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Le 14 septembre dernier, le député LREM de la 2e circonscription de Loire-Atlantique Valérie Oppelt organisait une table ronde à la CCI pour ébaucher des pistes afin d’intégrer les migrants dans le monde du travail et l’apprentissage. Cette table ronde a réuni plus de 40 personnes, dont Aïcha Bassal, adjointe à la vie associative pour la ville de Nantes, Frédéric Brangeon pour l’Union des entreprises de proximité (U2p), des militants associatifs, etc.
Nous avons voulu en savoir plus auprès de Valérie Oppelt.
Aujourd’hui l’@u2p44 autour de la Table ronde organisée par @valerie_oppelt pour l’intégration des migrants par le travail, et aussi l’intégration par l’apprentissage @cmarPDL @AssembleeNat #migrants @AudeAmadou @Johanna_Rolland @BelyPhilippe @MounirBelhamiti pic.twitter.com/AGCj5rH2Xe
— frederic Brangeon (@BrangeonBoul) 14 septembre 2018
Breizh Info : Valérie Oppelt, vous êtes donc pour l’emploi des migrants ?
Valérie Oppelt : Exactement.
Breizh Info : Comment comptez-vous y arriver ?
Valérie Oppelt : Cela fait longtemps que je travaille sur le dossier, avec Pôle Emploi, des entrepreneurs, des associatifs… J’en ai aussi aidé certains pour leurs démarches administratives, c’est le rôle d’un député.
Breizh Info : Pouvez-vous donner un exemple ?
Valérie Oppelt : Il y avait un demandeur d’asile qui avait démarré un contrat d’apprentissage qui avait été stoppé au vu de son statut. Là on a réussi à maintenir sa formation, parfois on échoue.
Breizh Info : quel était l’objectif de cette table ronde?
L’objectif était de réunir les diverses parties pour commencer à se connaître, mais aussi définir de grandes thématiques : l’accompagnement personnalisé des demandeurs d’asile – qui n’existe quasiment pas, le logement, les déplacements, la simplification administrative, les stages ; chacun a pu s’exprimer quatre minutes, c’était minuté. Une nouvelle réunion le 22 octobre prochain permettra de les approfondir.
Breizh Info : Quel est l’objectif de ces rencontres ?
Valérie Oppelt : Ébaucher des pistes et les remonter pour changer la loi.
Breizh Info : Le niveau local est-il adapté pour cela ?
Valérie Oppelt : C’est une chance d’avoir des chefs d’entreprise qui veulent s’impliquer. Dans le maraîchage, les agences d’intérim, la métallurgie ils font état de problèmes de recrutement. Il faut remonter ces informations et mon objectif est que la Loire-Atlantique devienne un territoire d’expérimentation pour l’emploi des migrants.
Breizh Info : Il y a pourtant sur la 2ème circonscription aussi des chômeurs qui ne trouvent pas de travail, et qui seraient ravis qu’un député se décarcasse pour eux, non ?
Valérie Oppelt : Un travail est prévu sur la refondation de Pôle Emploi. Et puis il y a une demande précise de la part des chefs d’entreprise qui n’arrivent pas à recruter.
Breizh Info : Quels chefs d’entreprise étaient présents à la table ronde ?
Valérie Oppelt : Simon Robic qui a proposé des stages, Philippe Retière, président de la fédération des maraîchers nantais, il y avait un chef d’entreprise de transports aussi, je ne suis pas certaine qu’il veuille que je donne son nom…
Breizh Info : Pour l’emploi des migrants, le droit du travail français s’appliquerait ? En d’autres termes, auront-ils leur salaire minimum horaire, leurs congés, leurs droits sociaux, etc. ? Comme les autres travailleurs français ?
Valérie Oppelt : Il y a deux cas de figure. Il y a les migrants qui n’ont pas demandé l’asile, et les demandeurs d’asile. Ils peuvent travailler au bout de six mois sur le territoire, dès qu’ils ont eu la réponse de l’OFPRA, dans les secteurs dits sous tension comme la logistique ou le maraîchage [maraîchage, nettoyage et bâtiment, ainsi que les récoltes de pommes, du muguet et les vendanges pour la Loire-Atlantique] Pour être allée dans des squats, il est difficile pour eux de trouver facilement du travail, même dans ces secteurs. Pour autant, ils préféreraient travailler et payer leur logement plutôt que de vivre des allocs, la CMU etc. Il est vrai que le système ne les incite peut-être pas à travailler.
Breizh Info : Vous êtes donc en accord avec le président Emmanuel Macron qui disait récemment que les allocations sociales coûtaient un « pognon de dingue » sans parvenir à sortir les gens de la pauvreté ?
Valérie Oppelt : Pas du tout. Je ne le dis pas comme ça. Eux ils veulent travailler.
Breizh Info : Ça fait maintenant plus de deux mois que près de 500 migrants africains campent square Daviais, au cœur de Nantes. Qu’en pensez-vous ?
Valérie Oppelt : Très clairement il y a eu des postures politiques pas très saines, certes depuis l’interpellation des maires du département par Territoires 44 [pour prendre dans leurs communes des migrants qui ont obtenu le statut de réfugié et libérer des places en CADA pour les migrants du square Daviais] enfin certains se bougent, ce n’est pas possible de rester dans ces conditions. De son côté l’État essaie de libérer des places en CADA [centre d’accueil des demandeurs d’asile] prises par des réfugiés reconnus comme tels qu’on pourrait loger dans le parc privé ou public plutôt que de multiplier les places en CADA.
Breizh Info : Quand vous parlez de postures politiciennes, visez-vous l’opposition de droite à Nantes ?
Valérie Oppelt : Je vise tout le monde, Johanna Rolland aussi, tout le monde se renvoie la balle.
Breizh Info : Certains groupes ou certaines personnes qui viennent en aide aux migrants à Nantes – notamment dans les rangs de la gauche ou de l’extrême-gauche – veulent remettre en cause la notion même de frontière, et se prononcent pour l’accueil inconditionnel de tous les migrants. Qu’en pensez-vous ?
Valérie Oppelt : Il y a des règles à respecter, et c’est un sujet européen, on ne peut pas accueillir tout le monde. C’est un sujet très sensible, délicat, que Macron cherche à traiter au niveau de l’union européenne.
Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe
Crédit photo : DR
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