Jacline Mouraud vit désormais dangereusement : « Aujourd’hui, je ne pourrais pas partager une loge avec les Gilets jaunes. C’est impossible. Ils me décapiteraient. » Lorsqu’elle deviendra la présidente de son parti Les Émergents, elle pourra bénéficier de gardes du corps… En attendant, dans Bretons (février 2019), elle nous parle d’Emmanuel Macron, de Jean-Michel Apathie… et du général de Villiers !

Bretons lui consacre sa une et un entretien de six pages

Que les quotidiens bretons aient pratiqué le service minimum avec Jacline Mouraud de Bohal (près de Ploërmel), c’est un fait. On est donc tout étonné de voir le magazine Bretons (février 2019) lui consacrer sa une et un entretien de six pages. Le grand jeu, par conséquent. Même si l’ancienne égérie des Gilets jaunes avait déjà à son actif une vidéo postée le 18 octobre et vue par près de sept millions de personnes…

On savait que « Jacline » exerçait deux professions (accordéoniste et hypnothérapeute)  mais on découvre, à cette occasion, qu’elle en possède une troisième : « agent de sécurité incendie, ça peut être au casino de La Baule ou dans une grande surface… ». Voilà une femme qui sort de l’ordinaire avec trois cordes à son arc !

«Patrick Cohen (…) a été d’un mépris, il transpirait le mépris.  »

Désormais bien placée pour parler des médias, elle raconte son « tout premier plateau ». « C’est « C à vous » avec Anne–Élisabeth Lemoine. J’ai été très bien reçue. Mais il y avait aussi Patrick Cohen. Il a été d’un mépris, il transpirait le mépris. Mais comment cet homme peut continuer à être sur des émissions ? Il est imbu de sa personne. Et à la fin, il a voulu me piéger. Il me dit de son ton condescendant : « mais enfin, Madame Mouraud, le carburant français est le moins cher d’Europe ! » Et je lui ai répliqué : « Oui, et c’est pour ça que l’armée française va faire le plein en Espagne ! »

Aujourd’hui, Cohen compte des crayons dans un placard

« Jacline » aurait pu également moucher Cohen en l’attaquant sur le plan professionnel. Après avoir été la vedette de France Inter dans le 7/9, il a cru malin de changer d’écurie pour rejoindre Europe 1 – sans doute le chèque était-il plus enrichissant. Le propriétaire de la station, Arnaud Lagardère, comptait sur lui pour remonter l’audience. Échec total. Aujourd’hui, Cohen compte des crayons dans un placard. Mme Mouraud aurait pu l’interroger sur les raisons de son bide.

Évidemment, les raisonnements politiques de « Jacline » étonnent parfois. Ainsi lorsqu’elle déclare que « le général de Villiers, c’est un peu comme le général de Gaulle à l’époque. Beaucoup le verraient bien comme un leader. » Propos naïfs à replacer dans la bouche de l’ancienne épouse d’un officier de l’armée de terre. Mme Mouraud ignore évidemment que de Villiers est devenu « senior advisor » au BCG (Boston Consulting Group), c’est-à-dire un domestiques des Américains.

Mme Mouraud pense-t-elle aux 35 salariés virés de Bic écriture à Vannes ?

Quant à reprocher à Emmanuel Macron d’avoir « viré le général de Villiers », c’est oublier l’article 15 de la Constitution : « Le président de la République est le chef des armées. » Jacline Mouraud a un faible pour les étoilés : « La façon dont ça c’est passé, c’est honteux. » Pense-t-elle la même chose lorsqu’à l’unité Bic écriture de Vannes on vire 35 salariés ? Ces derniers ont été contraints de faire grève pendant 21 jours pour obtenir de meilleures conditions de licenciement (Ouest-France, Bretagne, mercredi 23 janvier 2019). En pensant à l’attitude de la direction, Mme Mouraud dira-t-elle : « C’est honteux » ?

Bernard Morvan

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