Alain Cadec (LR) va pouvoir s’occuper maintenant des Côtes-d’Armor à 200%

Les élections européennes ont fait un malheureux : Alain Cadec qui présidait au Parlement européen la commission de la pêche. Placé en treizième position sur la liste Bellamy, il a été éliminé.

La loi organique du 16 février 2014 est une loi « scélérate » pour Alain Cadec (LR) qui était à la foi président du conseil départemental des Côtes-d’Armor et député européen. Un cumulard authentique. Malheureusement, cette loi interdit d’additionner un mandat parlementaire et une fonction exécutive. Pour les députés européens, l’heure de vérité était prévue lors du renouvellement de mai 2019 : fin du cumul.

Un plaidoyer pas très original

Le plaidoyer de Cadec n’a rien d’original : « Le lien entre ces deux mandats est essentiel. C’est la raison pour laquelle je suis opposé à la loi sur le non-cumul des mandats. Le mandat local permet d’être en prise directe avec la réalité du terrain. Le rapport entre mes deux mandats est là : je suis en prise directe avec les problèmes de mes concitoyens grâce à mon mandat local. Sans cela, on peut être facilement déconnectés lorsqu’on siège seulement au Parlement européen » (Le Journal de la Bretagne, 15 mai 2019))). Avoir un pied à Bruxelles (ou Strasbourg), et l’autre à Saint-Brieuc, cela ressemble fort à de l’acrobatie. D’autant plus qu’il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée. Cadec prétend surmonter la difficulté : « Il suffit d’être bien entouré et passionné par ce que l’on fait » (Le Télégramme, mardi 21 mai 2019).

Au quotidien, qui était le patron des Côtes-d’Armor ?

Une question s’impose donc : au quotidien, qui est le patron des Côtes-d’Armor ? Le premier vice-président ou bien le directeur de cabinet ? Pendant le long règne de Raymond Marcellin dans le Morbihan, le département était dirigé par le directeur de cabinet (Yves Carof), le « ministre » vivant à Paris… Dans le cas de Cadec, on a le droit d’estimer qu’il lui était difficile de concilier deux activités qui, si elles étaient effectuées sérieusement, relevaient chacune du temps complet.

Mais la loi interdisant le cumul l’obligeait à choisir ; il avait déjà annoncé la couleur : c’est au Département qu’il pourrait renoncer en quittant la présidence mais en restant conseiller de base (Le Télégramme, mardi 21 mai 2019). Mais il y a une condition : François-Xavier bellamy doit faire un bon score pour que Cadec puisse continuer à présider la commission de la pêche au Parlement européen. Patatras ! La liste Bellamy réalisant un score médiocre (8,48%) et n’obtenant que huit élus, c’est la fin des haricots pour Alain Cadec qui occupait la treizième place. Ce dernier évoque une « injustice » et une « déception » après dix ans de mandat. Mais il existe un lot de consolation : « Je me consacrais au Département à 120%, je vais m’y consacrer à 200%. Au moins ça règle la question de la succession ! » (Ouest-France, Côtes-d’Armor, lundi 27 mai 2019).

Conclusion : les électeurs ont rendu service à Cadec. Il va pouvoir s’occuper à temps complet de ses électeurs et des Côtes-d’Armor.

Bernard Morvan

Photo : Foto-AG Gymnasium Melle/Wikimedia (cc)
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