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Quand les foules estivales ont quitté la côte adriatique, Comacchio retrouve son vrai visage. Cette petite ville de la province de Ferrare, en Émilie-Romagne, vit au rythme de ses canaux et de ses lagunes. De l’automne à l’hiver, elle offre un spectacle que peu de voyageurs français connaissent : le passage de milliers d’oiseaux migrateurs, et la descente des anguilles vers la mer.
Une petite Venise bâtie sur les îles
On surnomme souvent Comacchio la « petite Venise ». La ville a été construite au XVIIe siècle sur plusieurs petites îles, à 3 kilomètres de l’Adriatique. Elle est parcourue de canaux bordés de maisons aux couleurs pastel, sans la foule de la Sérénissime.
Son monument emblématique, le Trepponti, marquait autrefois l’entrée de la ville par l’eau. Construit en 1638 à la demande du cardinal Giovan Battista Pallotta, à la jonction entre le canal venu de la mer et les canaux intérieurs, il réunit 5 escaliers au-dessus de ses arches et s’ouvre sur 4 canaux. Des plaques de marbre y portent des vers du Tasse et de l’Arioste. En 1954, Sophia Loren y a tourné La Fille du fleuve.
Les lagunes, royaume des oiseaux
Autour de la ville s’étendent les Valli di Comacchio, de vastes lagunes saumâtres formées à partir du Xe siècle. Elles couvrent environ 12 000 hectares au sein du parc du delta du Pô d’Émilie-Romagne, classé réserve de biosphère par l’UNESCO. Ce paysage est le fruit de siècles de gestion de l’eau par les habitants.
Plus de 350 espèces d’oiseaux migrateurs, hivernants ou nicheurs y ont été recensées. L’automne est l’une des grandes périodes de migration. On y observe des flamants roses, des hérons, des aigrettes, des cormorans, des grues, des échasses blanches et plusieurs espèces de rapaces. En hiver restent les foulques, les fuligules milouins et les grèbes. Des postes d’observation jalonnent les parcours.
L’oasis de Boscoforte, accessible uniquement avec un guide, abrite les chevaux blancs du Delta, cousins de ceux de Camargue, qui y vivent en liberté. On les observe plus facilement au printemps et à l’automne, le matin ou en fin d’après-midi.
En bateau, à pied ou à vélo
Les excursions en bateau partent de Stazione Foce et durent environ 2 heures. Elles sont proposées de mars à novembre. Elles longent les cabanes de pêcheurs, les digues et les lavorieri, ces pièges traditionnels à anguilles. Il existe aussi des sorties en canoë et des balades en bateau accompagnées d’un apéritif aux produits locaux. En hiver et pendant les semaines de Noël, des visites à pied sont proposées dans le centre historique, où des crèches sont installées sur l’eau, ainsi que dans les lagunes.
Les cyclistes ne sont pas oubliés. L’Argine degli Angeli, une piste non goudronnée de 5,4 kilomètres, traverse la lagune entre la station de pêche de Bellocchio et Volta Scirocco en une trentaine de minutes. Elle fait partie d’une boucle d’environ 55 kilomètres autour des lagunes. Les plus endurants peuvent poursuivre sur la Ciclovia Destra Po, plus de 120 kilomètres le long du fleuve jusqu’à Gorino Ferrarese. Cet itinéraire appartient à l’EuroVelo 8, la grande véloroute de la Méditerranée.
L’anguille, une tradition millénaire
L’anguille est l’âme de Comacchio. Chaque année, d’octobre à décembre, les anguilles adultes descendent des lagunes vers la mer pour aller se reproduire. Une partie est capturée dans les lavorieri, conçus pour laisser passer une partie des poissons afin de préserver l’espèce. Pendant des siècles, cette pêche a fait vivre la ville.
La Manifattura dei Marinati raconte cette histoire. Cette ancienne conserverie, active depuis les premières décennies du XXe siècle, est devenue un musée. La Sala dei Fuochi conserve ses grandes cheminées, où les anguilles étaient rôties, et que l’on rallume en hiver. Les bateaux accostaient à la Calata, puis le poisson partait dans la Sala degli Aceti pour la marinade. L’anguille marinée traditionnelle des Valli di Comacchio, protégée par un Presidio Slow Food, est vendue sur place.
À table, on goûte aussi le riz du delta du Pô (IGP), les palourdes de Goro, les vins du Bosco Eliceo, les poissons marinés, les ragoûts et les grillades de poisson.
Spina, la cité étrusque retrouvée
Comacchio est aussi une étape pour les amateurs d’histoire. Installé dans l’ancien Ospedale degli Infermi, le Museo Delta Antico retrace l’histoire du delta de la Protohistoire au Moyen Âge, et son rôle dans le commerce et la navigation. Une grande partie du musée est consacrée à Spina, cité étrusque fondée à la fin du VIe siècle avant notre ère. Grand port de commerce avec le monde grec, elle a été redécouverte en 1922 à Valle Trebba. Les fouilles y ont mis au jour plus de 4 000 sépultures, riches en céramiques attiques. À Stazione Foce, une reconstitution en bois, en roseaux et en argile montre l’habitat de Spina selon les méthodes de l’archéologie expérimentale.
Infos pratiques
Comacchio se trouve à environ 50 kilomètres de Ferrare, ville d’art inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, et à un peu plus d’une heure de route de l’aéroport de Bologne. Le parc du delta du Pô s’étend sur les provinces de Ferrare et de Ravenne, et les Lidi di Comacchio offrent 25 kilomètres de plages sur l’Adriatique. Le programme des visites et des événements est sur visitcomacchio.it,
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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