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Le président de la République tient à introduire une dose de proportionnelle dans l’élection de la chambre des députés. On parle de 25 %, seuil maximal que peut accepter la droite sénatoriale majoritaire dans la Haute Assemblée. Faire des prédictions pour 2022 à partir des européennes est difficile, car un scrutin n’est pas l’autre.
On peut, par exemple, voter pour les écologistes pour le Parlement de l’U.E et préférer LR pour les députés nationaux. Cependant, le risque de n’avoir aucune majorité dans la prochaine chambre est grand.
Vu la réduction du nombre de parlementaires souhaitée par M. Macron, il n’y aura plus que 400 députés après 2022 dont 300 élus au scrutin majoritaire. Si l’abstention est la même qu’en 2017, dans beaucoup de circonscriptions, seuls seront qualifiés les deux candidats arrivés en tête. En 2017, le pourcentage de voix du Front national et de la France insoumise avait été divisé par 2 aux législatives par rapport aux présidentielles, LR et la gauche modérée s’étaient maintenus au même niveau, tandis que LREM avait fortement progressé. Ce schéma n’aura sans doute plus cours en 2022, si M. Macron est réélu contre Marine le Pen au second tour. Sa victoire sera en effet moindre, plus proche de 55 % contre 45 % que de 66 % contre 33 %. Le RN conservera cette fois-ci aux législatives une bonne part de ses voix des présidentielles et sera sans doute présent dans 2 duels sur 3 au second tour des législatives. Pour finir, LREM aura un peu moins de la moitié des députés élus au scrutin majoritaire, RN un gros quart, le reste se répartissant entre LR, LFI, PCF, PS et écologistes.
Admettons que LREM et ses alliés obtiennent 140 députés, le RN 80, les écologistes 20 et LR 25 au scrutin direct. S’y rajouteront 27 LREM et alliés, 25 RN, 13 écologistes et 9 LR, au scrutin proportionnel. Pour finir LREM aura 167 députés, les écologistes 33, LR 34 et RN 105. Même s’il fait alliance avec les écologistes, M. Macron n’aura au Parlement qu’une majorité étriquée au mieux d’une dizaine de voix. Mais LREM et les écologistes pourront-ils conclure un pacte qui tiendra pendant 5 ans ? Les deux partis ont des visions divergentes sur le nucléaire et sur l’immigration. Sachant qu’ils seront indispensables pour obtenir une majorité au Parlement, les verts ne se contenteront pas de demi-mesures comme du temps où ils étaient alliés au PS. Les socialistes pouvaient à l’époque se passer d’eux sans problème et, de ce fait, les revendications des écolos n’étaient que faiblement prises en compte. Rien de tel dans la prochaine législature. Mais M. Macron et l’aide droite de LREM renâcleront sans doute à passer par les fourches Caudines des écologistes d’où une instabilité qui ne cessera de grandir à mesure que la législature avancera.
Il est certes difficile d’anticiper ce qui se passera en 2022. Les lignes actuelles risquent de bouger et souvent le vainqueur désigné par les sondages d’automne des présidentielles n’est pas celui qui gagne pour finir. Cependant, vu les nouvelles dispositions qui vont être adoptées, il est plus probable qu’aucune majorité ne se dégagera que le contraire. Or contrairement aux idées reçues, notre république est parlementaire et non présidentielle. La paralysie guette-t-elle la France ?
Christian de Moliner
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