Les forces de l’ordre étaient prévenues – et avaient d’ailleurs battu le rappel de tous les effectifs possibles dans le Val de Loire et en Bretagne, l’hommage à Steve par l’extrême-gauche ce 3 août allait être chaud. Et il l’a été, malgré la condamnation des violences par la famille. La manifestation du samedi après-midi, officiellement « contre les violences policières », a donné lieu, une fois de plus, à des scènes de saccage à Nantes. La municipalité socialiste en revanche n’avait rien anticipé, laissant les manifestants se servir des chantiers en cours pour en faire des barricades et des projectiles.

Lors de la manifestation, interdite dans le centre historique, 1 500 contrôles d’identité ont eu lieu – et 900 véhicules ont été inspectés. Ces contrôles ont donné la plupart des 42 gardes à vue, dont 15 avant midi. Un manifestant aurait été interpellé avec une arme de poing – dont on ne sait pour l’heure si elle est factice ou non, après avoir été repéré avec dans un magasin du centre-ville. Trois autres sont venus avec une voiture signalée volée dans les Alpes-Maritimes.

Deux policiers blessés

Deux policiers ont été blessés, dont un commissaire de police qui s’enquérait de la santé d’un manifestant blessé. Au moins deux manifestants l’ont été aussi, dont un en insuffisance respiratoire selon les street medics – selon eux aussi, il avait déjà fait un AVC en manif le 14 juillet.

De nombreuses dégradations ont eu lieu en ville : outre de nombreux tags et vitrines cassées, des feux ont été allumés entre l’île Feydeau et le square Daviais, sur le rond-point devant le CHU Hôtel-Dieu, parking Gloriette. Les manifestants auraient aussi fait usage de produits explosifs – renfermés dans des boules de couleur comme on en trouve sur les guirlandes lumineuses de Noël – et jeté de l’acide à plusieurs reprises sur les forces de l’ordre.

Les lacunes en matière de prévention de la municipalité  socialiste

Par ailleurs, si bien des commerçants et la police avaient anticipé la violence de la manifestation – qui n’a pas réussi à entrer dans le périmètre interdit par la préfecture – la municipalité socialiste a encore eu l’occasion de montrer ses lacunes en matière de prévention.

En effet les nombreux chantiers de pavage ou de réfection des rues en cours, devant l’Hôtel-Dieu, en bas du cours Saint-Pierre, etc. ont été laissés tels quels, sans aucune mesure de sécurisation. Les manifestants n’ont eu qu’à s’y servir en pavés, tasseaux de bois, barrières et autres matériels utiles pour dresser des barricades. Le festival gratuit les Heures d’été, cours Saint-Pierre, n’a pas été sécurisé non plus – les manifestants ont donc utilisé les bancs pour faire un feu de joie et brûlé aussi deux cabanes. Au-delà d’une certaine vision de la culture, « il est quand même étonnant qu’aucune mesure n’ait été prise pour protéger le matériel,même les bancs n’étaient pas rangés », s’émeut un voisin.


Enfin vers 20h30 des consommateurs du Chat Noir – un bar où se rassemblent souvent des militants d’extrême-gauche place du Commerce – ont laissé éclater tout leur amour pour la police. Ils ont expédié sur deux agents esseulés en train de repousser avec du gaz lacrymogène deux manifestants attardés tout ce qui était sous leurs mains : verres, projectiles divers, bouteilles… on en voit même un qui brandit une chaise.

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
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