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C’est une page majeure de l’histoire linguistique du pays de Galles qui s’est écrite ce mois de mai 2025. Le parlement gallois, le Senedd, a adopté à l’unanimité une loi qualifiée d’« historique » : le Welsh Language and Education Bill, qui vise à faire de chaque élève un locuteur indépendant en gallois à la sortie de l’école obligatoire.
Alors que le pourcentage d’élèves recevant leur éducation en gallois stagne depuis une décennie autour de 23 %, cette réforme entend inverser la tendance et poser les bases concrètes de l’objectif gouvernemental : atteindre un million de locuteurs d’ici 2050.
Un système éducatif remodelé autour de trois catégories linguistiques
La nouvelle loi impose un cadre linguistique clair à l’ensemble des établissements scolaires publics du pays de Galles, répartis désormais en trois catégories :
- Écoles à dominante galloise : au moins 80 % de l’enseignement en gallois.
- Écoles bilingues : 50 % du temps en gallois.
- Écoles majoritairement anglophones : avec au moins 10 % de cours en gallois.
Chaque collectivité locale devra établir des objectifs clairs pour développer l’usage du gallois dans les écoles, appuyée par un nouvel institut national d’apprentissage de la langue galloise.
Une loi transpartisane, saluée de tous côtés
Le texte a reçu un soutien unanime des partis représentés au Senedd, y compris des conservateurs. Pour Mark Drakeford, ancien Premier ministre devenu ministre en charge de la langue galloise, cette loi est « un signal fort » et « un tournant décisif ».
« Ce projet de loi ouvrira des portes à nos enfants. Il leur donnera un accès à l’emploi, à la culture galloise, et à la joie d’utiliser leur propre langue au quotidien. »
Même Plaid Cymru, le parti nationaliste gallois à l’origine du projet dans le cadre d’un précédent accord de coopération avec le Labour, s’est réjoui du consensus obtenu. Son député Cefin Campbell a comparé l’objectif d’un million de locuteurs à une montagne difficile à gravir, mais « qu’il faut tenter d’escalader ensemble ».
Contrairement aux revendications de Cymdeithas yr Iaith (la Société pour la langue galloise), qui plaidait pour un basculement intégral vers une éducation 100 % en gallois, la loi mise sur l’incitation plutôt que l’obligation. « Ce n’est pas au gouvernement de décider à la place des parents », a insisté Drakeford. « Nous voulons les convaincre, pas les contraindre. »
L’accent est donc mis sur l’accompagnement des enseignants, les formations immersives, les ressources pédagogiques, et un soutien accru aux familles pour rendre l’éducation en gallois plus attractive.
Objectif 2050 : une ambition réaliste ?
L’adoption de la loi donne désormais une base légale à la stratégie « Cymraeg 2050 », qui vise aussi à doubler l’usage quotidien du gallois d’ici un quart de siècle. Mais des voix averties soulignent les défis à venir. Meirion Prys Jones, ancien directeur du conseil linguistique gallois, rappelle que les progrès ont été faibles depuis dix ans. « Sans stratégie plus claire pour convaincre les parents, il est possible que rien ne change. »
Le gouvernement mise donc sur la création d’un nouvel institut national, chargé de centraliser les efforts de formation, d’innovation pédagogique, et de diffusion des bonnes pratiques.
Alors que la langue bretonne continue de lutter pour sa survie, le modèle gallois montre qu’une politique linguistique ambitieuse peut obtenir un consensus politique et engager des réformes systémiques à long terme. À travers cette loi, le pays de Galles fait le pari que la langue n’est pas seulement un héritage, mais aussi un levier d’avenir – culturel, économique, et identitaire. « Nous avons uni nos forces au Senedd pour faire quelque chose d’important non seulement pour aujourd’hui, mais pour le futur du pays de Galles », a conclu Mark Drakeford.
A quand le même type de loi en Bretagne ?
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Pays de Galles : vers un million de locuteurs gallois ? La loi historique adoptée par le Senedd”
Voir comment les Gallois défendent leur langue laisse rêveur. L’article précédent sur l’échec de la manifestation à Rennes pour une simple survie de la langue bretonne prouve que certains devraient en prendre modèle si ce n’est pas déjà trop tard. »la découverte ou l’ignorance »