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Décembre 1756. Après avoir déjoué un complot qui visait à renverser la République de Venise, Pietro Viravolta de Lansalt, ancien agent secret de la Sérénissime, se rend à Versailles. Surnommé l’Orchidée noire, ami de son compatriote Casanova, réputé comme l’une des plus fines lames d’Europe, Viravolta est accompagné de sa charmante épouse Anna. Mais le bon roi Louis XV est l’objet d’une tentative d’assassinat au couteau par Robert-François Damiens. Celui-ci est supplicié en place de Grève par le jeune bourreau Charles-Henri Sanson. Jean-Pierre Tercier, chef des agents royaux, demande alors à Viravolta de démasquer ceux qui ont commandité cet attentat. Après une enquête riche en rebondissements, Viravolta découvre que le complot est organisé par une mystérieuse organisation qui cherche à renverser la Monarchie. Viravolta choisit alors son camp : il va sauver Louis XV.

Arnaud Delalande est notamment l’auteur d’une série de romans publiés de 2006 à 2017 contant les aventures de Viravolta, agent secret de la République de Venise (Le Piège de Dante, Les Fables du Sang, Notre espion en Amérique et Révolution, tome 1 et 2). Il devient scénariste de bandes dessinées historiques en 2008 (Le Dernier Cathare, Surcouf, Aliénor, La Jeunesse de Staline, François…). Il adapte aujourd’hui en bande dessinée son héros Viravolta, dans une nouvelle aventure inédite. Celui-ci va déjouer un complot contre le roi de France Louis XV.
Adapter un roman en bande dessinée est souvent délicat. Mais Viravolta déroge à la règle puisque le scénariste de bande dessinée adapte son propre roman. Les textes sont nombreux mais ne nuisent aucunement au rythme du récit. On regrette cependant les quelques inutiles scènes érotiques qui empêchent la lecture par les enfants.
Delalande mêle astucieusement fiction et faits historiques. Par exemple, il reproduit fidèlement le supplice de Robert-François Damiens, « tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite tenant en icelle le couteau dont il a commis le dit régicide, brûlée au feu de soufre, et sur les endroits où il sera tenaillé, jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix résine brûlante, de la cire et soufre fondus et ensuite son corps tiré et démembré à quatre chevaux et ses membres et corps consumés au feu, réduits en cendres et ses cendres jetées au vent ». Une fois la sentence prononcée, Damiens aurait eu cette phrase laconique, restée célèbre : « la journée sera rude » !

Le dessinateur Éric Lambert a connu le succès dès sa première série, Merlin, consacrée à la légende arthurienne. Par son trait réaliste, il offre une reconstitution convaincante du château de Versailles. Il a pris tout son temps pour dessiner soigneusement la galerie des Glaces ou les jardins de Versailles sous la neige, la Conciergerie… Ses personnages correspondent aux portraits de l’époque, qu’il s’agisse de Louis XV, de Madame de Pompadour ou même de Robert-François Damiens, dernière personne, en France, à subir l’écartèlement, supplice réservé au régicide.
Son dessin est mis en valeur par la magnifique colorisation de Filippo Rizzu. La mise en couleur du château de Versailles au coucher de soleil est une splendeur.
Kristol Séhec
Viravolta, Tome 1 L’Orchidée noire, 13,90 euros. Editions Glénat.
Illustrations : DR
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