Il y a des permis qui vont être annulés, et des drames économiques et humains qui en seront les conséquences en Bretagne – comme ailleurs en France par la suite, l’année prochaine. Les radars embarqués privés arrivent en effet en Bretagne administrative dès janvier 2020.

Vendredi 10 mai, l’État a en effet annoncé vouloir mettre en place des radars embarqués en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Centre-Val de Loire. Ce sont des entreprises privées qui seront aux manettes– recrutant pour faire ce métier des personnes qui seront sans doute parmi les plus détestées d’une partie de la population française.

Voir le communiqué de l’État à ce sujet.

19 radars embarqués en Bretagne, 20 en Pays de la Loire

Le dispositif, testé en Normandie, va être étendu aux régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre Val de Loire. Cet appel d’offres concerne la conduite de 60 véhicules banalisés (19 en Bretagne, 20 en Pays de la Loire et 21 en Centre-Val de Loire) dans la perspective d’une mise en circulation à partir du mois de janvier 2020. Ces véhicules sont destinés à effectuer des contrôles de vitesse 6 heures par jour, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Comme en Normandie, les entreprises qui seront désignées à l’issue du deuxième appel d’offres seront rémunérées en fonction du nombre de kilomètres de contrôle effectués. Les trajets réalisés et les plages horaires de contrôle sont fixés par les services de l’État, en fonction des critères d’accidentalité locale, et ne sont en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs. De même, les entreprises ne sont pas rétribuées au nombre d’infractions enregistrées. De fait, lorsque la voiture-radar circule, son conducteur ignore tout de l’activité de constatation des excès de vitesse, totalement autonome. Il en va de même pour l’entreprise titulaire du marché, qui ne peut ni accéder aux clichés de verbalisation, ni connaître le nombre d’infractions constatées par le biais des véhicules dont elle a la charge durant leur conduite.

Les données enregistrées par les voitures-radar sont envoyées de façon cryptée aux officiers de police judiciaire en charge de la verbalisation. Ces officiers de police judiciaire, qui constatent et valident l’infraction, sont les mêmes que pour les radars fixes et les actuelles voitures-radar : ce sont les policiers et les gendarmes, officiers de police judiciaire, du Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR) au sein du Centre national de traitement (CNT) situé à Rennes.

Enfin, s’agissant de matériel de mesures de la vitesse en déplacement, des marges de tolérance supérieures sont retenues : 10 km/h en plus de la vitesse autorisée, ou 10 % selon ce qui est le plus favorable au contrevenant.

Un flop en perspective ?

Concernant ces radars embarqués privés, le site spécialisé radars-auto.com parle d’un flop pour les finances de l’État. Les recettes générées par les amendes ne seraient pas suffisantes pour couvrir les frais de fonctionnement de ces voitures, qui s’élèveraient à 3 millions d’euros environ, selon les calculs du site spécialisé. Ce coût comprend notamment l’achat et l’entretien des véhicules, le carburant, l’installation de l’équipement nécessaire pour la verbalisation, mais aussi le salaire des chauffeurs employés par la société privée Mobicom.

Enfin, les voitures-radars privées sont contestées depuis bien longtemps, notamment d’après une note de la DLPAJ (Direction des Libertés Publiques et des Affaires Juridiques) publiée par Le Canard Enchaîné en mai 2018.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V