Nantes. Bus : Moins de la moitié des voyageurs paieraient leur billet

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20-01-2014 – 08h00 Nantes (Breizh-info.com) – La fraude dans les transports en commun est un fléau. Surtout à Nantes, où selon des estimations internes à la TAN (réseau de transports en commun de l’agglomération nantaise) – et gardées courageusement sous le boisseau au vu des prochaines échéances électorales  – moins de la moitié des usagers des transports en commun nantais paieraient leur billet. Le taux de fraude friserait même les 60%. Un taux qui a ses avantages et ses inconvénients.

Le manque de contrôleurs dans les trams et bus nantais est plutôt une bonne nouvelle pour l’usager. De ce fait il économise  sur ses dépenses de transport en commun plus que dans d’autres villes, où le matraquage dans les trams est quotidien… voire plusieurs fois par jour, pour une sécurité et un service qui ne sont pas au rendez-vous.

La priorité des transports en commun nantais semble  avoir toujours été de développer une offre forte, des trams qui se suivent ou quasi, maintenant des bus à haut niveau de service (Chronobus).  Il s’agit de convaincre un maximum d’automobilistes de renoncer à occuper les voiries congestionnées du centre-ville, de l’agglomération et du périphérique.

Cependant, la fraude généralisée accroît aussi l’insécurité. Dans le journal Traminot de la section CGT de la SEMITAN, on trouve ces chiffres éloquents sur l’évolution en ce domaine pour les huit premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an passé :  « Les plus édifiantes sont les atteintes aux usagers du fait de l’explosion des vols à l’arraché +200 % et violences physiques + 70 %. Concernant les salariés sur la même période , les coups et blessures avec ITT ont diminué mais les agressions avec armes ont augmenté de 100 %. Le nombre de libération de portes et tirage d’alarme explose ! ».
La CGT demande d’ailleurs le dépôt de plainte systématique, l’embauche et le déploiement d’agents accueil et prévention (AAP, en contrat d’avenir) supplémentaires et la vidéo-surveillance sur toutes les lignes. Elle a partiellement obtenu gain de cause du fait de l’urgence : 10 AAP ont été embauchés en octobre et 30 de plus le seront en 2014.

Les pratiques de certains contrôleurs sembleraient aussi  favoriser plus l’évitement des problèmes que leur résolution. Ainsi Gilles (*), contrôleur sur le réseau, nous confie que « lorsqu’il y a un groupe de jeunes de quartiers sensibles qui fait le bazar dans la rame, nous, on ne réprime pas, sinon ça serait l’émeute,  mais on les fait sortir, de préférence sans couler de trop l’horaire ».

Sur certaines lignes, notamment des bus qui desservent Malakoff et les quartiers sensibles du sud de l’agglomération, c’est pire encore. Laurence, qui emprunte régulièrement l’une d’elles, estime que « c’est de plus en plus le Bronx. Les contrôleurs n’y vont pas parce que les jeunes se sentent dans ce bus comme chez eux : ils squattent le fond, ils fument, et pas que des cigarettes, ils bâfrent, et quand il y a un contrôleur qui se pointe ils lui font la misère ».

Ajoutons à tout cela le fait que les Nantais sont très opposés au tout-répressif et à la figure tutélaire du gabelou – représenté selon les âges par le gendarme, le portique écotaxe ou le receveur du tramway.
Un système D de l’entraide anti-contrôleurs a émergé à Nantes.  Lulu s’en faisait écho en 2009  :  aujourd’hui avec les pages Facebook, comme celle-ci  ou les comptes Twitter , les groupes d’étudiants et autres applications smartphone dédiées comme Smart Tram qui vient de sortir une version nantaise,  l’usager lambda peut suivre les contrôleurs quasiment à la trace… Ceci enlève beaucoup de son efficacité à toute tentative de faire refluer le taux de fraude, à moins d’y mettre énormément de moyens qui seraient précieux ailleurs, par exemple pour sécuriser certains arrêts, comme Pirmil, où le  » deal  » prospère la nuit.

(*) Le prénom a été changé

LB Greffe.

Crédit photo : breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2013, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 réponses à “Nantes. Bus : Moins de la moitié des voyageurs paieraient leur billet”

  1. Usager dit :

    +100 % +200%… Mais quels sont les chiffres, les vrais ? Parce que si c’est passer de 2 à 4, c’est effectivement spectaculaire… pour les journalistes à sensations

  2. Nantais_actuel dit :

    Quelles sont les sources exactes pour avancer de tels pourcentages ?
    Quel est le n° du journal Traminot ?

    Merci de citer vous sources.

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