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Alors que les Français se préparent à prendre leur envol pour les grandes vacances, une étude de Flightright, entreprise spécialisée dans la défense des passagers aériens, dresse un bilan inquiétant de la ponctualité des compagnies opérant en Europe. Retards massifs, annulations à la chaîne, passagers désinformés : le ciel européen semble de plus en plus chargé… et les droits des voyageurs menacés.
TAP Portugal, Air France et Swiss, championnes du retard
Sur les cinq premiers mois de 2025, TAP Portugal décroche la première place du podium des retards, avec plus de 37 % de ses vols accusant un retard de plus de 15 minutes. Elle est suivie par Air France (22,65 %) et Swiss International (22,42 %), deux compagnies historiques loin d’être exemplaires.
En tout, les vols au départ de la France ont généré plus de 7 millions de minutes de retard, soit l’équivalent de 14 années perdues à attendre dans les aéroports. Un chiffre vertigineux qui donne une autre dimension au fameux « retard à l’embarquement ».
Low-cost plus fiables que les compagnies historiques ?
Contre toute attente, les compagnies à bas coût comme Ryanair (20,73 %) et Easyjet (20,63 %) s’en sortent presque mieux que certaines grandes enseignes. Leur efficacité, due à une organisation rationalisée (flotte uniforme, services simplifiés, rotations rapides), compense parfois leur manque de flexibilité en cas d’imprévu.
Côté annulations, Finnair caracole en tête (3,35 % de vols annulés), suivie de KLM, British Airways et… Aer Lingus. En revanche, ITA Airways, Iberia et Turkish Airlines se distinguent par une quasi-absence d’annulations.
Des droits méconnus… et menacés
Le règlement européen CE 261/2004, qui encadre les indemnisations des passagers, garantit aujourd’hui :
- 250 € pour un vol de moins de 1 500 km (avec plus de 3h de retard),
- 400 € au-delà de 1 500 km,
- 600 € au-delà de 3 500 km.
Mais selon un sondage Ifop commandé par Flightright, 52 % des Français ignorent encore leurs droits. Une méconnaissance que les compagnies aériennes exploitent, selon Imane El Bouanani, juriste chez Flightright : « Réduction des compensations, allongement des délais… les passagers sont lésés sans le savoir. »
Une réforme européenne en catimini
L’ombre d’un nouveau règlement plane sur le ciel européen. En cours de négociation à Bruxelles, une réforme du règlement CE 261/2004 pourrait faire passer le seuil d’indemnisation de 3 à 9 heures de retard, voire 12 heuresselon les cas. Une hérésie pour les défenseurs des voyageurs : 85 % des demandes actuelles d’indemnisation seraient rejetées si cette version passait.
Les conséquences seraient immédiates :
- Jusqu’à 12 heures de retard sans dédommagement,
- Moins d’aide en cas d’annulation (hôtel, repas, réacheminement),
- Davantage de motifs d’exemption pour les compagnies (grèves internes, défaillances logistiques).
L’APRA (Association des Défenseurs des Droits des Passagers) a lancé une pétition européenne pour s’opposer à cette régression silencieuse. Elle appelle les citoyens à se mobiliser pour faire barrage à ce qu’elle considère comme un « cadeau législatif aux compagnies aériennes ». Pétition à signer sur Change.org
Ce que les voyageurs doivent savoir
En cas de problème, n’oubliez jamais que vous avez :
- Droit à une indemnisation à partir de 3 heures de retard (sauf circonstances exceptionnelles),
- Droit à une assistance (nourriture, hébergement, vol de remplacement),
- Droit au remboursement en cas d’annulation sans solution proposée.
Les chiffres sont clairs : voler en Europe en 2025 s’annonce risqué, surtout pour les familles en route vers les vacances. Les compagnies aériennes, déjà en difficulté structurelle, misent sur la passivité des passagers. Pourtant, derrière les files d’attente et les halls bondés, le combat pour les droits des consommateurs se joue maintenant à Bruxelles.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Retards, annulations, droits menacés : l’été 2025 s’annonce houleux dans les airs”
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Tant de facteurs externes interviennent dans le déroulement et la préparation d’un vol