Le conseil municipal de mi-novembre dernier à Saint-Nazaire s’intéressait à l’épineuse question de la dette. Épineuse – moins cependant qu’ailleurs puisque Saint-Nazaire a une dette moindre que les villes de la même strate. Mais elle augmente et, surtout, elle est à taux variable, ce sur quoi ne s’appesantit pas la municipalité socialiste.

L’évolution de la dotation forfaitaire de la ville de Saint-Nazaire est toujours à la baisse : de 400.000 € euros entre 2019 et 2018. La dotation de solidarité urbaine augmente elle de 100.000 €. Mais si depuis 2014 elle a augmenté de 18%, la dotation forfaitaire consentie par l’État, nettement plus importante en volume, a été divisée par deux (-54%).

Une dette de 72 millions d’euros en fin de mandat ?

La dette est de 54 millions d’euros à fin 2017 – elle est composée à 63% de dette à taux variable. Ainsi, dans les annexes du même conseil, on retrouve l’ouverture d’un prêt auprès de l’Agence France Locale « pour financer les investissements prévus au budget 2018 ». Le prêt d’un montant de 5 millions d’euros est consenti sur 15 ans, avec un taux Euribor de 12 mois et une marge Index +0.23%.

La municipalité socialiste se tient prête à « activer le levier de la dette » pour ne pas augmenter les impôts – autrement dit comme Gribouille à se jeter à l’eau pour ne pas être mouillée. La dette devrait atteindre 72 millions d’euros en fin de mandat, avec une capacité de désendettement portée à 6 ans.

De quoi faire dire à l’opposition RN que « Samzun et Arnout se gardent bien d’expliquer que, d’une part, symboliquement, [la dette] double entre 2014 et le prévisionnel de 2020 (de 36 millions à 72 millions d’euros), mais encore qu’elle retrouvera ainsi son niveau pratiquement record d’il y a vingt ans ».

 

Plus d’un PV sur deux non réglé à la STRAN

Par ailleurs le conseil municipal s’intéressait à la situation de la STRAN, l’opérateur de transports en commun de l’agglomération nazairienne. Celle-ci a bénéficié en 2017 de 16.356.249€ versés par la CARENE – l’intercommunalité – et de 419.163 € de crédit d’impôt compétitivité emploi. Les recettes ont augmenté de 0.9% (3.616.851€). La fréquentation de 3.6% (9.2millions de voyageurs). Un tiers des abonnés – concentrés sur Saint-Nazaire à 85% – bénéficient de la tarification solidaire.

Pour contrer la fraude, deux agents vérificateurs supplémentaires ont été embauchés – ils sont dix sur le réseau. Le taux de fraude officiel, calculé selon le nombre de PV dressés sur le nombre total de contrôles, serait de 1.95%. Officiellement, il est de 10% à Nantes depuis des années, beaucoup plus en réalité. Cependant, à peine un PV sur deux est réglé : seuls 43% des PV dressés dans l’année sont réglés fin décembre, 16% n’ont aucune chance de l’être faute de nom ou d’adresse correct (NPAI). « Plus de la moitié des infractions a donc été laissée en suspens, au détriment des Nazairiens honnêtes», relève l’opposition RN.

En revanche la situation sécuritaire semble meilleure pour les agents – l’absentéisme est de 7.27% en 2017, stable, alors qu’il a dépassé les 11% à la TAN à Nantes et ne cesse d’augmenter. Et ce, même si les incidents sont réguliers, comme ces deux bus de la STRAN caillassés dans les quartiers multiethniques de Prézégat et de la Bouletterie lors de la « purge » anti-forces de l’ordre de la Toussaint 2018.

Quant au service de location vélos, il n’a pas l’air de faire recette. En 2017, il y avait 386 abonnés dont 186 mensuels et 270 locations courtes sur les deux mois d’été pour des recettes totales de 79.305 €. Le service Velycéo occupe pourtant quatre personnes – trois recrutées au sein de la STRAN et une chargée de la vente et de la maintenance recrutée à l’extérieur.

Louis Moulin

Photo : Pouick44/Wikimedia (cc)
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