Chahuté et contesté, le pacte mondial sur les migrations a finalement été approuvé. Ce lundi  lors d’une conférence intergouvernementale à Marrakech, plus de 150 représentants de pays membres des nations unies ont assisté à la ratification du texte. D’ailleurs, c’est par un simple coup de marteau que le pacte destiné à renforcer la coopération internationale pour une migration sûre, ordonnée et régulière a été adopté, après proclamation orale le tout, avec la bienveillance des habituels progressistes que sont Angela Merkel et Justin Trudeau mais sans Emmanuel Macron.

En effet, le président français, en difficulté sur le plan national avec la mobilisation des gilets jaunes, a annulé son déplacement à Marrakech préférant envoyer le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne. Un secrétaire d’état inconnu au bataillon qui s’en est ouvertement pris à Marine le Pen après que l’ancienne candidate à la présidentielle a dénoncé un pacte suicidaire.


Un coup de communication de la part de l’exécutif à six mois des élections européennes qui montre la fébrilité du gouvernement à ce sujet. En effet, au-delà de la ratification de Marrakech, le pacte sur les migrations est apparu comme le premier enjeu de la bataille électorale qui aura lieu en mai prochain. Si le camp progressiste y voit une victoire symbolique, le vent pourrait tourner d’ici là, en témoigne la multiplication des défections notamment en Europe ou près d’un tiers des pays, dont l’Autriche, la Pologne ou encore l’Italie, a refusé d’approuver le texte. Et l’effet boule de neige pourrait se poursuivre.

D’ailleurs, il a commencé à gagner l’Allemagne et la Belgique où de nombreuses manifestations hostiles au pacte se sont déroulées. Au plat pays, les cinq ministres et secrétaires d’Etat issus de la NV-A ont annoncé leur décision de quitter la coalition gouvernementale. Au vu de cette guerre politique, difficile, donc, de ne pas faire le lien avec les élections européennes alors que l’opposition entre progressistes et populistes est déjà clairement affichée. En France, cette adoption pourrait d’ailleurs clairement faire le jeu du parti de Marine le Pen, une partie des gilets jaunes ayant manifesté son hostilité à l’égard du pacte.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine