Emiliano Sala. Ce que révèlent les premiers éléments de l’enquête

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Les premières conclusions du Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) concernant le crash de l’avion transportant Emiliano Sala ont été rendues publiques le 25 février.

Emiliano Sala, disparu en Manche

L’épave de l’avion d’Emiliano Sala a été retrouvée dans la Manche dans la nuit du 3 au 4 février dernier. Le bateau du chercheur d’épaves David Mearns, équipé d’un sonar, avait alors repéré le Piper Malibu dans une zone proche de Guernesey. Ce dernier avait poursuivi les recherches à la demande de la famille, après l’arrêt de celles des autorités qui avaient mobilisé de nombreux moyens.

Dernière évolution en date dans cette tragédie, le Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) a publié lundi 25 février ses premières conclusions sur l’accident d’avion ayant coûté la vie à l’ancien joueur du FC Nantes. Pour rappel, Emiliano Sala avait embarqué depuis la Cité des Ducs de Bretagne le 21 janvier au soir à destination de Cardiff. Mais l’appareil n’est jamais arrivé jusqu’au Pays de Galles et s’est abîmé dans les eaux de Guernesey.

De nouvelles photos de l’épave

Dans son rapport de 16 pages, le Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens précise que « l’épave du N264DB a (…) été retrouvée sur le fond marin à une trentaine de mètres de la position du dernier point radar secondaire enregistré par le radar de Guernesey ».

Par ailleurs, des vidéos de l’avion gisant sur le fond marin font état d’un appareil « lourdement endommagé », lequel est décomposé en trois parties « maintenues ensemble par des câbles électriques et des câbles de contrôle ». Nous apprenons également que dans les minutes précédant l’accident, le pilote a effectué une rapide manœuvre de descente, passant de 4 400 pieds à 2 300 pieds. Et ce, en quelques dizaines de seconde seulement. Ces informations furent les dernières enregistrées par les radars et sont jugées comme « valables » par l’AAIB.

Emiliano Sala
Source : AAIB

Le facteur humain impliqué ?

Parmi les éléments du rapport, d’autres indications posent question. Le document indique ainsi que « les facteurs humains ont pu contribuer à l’accident ». Pourquoi cette descente d’altitude brutale et ce virage à 180° ? Pourquoi cette trajectoire sinueuse de l’appareil ?

Afin d’éclaircir ces ultimes instants, l’AAIB va désormais se pencher sur les dernières minutes de vol. Une poursuite de l’enquête qui permettra peut-être de faire la lumière sur un autre facteur : la météorologie. Il apparaît que « l’altitude de gel se situait entre 3 000 et 4 000 pieds (914 et 1 220 mètres) au-dessus du niveau de la mer » selon les indications fournies par le Met Office (service public britannique de prévisions météorologiques). De plus, l’avion aurait traversé vers 20 h 15 « une bande d’averses, parfois fortes ».

Emiliano Sala
Source : AAIB

« Notre priorité maintenant est de passer en revue les éléments de preuve, qui sont pour la plupart volumineux et complexes, afin de pouvoir reconstituer ce qui s’est passé entre la perte de l’appareil radar et son immobilisation au fond de la mer. Cela nous aidera à comprendre les causes potentielles de l’accident », déclare ainsi le Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens. Selon ce dernier, l’avion, doté d’un « système de protection contre le givre » et d’un dispositif de nuit était bien entretenu.

La question des vols commerciaux

Enfin, le rapport de l’AAIB précise que l’avion, enregistré aux États-Unis, n’était pas habilité à « être utilisé pour des vols commerciaux sans l’autorisation du FAA et du CAA ». Ces deux acronymes désignant les autorités de régulation de l’aviation civile américaine et britannique. De l’aveu des enquêteurs, « aucune preuve ne montre qu’une telle autorisation ait été réclamée ou accordée ».

Se pose également la question des modalités du vol ayant transporté Emiliano Sala. Si, selon l’AAIB, le pilote David Ibbotson avait, par le passé, déjà réalisé du transport de passagers sur la base d’un « partage des coûts » (permis par la réglementation), rien ne confirme en revanche que l’homme disposait des autorisations nécessaires pour voler de nuit. La suite de l’enquête devrait révéler davantage d’informations…

Crédit photo : DR
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