La zone Euro s’enfoncerait, selon plusieurs experts et indicateurs, dans une récession de plus en plus inévitable, affectant ainsi les marchés financiers et notamment le taux de change entre l’euro et le dollar américain. En Allemagne, en France, en Italie, les industries s’inquiètent, tandis que le Royaume-Uni s’enlise encore et toujours dans d’interminables négociations autour du Brexit et que la Chine et les États-Unis n’en finissent pas de se mettre d’accord.

Un PMI en baisse sur toute la zone Euro

L’un des indices les plus à même d’indiquer la santé des secteurs industriels, et de fait l’un des indicateurs économiques les plus surveillés au monde, est l’indice des directeurs d’achat, ou PMI (purchase managers index) publié par Markit. En mars 2019, celui-ci était tombé à 44.1, soit le plus bas depuis la dernière crise industrielle connue par l’Europe en 2012.

A l’échelle nationale, L’Allemagne a vu son PMI baisser sur 14 des 15 derniers mois, et nombreuses sont les PME et les manufactures qui s’inquiètent face à une demande décroissante causée notamment pas les désaccords commerciaux qui opposent la Chine aux États-Unis. En Angleterre, l’opération de stockage intensif en prévision du Brexit a redonné quelques points au PMI, mais les économistes s’accordent à penser qu’il s’agit de reculer pour mieux sauter. En France, le PMI a chuté ce mois-ci à 49.7, soit en dessous des 50 % considérés comme le seuil entre croissance et récession, ce qui n’est toutefois rien comparé aux 47.4 de l’Italie.

Pourquoi ?

Les spécialistes attribuent la responsabilité de cette crise européenne à plusieurs facteurs :

Brexit ou pas Brexit – Depuis le référendum de 2016, le Royaume-Uni de Theresa May hésite sur la marche à suivre pour gérer sa sortie de l’Union Européenne tout en minimisant l’impact sur sa propre économie. Résultat, le Brexit avec tout ce qu’il peut comporter d’incertitudes tâtonne et stagne et entraine à sa suite tous ceux qui sont concernés par le taux de change et l’import-export.

La guerre commerciale Sino-US – Malgré la promesse de Washington et Pékin d’arriver bientôt à un accord qui résoudra un différend vieux de plusieurs décennies et clarifiera le taux de change entre le Dollars et le Yen, l’import-export entre la Chine et l’occident est peu enclin à la croissance et c’est bel et bien le Forex qui en paie les pots cassés.

Selon l’économiste Mark Zandi, analyste en chef auprès de la société de gestion de risque Moody’s, l’économie internationale peut s’attendre à une nouvelle récession si messieurs Tan et Trump ne trouvent pas un accord dans les trois mois. Luis de Guindos, vice-président de la banque centrale européenne, estime quant à lui qu’une sortie non contrôlée et sans accord du Royaume-Uni de l’Union Européenne a elle aussi de fortes chances d’envoyer une partie des puissances économiques vers une nouvelle crise financière.

En l’absence de boule de cristal, les deux évènements s’associent actuellement pour créer un climat d’incertitude qui explique les reluctances qu’on peut avoir à acheter ou investir sur les marchés de la zone Euro.

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