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Les reins travaillent sans relâche et sans bruit. Ils filtrent le sang pour en éliminer les déchets, équilibrent l’eau et les sels minéraux, participent à la régulation de la tension artérielle et à la production des globules rouges. Cette discrétion a un revers : un cancer peut s’y développer longtemps sans donner de signes. Le cancer du rein représente 3 à 5 % de l’ensemble des cancers et figure parmi les 10 plus fréquents.
Un cancer souvent découvert par hasard
À ses débuts, le cancer du rein ne provoque généralement aucun symptôme. Il est très souvent découvert de façon fortuite, à l’occasion d’une échographie ou d’un scanner prescrits pour une autre raison. Les signes apparaissent quand la tumeur grossit, comprime les tissus voisins ou perturbe le rôle hormonal du rein. Ils peuvent aussi être confondus avec ceux d’une infection urinaire ou de calculs rénaux.
Le signe le plus fréquent est la présence de sang dans les urines, visible à l’œil nu ou détectée seulement par une analyse, et qui peut apparaître puis disparaître. Plus de 60 % des patients en ont présenté, parfois sans aucun autre symptôme. D’autres signes doivent alerter : une douleur ou une sensation de pesanteur sur le côté de l’abdomen, une masse palpable dans le flanc, des douleurs dans le bas du dos, une sensation de satiété après avoir très peu mangé. Chez l’homme, l’apparition d’une varice au niveau des bourses (varicocèle) peut aussi être un signe. La tumeur peut en effet gêner l’écoulement du sang dans la veine du rein.
Parce que le rein produit des hormones, la maladie peut aussi dérégler l’organisme. Elle peut provoquer une anémie, ou au contraire un excès de globules rouges qui épaissit le sang et donne des maux de tête, des vertiges ou des troubles de la vue. Elle peut aussi faire monter la tension artérielle et entraîner une grande fatigue. Gonflement des jambes, sueurs nocturnes, amaigrissement inexpliqué et petites fièvres à répétition sans infection apparente font aussi partie du tableau. Quand le cancer s’est étendu, il peut provoquer essoufflement, toux avec du sang ou douleurs osseuses. Le fameux trio associant douleur au flanc, sang dans les urines et masse palpable ne s’observe que chez 10 à 15 % des malades.
Plusieurs formes de cancer
Dans environ 90 % des cas, il s’agit d’un carcinome rénal, né dans la paroi des petits tubes du rein. D’autres formes existent. Les tumeurs des voies urinaires du rein, nées dans le bassinet ou l’uretère, se comportent plutôt comme des cancers de la vessie. La tumeur de Wilms touche surtout les enfants. Les sarcomes du rein, enfin, sont rares. Toutes les masses rénales ne sont pas malignes : 15 à 20 % de celles découvertes sont bénignes, même si elles peuvent grossir et poser des problèmes.
Tabac, surpoids, hypertension : les grands facteurs de risque
La cause exacte reste le plus souvent inconnue, mais plusieurs facteurs augmentent le risque. Le tabac est l’un des principaux : il serait lié à près de 15 % des cas. Les substances toxiques de la fumée passent dans le sang, atteignent les reins et endommagent l’ADN des cellules. Le risque augmente avec la quantité et la durée du tabagisme, mais il diminue après l’arrêt. Au bout d’une dizaine d’années, il peut se rapprocher de celui d’un non-fumeur.
Le surpoids et l’obésité seraient en cause dans environ 25 % des cas, en modifiant les hormones, le métabolisme et l’inflammation. L’hypertension artérielle augmente aussi le risque, d’autant plus que la tension est élevée.
Certaines expositions professionnelles sont en cause, en particulier le trichloroéthylène, un solvant utilisé pour dégraisser les métaux. Le cadmium et les fumées de soudage sont également suspectés. Les personnes atteintes d’une maladie rénale chronique ou dialysées depuis longtemps présentent aussi un risque accru. L’usage régulier et prolongé de certains anti-inflammatoires comme l’ibuprofène, et du paracétamol, est associé à une légère hausse du risque, contrairement à l’aspirine. Une prise occasionnelle ne semble pas poser de problème.
L’âge joue aussi : environ 35 % des cas surviennent après 75 ans. Le carcinome rénal est 2 fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme, peut-être en partie à cause du tabagisme et d’expositions professionnelles plus fréquentes. Quelques maladies héréditaires rares, comme la maladie de von Hippel-Lindau, prédisposent fortement à ce cancer. Les personnes porteuses de la drépanocytose ou de son trait génétique peuvent développer une forme rare et agressive qui touche souvent des sujets jeunes.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Il n’existe pas de dépistage pour l’ensemble de la population. Les personnes à risque, comme celles atteintes d’une maladie héréditaire prédisposante, d’une maladie rénale chronique ou dialysées depuis longtemps, peuvent bénéficier d’une surveillance régulière par imagerie, et d’une consultation de génétique en cas d’antécédents familiaux.
