Le 18 juillet dernier, un homme était abattu de deux balles à Nantes Bellevue, dans le cadre d’un règlement de compte à la marseillaise, en plein après–midi. Le 21 juillet, des tirs éclataient rue de l’Héronnière, rue d’Ancin et sur le quai de la Fosse, quelques centaines de mètres à l’ouest du centre–ville nantais. Dans les deux cas, les investigations ont mené sur la piste de la drogue.

« Nantes est devenu un important centre de deal de drogue, qui alimente plusieurs villes du Grand Ouest », relève un policier proche du dossier. Cette réalité alimente directement la délinquance d’aujourd’hui, entre règlements de compte, sur–armement et représailles, comme la réalité du « milieu nantais » était liée directement à la délinquance des années 1970 et 1980, notamment — déjà ! — sur le quai de la Fosse.

Cependant les années ont défilé et le « milieu », si on peut en parler encore, aussi. Quai de la Fosse, une serveuse a été agressée il y a quelques mois pour les cinq euros qu’elle avait dans son porte–feuille. Mais les méthodes sont restées. Les tirs, qui ont eu lieu aux abords immédiats d’un bar du quai, visaient un commerçant, qui a été victime de dégradations et de deux séries de tirs à une semaine d’intervalle. Lors de la dernière, le 21 juillet, une riveraine a relevé l’immatriculation d’une voiture, ce qui a permis de remonter jusqu’à un Rezéen qui conteste toute implication.

« Plusieurs bars sur le quai, dans ce secteur, nous posent des problèmes récurrents », relève un policier nantais. « Nous savons qu’il y a du deal à leurs abords, et là où il y a du deal, il y a des dettes, des règlements de compte et des tensions ». En l’occurrence, ce serait une « affaire de stups » qui serait à l’origine des coups de feu, selon notre source.

À Bellevue, guère mieux. La victime, père de famille de 34 ans, était connue de la justice. Et suspectée très fortement d’être un gros bonnet de la drogue sur Nantes. L’auteur, qui s’est livré, est un Africain lui aussi défavorablement connu, « un gros bébé – baraqué et tout – connu pour être assez timbré », relève un proche du dossier, qui remarque qu’il s’est « sans doute livré par peur de représailles ». Il est issu du quartier dit « sensible » de Plaisance, à Orvault.

Certes, le procureur de la République, Pierre Sennès, a parlé d’un « antagonisme personnel, une animosité réciproque » entre la victime et son meurtrier. Ce dernier par deux fois aurait été attaqué au couteau par sa future victime. Mais il faut aller plus loin : « il y avait des histoires liées aux stupéfiants entre eux », explique un proche du dossier.

Il y a beaucoup d’ « antagonismes personnels » de par le monde, mais peu expliquent un meurtre. « Si ce n’est la drogue et l’argent. Ou les deux », relève un policier nantais pour lequel « ça ne va pas aller en s’améliorant. Surtout que les pouvoirs publics – la municipalité, la préfecture (l’État) – regardent ostensiblement ailleurs et font comme si de rien n’était. Pour les délinquants, c’est un permis de tuer ».

Louis Moulin

Photo carte : Breizh-info.com
Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.