Italie. Mgr Giampaolo Crepaldi : « Il n’existe aucun droit à l’émigration » [Interview]

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« La Doctrine sociale de l’Église est claire : les peuples doivent rester dans leur Patrie. La politique décide si elle accueille ou non, la religion, elle doit annoncer le Christ. Mais peut-être certains l’ont-ils oublié… » Cette opinion énoncée par l’archevêque de Trieste, monseigneur Crepaldi, dans un entretien accordé au journal La Verità, que nous reproduisons ci après, semble en totale contradiction avec les propos du pape François et de la majorité de l’Église, notamment en Italie, où celle-ci est considérée comme la première force d’opposition au gouvernement italien.

A lire quelques écrits du pape sur l’accueil des migrants, on a l’impression de se retrouver devant un nouveau dogme. Il y a, bien sûr, un besoin impératif d’assistance humanitaire, mais il faut faire la distinction entre assister et accueillir. Et la doctrine sociale de l’Église catholique ne prône pas l’accueil inconditionnel si souvent prêchée et connotée politiquement. La Verità a rencontré Mgr Giampaolo Crepaldi, archevêque de Trieste et président de l’Observatoire International Cardinal Van Thuân sur la doctrine sociale de l’Eglise, pour chercher à comprendre comment interpréter le problème sans tomber dans des slogans à l’emporte-pièce.

La Verità : Mgr Crepaldi, les appels à accueillir [les migrants] se multiplient souvent aussi de la part d’hommes d’Eglise. Quels sont les critères que nous donne la Doctrine Sociale de l’Eglise pour affronter le problème des migrations sans tomber dans un angélisme béat ?

Mgr Crepaldi : « Les migrants ne pouvant tous arriver à Lampedusa et être accueillis, il faut se pencher sur le problème avec une bonne politique, laquelle doit toujours rechercher le Bien Commun qui n’est pas seulement celui des migrants mais aussi celui de la nation qui les accueille et celui de la communauté universelle ».

La Verità : C’est-à-dire ?

Mgr Crepaldi : « C’est-à-dire que les politiques doivent considérer les besoins des demandeurs d’asile mais aussi s’interroger sur les possibilités réelles d’intégration. Outre l’assistance immédiate, il y a d’autres problèmes ».

La Verità : Lesquels par exemple ?

Mgr Crepaldi : « Combattre les structures criminelles qui organisent les passages de migrants, décourager la complicité de certaines ONG, ne pas décharger toutes les responsabilités sur l’Italie mais favoriser la collaboration européenne et méditerranéenne. La charité personnelle met souvent le cœur en premier sans voir les obstacles mais la politique doit réguler l’accueil de façon structurée pour le bien de tous ».

La Verità : Selon le dixième rapport de votre Observatoire, la question de la relation avec l’islam revêt clairement une importance politique et doit donc être jugée d’après les principes de la Doctrine Sociale.

Mgr Crepaldi : « La politique doit avant tout connaitre les religions desquelles elle s’occupe sinon elle ne fait preuve d’aucune rationalité. Cela doit aussi s’appliquer à l’islam. C’est aussi le devoir de l’Eglise, en un certain sens, qui ne devrait pas se limiter à un seul dialogue interreligieux ou à prêcher un accueil général et inconditionnel. Même l’Eglise devrait évaluer l’islam – tout comme les autres religions, du reste – à la lumière des principes de la Doctrine Sociale ».

La Verità : Qu’est-ce que cela signifie pour les migrants de confession musulmane ?

Mgr Crepaldi : « L’intégration authentique requiert cette évaluation, dans le respect de tous, islam compris, qui n’a pas intérêt à être considéré différemment de ce qu’elle est. Pour connaitre une religion, toutefois, il faut se référer à sa théologie, à sa vision de Dieu laquelle exige de la part du fidèle une certaine cohérence avec ses principes. Cette cohérence théologique s’impose toujours tôt ou tard. Et après ces considérations évoquées à l’instant, les discussions sur l’islam ‘modéré’ ou ‘à l’européenne’ tombent ».

La Verità : Qu’entendez-vous par là ?

Mgr Crepaldi : « Il ne faut pas feindre de ne voir dans la théologie islamique aucun élément qui rende difficile l’intégration ».

La Verità : Lesquels ?

Mgr Crepaldi : « L’idée de Dieu comme volonté, ses lois comme décrets auxquels on obéit à la lettre, l’impossibilité d’un droit naturel, le lien trop étroit entre loi islamique et loi civile, la distinction anthropologique entre catégories de personnes, la priorité de l’Oumma [ou Nation islamique, soit la communauté de tous les musulmans indépendamment de leur nationalité – NDT] sur la l’Humanité entière, l’expansion par la conquête… ».