Devant des symptômes évocateurs, le médecin procède à un examen clinique, puis prescrit des analyses de sang et d’urine. Elles ne suffisent pas à poser le diagnostic, mais donnent des indices. Le scanner est l’examen clé : il permet de repérer la tumeur, d’en mesurer la taille et de vérifier si elle s’est étendue. L’IRM et l’échographie le complètent. La biopsie n’est nécessaire que lorsque l’imagerie ne permet pas de conclure, ou lorsque la chirurgie n’est pas envisagée.
Un cancer de mieux en mieux soigné
Près de 2 malades sur 3 sont diagnostiqués à un stade précoce, quand la tumeur est encore limitée au rein. 15 à 20 % le sont lorsqu’elle a atteint les veines, la graisse voisine ou les ganglions proches, et autant à un stade avancé avec des métastases. Tous stades confondus, environ 80 % des patients sont en vie 5 ans après le diagnostic, avec de fortes différences selon le stade.
Pour les petites tumeurs qui évoluent lentement, une simple surveillance régulière par imagerie peut suffire. Pour un cancer limité au rein, la chirurgie reste le traitement de référence : on retire une partie du rein (néphrectomie partielle) ou le rein entier. On peut aussi détruire la tumeur par la chaleur (radiofréquence) ou par le froid (cryothérapie). Pour les patients qui ne peuvent pas être opérés, une radiothérapie très ciblée peut être proposée. Après l’opération, un traitement complémentaire par immunothérapie peut être indiqué pour certains patients à risque élevé de rechute, afin de réduire le risque de récidive. Aux États-Unis, une nouvelle association de 2 médicaments a été autorisée en juin 2026 dans cette indication.
Les formes avancées ont été transformées ces dernières années par 2 familles de traitements : les thérapies ciblées, qui empêchent notamment la tumeur de fabriquer les vaisseaux sanguins dont elle a besoin, et l’immunothérapie, qui stimule les défenses du patient contre le cancer. Ces traitements sont souvent associés. La chimiothérapie classique est peu efficace sur ce cancer. La chirurgie, l’embolisation, qui bloque l’arrivée de sang dans la tumeur, et la radiothérapie gardent un rôle pour réduire les tumeurs et soulager les symptômes.
La recherche avance. L’histotripsie, une technique qui détruit la tumeur par ultrasons focalisés sans incision, est à l’essai. Une thérapie cellulaire de type CAR-T, qui utilise des cellules immunitaires modifiées pour cibler une protéine présente à la surface des cellules cancéreuses, a donné des résultats encourageants dans un essai de phase 1 : la tumeur a régressé ou s’est stabilisée chez environ 59 % des patients évalués. Des essais plus larges restent nécessaires.
L’activité physique, alliée à tous les stades
Le mode de vie compte, avant comme après la maladie. Une étude portant sur plus de 222 000 adultes a montré que les personnes déclarant une activité physique avaient un risque de mourir d’un cancer du rein environ 2 fois plus faible que les personnes inactives. Les personnes obèses avaient un risque de décès par ce cancer presque 3 fois plus élevé que celles de poids normal. Une autre étude, menée en 2024 sur 341 patients opérés d’un cancer du rein, a montré que ceux qui pratiquaient davantage d’activité physique 3 mois après l’intervention avaient une meilleure forme physique, une vie sociale plus riche et moins de fatigue.
Les spécialistes recommandent une activité douce et progressive : marche, étirements, yoga doux, en commençant par 5 à 10 minutes, avec l’accord du médecin, surtout après une opération. Une revue publiée en avril 2026, portant sur 18 études et 2 774 participants, a conclu que le soutien psychologique, en particulier la méditation de pleine conscience, était l’approche la mieux étayée pour accompagner les patients. Côté alimentation, il est conseillé de privilégier les protéines maigres, de limiter le sel et les produits transformés, et de demander à l’équipe soignante combien boire, car les besoins varient selon la fonction rénale.
Certaines études chinoises suggèrent que des préparations de pharmacopée traditionnelle associées aux traitements classiques pourraient améliorer la tolérance. Elles portent cependant sur de petits effectifs, et leurs résultats restent préliminaires. Aucune plante ne doit être prise sans en parler à son cancérologue, en raison des risques d’interaction.
Peut-on prévenir le cancer du rein ?
Il n’existe pas de prévention garantie, puisque certains facteurs comme l’âge ou la génétique ne se contrôlent pas. Mais plusieurs gestes réduisent le risque : ne pas fumer ou arrêter, garder un poids raisonnable, surveiller sa tension et bouger régulièrement. Une méta-analyse de 2013 portant sur 19 études et plus de 2,3 millions de personnes a montré qu’une activité physique plus élevée est associée à un risque plus faible de cancer du rein. Il faut aussi limiter son exposition aux produits chimiques dangereux au travail, comme le trichloroéthylène.
Une étude suédoise a par ailleurs associé une consommation régulière de bananes et de légumes-racines, comme la carotte ou la betterave, à un risque plus faible. Les personnes dont la fonction rénale est réduite doivent cependant surveiller leur consommation de bananes, riches en potassium.
La présence de sang dans les urines, même une seule fois et sans douleur, justifie toujours une consultation chez son médecin traitant.
Photo : Pixabay
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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