Crédit photo : Marion Germa /Wikimedia (cc)
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