La Verità : Il y a toujours la possibilité que l’islam évolue ?

Mgr Crepaldi : « C’est se faire des illusions que ces caractéristiques puissent changer. C’est comme penser qu’un catholique puisse renoncer à la Sainte Trinité de Dieu ou à l’Incarnation de Jésus ».

La Verità : Pour certains il semble que le phénomène soit inéluctable et qu’ainsi l’unique solution serait une société multiethnique composée de diverses cultures et de diverses religions. Qu’en pensez-vous ?

Mgr Crepaldi : « Il faut distinguer la situation de fait de celle de droit. Il se peut que le phénomène de migration se poursuive, mais personne ne peut dire qu’il est en soi un bien ».

La Verità : Pour l’Eglise, ça l’est ?

Mgr Crepaldi : « Les évêques africains invitent leurs jeunes à ne pas émigrer et la Doctrine sociale de l’Eglise dit qu’il existe avant tout un droit à ‘ne pas émigrer’ et à rester dans son propre pays et avec son propre peuple. Du reste, tout le monde sait que derrière cette vague migratoire, se cachent beaucoup d’intérêts géopolitiques. Les migrations ne sont donc pas un bien en soi. Ça dépend si elles servent le bien de l’homme ou pas ».

La Verità : Mais beaucoup disent que c’est inéluctable ?

Mgr Crepaldi : « Si elles ne sont pas un bien en soi, elles ne sont pas non plus inéluctables. C’est la même chose qui s’applique à la société multi-religieuse : ce n’est pas un bien en soi puisqu’elle n’est pas au service du Bien Commun qui reste le but ultime de toute politique. Il y a des religions qui proposent et imposent des pratiques contraires au bien de l’homme, comme la supériorité de l’homme sur la femme ou les mutilations génitales. Dire que c’est un bien en soi, c’est renoncer à évaluer les religions avec un critère de vérité ».

La Verità : Dans un célèbre discours à propos de l’immigration, le cardinal Giacomo Biffi a dit que « le devoir du peuple de Dieu était de faire connaitre Jésus de Nazareth et son message de salut ». Ce devoir de la communauté chrétienne n’est-il pas mis un peu au second plan aujourd’hui ?

Mgr Crepaldi : « L’évangélisation et la promotion de l’être humain vont de pair. Ce qui veut aussi dire que la promotion de l’être humain ne peut se substituer à l’évangélisation. Accueillir et intégrer peut être l’objectif de la politique mais l’Eglise, elle, a un objectif qui va plus loin : annoncer le Christ. J’admets qu’aujourd’hui, il y a la tentation de s’arrêter avant l’évangélisation ».

La Verità : Toujours selon le cardinal Biffi, puisqu’il est impensable que l’on puisse accueillir tout le monde, il y a de fait une sélection qui s’opère. Il indiquait clairement que « la responsabilité de choisir ne pouvait être que celle de l’Etat italien et de personne d’autre ». Ces déclarations semblent sensées et pourtant aujourd’hui, elles sont remplacées par un œcuménisme à connotation politique. Peut-être le cardinal Biffi se trompait-il ?

Mgr Crepaldi : « L’œcuménisme politique qui accueille toutes les religions sans discrimination est l’abdication de la politique devant son propre devoir qui est celui de rechercher le Bien Commun, qui n’est pas une simple cohabitation, mais une cohabitation ordonnée.  Il y a des aspects de certaines religions qui mettent en danger cette cohabitation ordonnée. Mais il faut aussi renverser le raisonnement ».

La Verità : C’est-à-dire ?

Mgr Crepaldi : « La raison politique occidentale s’est affaiblie et tolère désormais tout. Le faible, comme disait Nietzsche, se défend en transformant en vertu sa propre misère. Ainsi fait aussi l’Europe qui appelle tolérance religieuse l’indifférence religieuse ».

La Verità : Trop de tolérance serait une erreur ?

Mgr Crepaldi : « La politique doit être tolérante mais elle ne peut pas tolérer le mal, d’où qu’il vienne, y compris des religions. Les politiques religieuses, sans porter atteinte à la dignité des personnes, doivent tenir compte de ces différences, que ce soit dans l’accueil ou dans l’intégration, et ne peut pas tout mettre dans le même sac ».

Traduction : Hélène Lechat

Source : La Verità (édition papier du 14 janvier 2019)

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