Espagne. Ils ont fusillé le nationaliste catalan Carles Puigdemont [Vidéo]

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Un faux Carles Puigdemont a été pendu, brûlé puis fusillé lors d’une fête de Pâques en Andalousie. Une haine anti-catalans qui, si elle s’inscrit là dans le cadre d’une manifestation locale, prend tout de même une tournure inquiétante dans certaines zones d’Espagne.

Carles Puigdemont mis à mort

Les images n’ont pas tardé à faire le buzz sur les réseaux sociaux. Elles témoignent d’une mise en scène de mauvais goût qui a eu lieu dans le village de Coripe, une  commune d’Andalousie d’environ 1 300 habitants. À l’occasion d’une fête pascale, un mannequin représentant l’ancien président de la Généralité Catalogne Carles Puigdemont apparaît porté par des policiers municipaux traversant la foule locale sous les applaudissements et les insultes à l’encontre du nationaliste catalan.

D’autres détails retiennent l’attention : le faux Carles Puigdemont est affublé d’un drapeau indépendantiste catalan sur son dos tandis qu’un ruban jaune, signe de soutien aux prisonniers politiques catalans, est apposé sur son torse. La tête de l’homme est représentée par sa photo, collée sur le haut du mannequin.

Par la suite, la vidéo montre le mannequin pendu le long d’un mur et incendié. Enfin, comble du spectacle, des hommes vêtus de chasubles de la police municipale chargent leurs fusils avant de tirer à bout portant sur Carles Puigdemont sous les yeux d’un public complaisant.


Carles Puigdemont : diverses réactions

La polémique n’a pas tardé à naître compte tenu de la viralité des images. Pour le maire du village de Coripe, par ailleurs membre du Parti socialiste espagnol (PSOE), cette exécution mise en scène ne serait qu’ « une satire, une parodie » concernant un « homme qui a fui la justice ».

Quant à Carles Puigdemont, il a fait part de ses réactions via Twitter :

« Aujourd’hui, dans une ville d’Espagne, dirigée par le PSOE, ils ont décidé de tirer et de brûler une poupée représentant ma personne et dotée d’un ruban jaune très visible. Ils ne voulaient pas seulement me fusiller et me brûler; ils voulaient se moquer de la lutte pour la liberté des prisonniers et des exilés. »

Et de poursuivre :

« Ce n’est pas une anecdote ni l’acte d’une minorité. C’est une activité officielle, soutenue par les autorités socialistes locales. De vraies munitions ont été utilisées, avec la participation de la police locale. »


L’ancien prédisnet catalan a également reçu le soutien de différentes personnalités à travers l’Europe, notamment de la part des deux leaders nationalistes corses Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni :

« Curieuse démocratie que celle qui condamne à la prison ou l’exil les élus et citoyens qui organisent un référendum, et soutient les policiers qui distribuent les cartouches pour tirer sur l’éffigie d’un Président… Sustegnu fraternu [NDLR : soutien fraternel] à Carles Puigdemont »

En définitive, cette mise à mort fictive, par ailleurs tradition locale se répétant chaque année en prenant pour cible une personnalité différente, ne va pas apaiser le climat politique espagnol à quelques semaines des élections européennes.

Crédit photos : Capture YouTube
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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