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Benoît Hamon aurait une certaine tendance à pleurnicher. Faute d’être reconnu par la classe dirigeante, il n’est pas parvenu à s’imposer lors de la dernière élection présidentielle. Il n’avait pas « la carte », dit-il.
Lors de la récente élection présidentielle, Benoît Hamon s’était contenté d’un modeste 6,36 % alors qu’il était le candidat du PS. De son côté, Jean-Luc Mélenchon était monté à 19,58 %. « Ben » explique ses malheurs passés et présents d’une manière singulière. « L’ancien socialiste, qui a grandi au sein d’une famille “modeste”, estime ne pas avoir “la carte” aux yeux de la bourgeoisie parisienne qui le “méprise ouvertement”. Selon lui, c’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs dirigeants de son parti d’origine lui ont fait “la misère” lors de la dernière présidentielle et que les médias lui “tapent” dessus. » (Libération, jeudi 4 avril 2019).
« Ben » n’est pas un « pequenaud »
À coup sûr, s’il disposait d’un bon service communication, les médias et la bourgeoisie parisienne le reconnaîtraient à sa juste valeur. Un bon communicant expliquerait que « Ben » n’est pas un « pequenaud » vivant à Saint-Renan (près de Brest). Au contraire, il mène une existence bourgeoise à Issy-les-Moulineaux dans un bel appartement en compagnie de Madame (Gabrielle Guallar), cadre sup chez LVMH où elle s’occupe de lobbying. Rien à voir avec une caissière de chez Carrefour payée au SMIC. Certes, « Ben » s’était fait élire député chez les pauvres et les immigrés de Trappes, mais il se gardait bien d’y vivre ; on ne le voyait guère en dehors des campagnes électorales. Pour toutes ces raisons, « Ben » mérite « la carte » et le respect de la classe dominante.
D’autant plus que les ambitions de notre homme sont loin d’être médiocres. Il voit grand pour son parti Génération.s : « Notre objectif, je n’ai pas honte de le dire, c’est de devenir la première force de progrès en France. » (Le Monde, 6 décembre 2017). Et ce serait un peu trop facile de se moquer de sa petite entreprise parce que les intentions de vote pour les européennes ne sont pas au beau fixe : 3,5 % – enquête Harris Interactive, Le Figaro, lundi 8 avril 2019. Alors que sa liste a pris un point, passant de 2,5 % à 3,5 %. Un résultat très bas mais qui lui permettrait cependant de rembourser ses frais de campagne (le seuil étant fixé à 3 %). Ce serait triste en effet s’il était obligé de vendre son appartement d’Issy-les-Moulineaux pour payer les factures…
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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