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La France est un pays insupportablement jacobin. Cela se confirme avec le nouveau mode de scrutin imposé pour ces élections européennes à venir, alors même que les États sont libres de choisir leur mode de scrutin. Ici, Bruxelles n’impose rien, Paris impose tout.
En France, la loi du 25 juin 2018 relative à l’élection des représentants au Parlement européen rétablit ainsi une circonscription électorale unique sur l’ensemble du territoire. Elle met ainsi fin au découpage en 8 circonscriptions interrégionales (7 en métropole et 1 en outremer), fixé par la loi du 11 avril 2003 relative à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen.
Et l’on va s’étonner ensuite, de la faible mobilisation des électeurs pour ces élections, alors que parfois, aucun enfant du pays ne figurera sur les listes en bonne position ? Et l’on va se plaindre d’une forme de désamour entre les Français et l’Union européenne (mais pas que les Français d’ailleurs), alors que rien n’est fait pour européaniser le scrutin ?
Et si ces élections européennes devenaient vraiment européennes ?
Et si, demain en Bretagne, par exemple, on pouvait enfin voter sur une liste comportant Le Drian, Macron, Juncker, ou sur une autre comportant Pennelle, Orbán, Salvini ? Et si, plutôt qu’une liste nationale, avec un scrutin proportionnel qui permet à chaque parti politique de placer en position éligible les battus des élections précédentes, les seconds couteaux aux dents longues, les membres du parti à qui il faut bien permettre de vivre financièrement, on mettait au contraire les grandes figures de l’Europe en première ligne de ces élections ?
Cela redonnerait incontestablement du sens à l’Europe. Que chaque fédération régionale de tel ou tel parti politique élise son champion, après une campagne interne régionale. Que ce champion soit inscrit sur une liste réunissant d’autres Européens, également élus selon le même scrutin dans leurs régions respectives. L’Union européenne se compose de 28 États membres, mais aussi de 276 régions.
Cela permettrait donc une liste unique de 276 noms, par parti ou par organisation. Cela permettrait l’élection de 276 députés européens, et non plus de 705 comme c’est prévu à l’issue du scrutin 2019. Imaginez les économies, eu égard à la gabegie internationale que constitue le fonctionnement des institutions européennes !
Voilà qui redonnerait du sens à l’Union européenne, voilà qui unirait les Européens, derrière un projet commun, tous ensemble, de Finlande en Italie, de Bulgarie en Bretagne. Et non plus chacun dans son coin, avec des petites listes étriquées, régionales pour les uns, nationales pour les autres.
Construire réellement l’Europe, lui permettre de faire face aux défis majeurs du XXIe siècle, ou tous s’écrouler, chacun dans notre coin. Tel est l’enjeu désormais. Il en va de la survie d’une civilisation, qui ne peut être sacrifiée pour des petits calculs financiers. Ni pour des souverainismes étriqués qui ont provoqué il y a un siècle, ne l’oublions pas, deux guerres civiles meurtrières et aux conséquences destructrices pour le rayonnement de la civilisation européenne à travers le monde, et à travers elle-même.
L’Europe nous appelle !
Julien Dir.
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